
« Comment vous vivez l’idée d’être un assisté? »
Driss (Omar Sy), un jeune de banlieue tout juste sorti de prison se présente chez Philippe (François Cluzet), un riche aristocrate tétraplégique. Il ne vient pas pour être engagé comme aide à domicile, mais pour recevoir une simple signature de manière à prouver aux Assédic1 qu’il a cherché de l’emploi, comme l’exige sa situation de chômeur…
Convié à repasser le lendemain, Driss est condamné à attendre. Mis à la porte de chez lui pour son attitude incorrecte vis-à-vis de ses proches la nuit même, il se retrouve perdu et sans domicile.
Lorsqu’il s’en retourne chez Philippe pour récupérer son formulaire signé le lendemain, Driss constate qu’en dépit de son insolence à l’entretien, il a été choisi entre tous pour venir en aide à l’aristocrate. Il est pris à l’essai pour un mois.
Petit à petit, les univers respectifs de Philippe et Driss vont s’interpénétrer. S’apprivoisant, ils vont être amenés à tisser une amitié singulière et proprement étincelante…
Ce film est inspiré d’une histoire vraie.
Une fois n’est pas coutume : l’envie me prend de parler cinéma sur ce blog. A force de moyennes tout juste atteintes avec les livres que j’ai dernièrement lus, je donnais de ma subjectivité une image flétrie, imperméable et/ou blasée. Mais détrompez-vous, mon ravissement n’est pas encore devenu inaccessible, ce film en est la preuve !
Je ne pensais pas être un jour en mesure de pouvoir prétendre aimer un film dès la première minute et pourtant, je l’ai bel et bien affirmé à l’oreille de mon compagnon en ce temps record. Les couleurs chaudes, les lumières de la ville fondues en flare, la manière de filmer – cette macro sur une main impatiente qui tambourine un volant, ces échanges de regard qui suscitent l’interrogation dès les premiers instants – et surtout la musique – Bon Dieu, la musique !2 – ont fait que ce film n’a pas eu l’occasion de connaître la possibilité d’un basculement de l’un ou l’autre côté du 5/10 : à la première seconde, je lui attribuais déjà 9…
A l’esthétisme des prises de vue s’ajoute une histoire émouvante, soutenue par un jeu d’acteurs admirable : François Cluzet, Omar Sy et Anne Le Ny incarnent leurs personnages avec une époustouflante sincérité et une parfaite justesse. C’est sans compter cet humour cynique mais souvent complice qui, même dans le sarcasme, semble venir du cœur. Les fous rires communicatifs de Driss3 et les sourires espiègles de Cluzet n’ont, j’ai l’impression, pas laissé grand monde indifférent dans la salle.
… Je me donne l’air d’être possédée par un Bisounours. Je n’aime pas écrire des critique positives : quand un média frise l’excellence, je me sens juste terrassée et impuissante, avec cette impression ingrate que mes mots tombent tous comme des loques.
En fait, il n’y a pas de mots. Oubliez tout ce que vous venez de lire, oubliez jusqu’au fait que je trouve ce film extraordinaire. Il ne faudrait pas que vous nourrissiez non plus des espoirs impossibles… Il faut le vivre soi-même, en plaçant sa subjectivité à 5 quand les lumières s’éteignent, pour avoir le plaisir de la sentir se diriger progressivement vers le sommet.
La seule chose valable que je puisse vous dire c’est qu’Intouchables est un film généreux, tendre, fin, intelligent, drôle, émouvant, mais sans misérabilisme… Un film qui vous donne envie de croire en la beauté du genre humain : cela est rare, et vaut donc cher !
Allez le voir en ne craignant pas d’être confronté à un « nanar » du genre de Bienvenue chez les Chtits : Intouchables piétine (presque) tous les films français. Il est à mon sens irréprochable et magistral !
- Associations pour l’emploi dans l’industrie et le commerce : équivalent de l’Onem en Belgique. [↩]
- Connaissez-vous Ludovico Einaudi? C’est un compositeur italien minimaliste que j’ai eu la chance de découvrir il y a près de sept ans avec le précieux concours d’un ami. C’est cet artiste-là que j’écoutais quand la vie se montrait âpre, ou quand le stress tentait d’atteindre son paroxysme avant les examens… [↩]
- Parole d’une personne qui soupire pendant les SAV des émissions ! [↩]








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