Archive pour le Tag 'folie'

Page 4 sur 5

Hygiène de l'assassin / Amélie Nothomb

:5:

:resu:

Ce roman prend la forme d’une lutte verbale entre un écrivain (Prétextat Tach) et plusieurs journalistes survenus tour à tour pour interviewer l’auteur avant son imminent décès. Chacun d’eux devra tenter de déjouer ses arguments emprunts de mauvaise foi et sa méchanceté…
:avis:

Mieux vaut tard que jamais, Hygiène de l’assassin est le premier livre d’Amélie Nothomb que je découvre.

Hygiène de l’assassin n’est constitué que de dialogues. La plume d’Amélie Nothomb est fluide, son vocabulaire est riche et la lecture de ce livre demeure rapide et facile mais elle n’échappe malheureusement pas à la constante de ce mois d’août qui fut – notons-le – totalement secoué d’insatisfactions.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas vraiment aimé ce roman. L’importance des dialogues (95% du livre) a provoqué l’écœurement, et l’ambitieuse joute verbale à laquelle se livre Tach avec ses interlocuteurs (en particulier Nina) m’a semblé pompeuse et excédante.

Ce livre était, il faut le dire, excessif en tout. Le discours et le caractère des personnages se veut en effet totalement immodéré (mégalomanie, misanthropie, cruauté, dédain, folie, habitent, par exemple, une même et unique personne (P. Tach)).

Aussi, la fin m’a encore plus déçue que le développement du récit. J’avais lu qu’elle était saisissante, mais ne m’attendais certainement pas à ce qu’elle soit délirante… au point d’être confondue avec bâclage.

Une bizarrerie.

On sent qu’Amélie Nothomb s’est amusée lors de la rédaction de ce livre. Le plaisir que j’ai inversement éprouvé à découvrir celui-ci s’est pour moi avéré quasiment nul. Certes, j’avoue avoir peut-être souri deux fois et demi, mais cela n’a hélas pas contribué à rendre l’ouvrage beaucoup moins indigeste.

Sachant que Nothomb n’a cependant pas écrit que des romans dans lesquels le style direct prédomine, je me risquerai probablement bientôt à une autre tentative… Si vous avez une préférence pour l’un de ses autres titres, je suis intéressée !

Les demeurées / Jeanne Benameur

:8:

:resu:

Les Demeurées expose dans un premier temps les rapports complexes d’une mère (La Varienne) et de sa fille (Luce) – d’une mère en proie à une pathologie qui l’empêche de s’exprimer1 ; d’une fille en proie à un malaise dû à la connaissance du regard que portent les villageois sur sa mère -. Mais au-delà de ces liens rendus difficiles à cause du monde extérieur, ce roman exprime surtout la force d’un amour qui se suffit à lui-même, d’une osmose qui se passe de mots pour transcender.

Quand l’école obligatoire arrache Luce à la Varienne, c’est alors que leur souffrance éclate et que l’une et l’autre se débattent respectivement pour préserver ce qu’elles possèdent…
Alors que Luce s’obstine gravement à enterrer tous les savoirs que Mademoiselle Solange, son institutrice, s’échine à lui inculquer, c’est un village entier qui catalogue l’enfant comme étant la digne fille de sa mère… Pourtant convaincue des aptitudes de son élève, Mademoiselle Solange va choisir de lutter contre les préjugés des villageois et de combattre avec ferveur la résistance au Savoir à laquelle se force Luce. Seulement, le constat de son échec ne va avoir d’autre effet que de l’abattre radicalement…
:avis:

J’avais eu l’occasion de découvrir Jeanne Benameur avec son roman jeunesse intitulé Même si les arbres meurent.
De par le souvenir positif que j’en avais gardé, le nom de l’écrivaine m’était resté dans un coin de la tête. Lorsque j’ai découvert qu’elle avait également écrit des fictions dédiées aux adultes, l’envie de la relire m’a prise. C’est avec un immense plaisir que j’ai goûté à nouveau à son écriture.

Jeanne Benameur ne décrit rien : elle suggère… Son écriture, détachée, est singulière et innovante. Au départ, son rythme saccadé et ses phrases courtes demandent un apprivoisement, mais aussitôt que cela est fait, la prose de l’auteure se révèle être extrêmement poétique et émouvante.

Ce que l’éditeur annonce sur la quatrième est d’une parfaite exactitude : L’art de l’épure, quintessence d’émotion, tel est le secret des Demeurées. Jeanne Benameur, en dentellière, pose les mots avec une infinie pudeur et ceux-ci viennent se nouer dans la gorge.

Je vous recommande vivement de partir à la découverte de cette auteure si ça n’a déjà été fait !

  1. Quelle tristesse qu’il n’existe pas de mot plus mélioratif que « crétinisme », je ne me résous pas à l’employer pour ce personnage attachant… []

Déloger l'animal / Véronique Ovaldé

:8:

:resu:

Rose, la narratrice, est sujette à quelques troubles psychiques. Aussi n’est-elle par conséquent pas considérée comme une enfant (une adolescente) « normale ».

Sous-estimée en raison de ses problèmes mentaux, elle ne parvient à soustraire des adultes condescendants que des vérités enjolivées, inintéressantes ou des silences insoutenables. Lorsque sa mère disparait subitement, Rose demeure obsédée par les désirs de comprendre le motif de sa désertion et de connaître le passé inconnu de cette dernière. Elle coud donc progressivement le récit de sa vie et les raisons de son mystérieux départ.
:avis:

Rose nous emmène, nous, lecteurs, dans un univers inventif et subtil, à côté de la réalité. Elle dépeint un monde déformé mais précis ; un monde tragique et émouvant à l’image de qui elle est.

La plume de Véronique Ovaldé est fluide et intelligente. Elle m’a assise dans un univers singulièrement cotonneux et bercée au point que je ne veuille plus sortir de ce livre.

Déloger l’animal m’a tout à fait conquise. J’ai lu ce roman d’une traite et je me réjouis déjà de découvrir d’autres oeuvres de cette auteure !

Je vous recommande vivement de plonger dans l’univers très particulier de Véronique Ovaldé si ce n’est déjà fait !