![Israël, Barbara. Nos vies rêvées. 10-18, 2012 [2010]. 329 p.](http://upload.marecages.be/couv/isrnos.gif)

« Mon coeur se froisse, je vais encore devoir affronter la glace de cette putain de solitude. L’insupportable solitude. » (p. 221)
Après quinze années de vie commune avec son conjoint Alex, Betty se fait quitter. Elle est éplorée et n’a plus que son ami Zeno – grand buveur et cocaïnomane avec qui elle a monté un groupe de musique – sur qui compter…
Ce roman entend, de façon plus générale, aborder le deuil de la jeunesse par l’affrontement de cuisantes désillusions…
Deux motifs ont concouru à l’achat de cet ouvrage : le post-it « Conseillé par les libraires » qui le recouvrait ainsi que sa couverture, originale et esthétique (il m’arrive encore de flancher devant les arguments « marketing », je me soigne).
Accessoirement, j’avais comme présupposé que les éditions 10-18, à l’instar d’Actes Sud, ne publiaient que de bons romans. Enfin, j’étais à mille lieues de penser que Barbara Israël était une auteure française… Que de pièges et de méprises en perspective !
Je n’ai pas su venir à bout de ce roman. À cela, plusieurs raisons :
- l’intrigue du roman est quasiment inexistante (une demoiselle se fait larguer et se morfond),
- la construction de ce livre m’a paru très confuse (au moins jusqu’au chapitre 5, où j’ignorais si Betty rêvait de sa relation avec Alex ou si elle essuyait une rupture après avoir partagé son toit avec lui pendant quinze ans (pas de transition, pas d’élément éclairant, j’étais royalement paumée)),
- l’écriture m’a semblé expéditive et d’une crudité qui n’était pas faite pour me convenir (langage oral, parfois vulgaire)…
« Putain, qu’est-ce qu’il est con ce mec ! Si ça continue, je vais me barrer ! Je gèle, moi, peste Zeno dans mon-oreille-carrément-d’accord. » (p. 14)
- le langage employé m’a parfois laissée dans l’incompréhension…
« Zeno a proposé de me charrier sur son Ciao* » (p. 91) ; « [...] t’as fait rentrer quarante pétasses et cinquante acteurs, qu’est-ce qu’on a, faut te donner notre CV? hurle-t-il au physio* » (p. 15)
- le tempérament de la narratrice m’a exaspéré dès les premières pages et ce, de façon irrémédiable : juvénile voire futile malgré ses trente-cinq berges, pathétique, revêche, insolente, gratuitement méchante, égocentrique : rien qui donne envie de continuer à faire sa connaissance…
« Je jauge « La Bijou » d’un regard moqueur en espérant qu’il va le remarquer, se sentir percé à jour, blessé par ce regard méprisant mais hautement estimable qui est le mien. » (p. 92)
- la peine de Betty m’a semblé passablement inconsistante et donc irréaliste,
- et, enfin, ce roman se veut humoristique pour contrecarrer, sans doute, l’aspect tragique de la situation de Betty, mais l’humour de Barbara Israël ne m’a malheureusement pas fait ciller le moins du monde…
« Il est rassurant de constater qu’une idiote dans son genre soit si consciente que B. comme Betty, précède D. comme Diane… comme Débile, Déclin, Défunte, Dulle, Doche, Drosse, Darce, Douf, Diane, comme Dauvre Disérable Donnasse ! Je vais D’écraser comme une Douche ! » (p. 25)
Nos vies rêvées ne correspond pas du tout à mes attentes littéraires et, si je ne me suis pas ennuyée, j’ai eu l’impression, en lisant ce livre, de voir passer un OVNI qui rasait le toit des maisons en faisant un bruit de canard sur un tracteur. En des termes moins métaphoriques : décalé et baroque. Il y a des gens qui aiment ça…
« Impressionnant ! je lance, en faisant les gros yeux d’un mérou décédé. » (p. 19)



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