
Cette histoire met en scène une série de personnages dont Jackson Brodie est l’acteur principal. En effet, en tant que détective privé, ce dernier va se voir chargé de plusieurs affaires – meurtres et disparitions – qu’il va tenter d’élucider.
Julia et Amelia Land viennent vers l’inspecteur Brodie après avoir découvert, en rangeant les affaires de leur père récemment décédé, Souris bleue, la peluche d’Olivia, la benjamine des filles Land qui a disparu 34 ans plus tôt… Comment expliquer que leur père détenait cette peluche pourtant disparue en même temps que leur petite soeur adorée?
Theo Wyre, père de deux filles, a découvert le corps poignardé de sa préférée, Laura, en arrivant sur son lieu de travail. Dix ans après la mise en terre de celle-ci, la police n’a toujours pas mis la main sur l’assassin de sa fille. Theo interpelle Jackson Brodie dans l’espoir de voir ce mystère bientôt résolu…
Michelle Morrison, dont la condition d’épouse et de mère au foyer fâche, se résout à reprendre sa vie en main et à étudier afin de réussir les « A-levels », qui lui permettront d’accéder à l’université. Alors qu’elle parvient, un beau jour, à goupiller merveilleusement son emploi du temps – le repas est prêt, l’enfant dort, elle étudie -, son mari débarque bruyamment, éveille l’enfant en sursaut qui se met à hurler. A bout de nerfs et hystérique, Michelle se surprend à fracasser le crâne de son mari Keith à coup de hache…
Voici trois affaires à démêler. Mais c’est sans compter les autres personnages qui prennent vie dans ce roman : Binkee Rain, Quintus, Caroline, Jonathan, John Burton, Shirley, Emma, Stan Jessop, etc.
Kate Atkinson demeure l’un des auteurs fétiches de mon amie Rethymna. Voilà trois ans qu’elle m’encourageait à découvrir ses romans, et pour me forcer à rompre avec mon impassibilité (les quatrième de couverture des œuvres de Kate Atkinson ne m’interpellaient aucunement), elle m’a offert La souris bleue à l’occasion de mon dernier anniversaire… Énorme risque s’il en était après ce cuisant désaccord qui nous opposait depuis L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon (elle adorait, moi pas) !
Ce roman est un mélange de genres entre polar et étude psychologique. On mène en effet l’enquête aux côtés de Jackson Brodie, mais l’on découvre aussi, avec assez bien de précision, les tempéraments hauts en couleurs des personnages qui prennent place au sein du roman. A travers eux, Kate Atkinson introduit de piquantes critiques de notre société avec un humour singulier que l’on pourrait volontiers qualifier de féroce.
Il est des choses que Kate Atkinson gère avec brio : l’entremêlement des histoires, les prises de parole ou de pensée des personnages, les flashback et les ellipses, les parenthèses (c’est, je crois, ce que j’ai le plus apprécié), et la faculté de nous faire passer de l’amusement au malaise (je n’emploie pas l’expression « du rire aux larmes », car je n’ai pas subi d’états d’âme aussi excessifs…).
Néanmoins, plusieurs aspects m’ont dérangée, à commencer par le nombre d’intervenants (près de 45, selon mon arbre généalogique) qui rend le roman d’une complexité abominable (lecteurs, un conseil, ne vous attaquez pas à La souris bleue sans un crayon et une feuille de papier !). Ensuite, j’avoue n’avoir rien compris à la troisième affaire (relative à Michelle) : je n’ai saisi ni le dénouement, ni le lien éventuel qui la reliait aux deux précédentes. Enfin, j’ai trouvé la fin de ce roman d’une platitude telle que j’ai refermé le bouquin en grommelant le mot de Cambronne.
Je pense que cette lecture ne restera pas gravée dans ma mémoire, mais je ne nie pas avoir parfois pris beaucoup de plaisir à suivre certains personnages (Amelia en particulier).
Je suis en définitive contente d’avoir découvert le style de cette fameuse auteure, mais je ne pense pas me presser au portillon pour acquérir ses derniers bouquins dès leur parution comme toi, Rethymna. Cela dit, encore un grand merci de m’en avoir fait cadeau !
Vous avez dit…