Des rivaux de Facebook

(J’aurais tout aussi bien pu intituler cet article Quand Reka se fend la pêche en cataloguant mais mon e-réputation en aurait peut-être pris davantage pour son grade par la faute des métadonnées, tout ça…)

Chers vous tous,

J’étais gentiment en train de compulser l’Alternatives économiques n°296 et m’instruisais en diagonale (parce qu’on n’a pas le temps) de cet article titré Facebook, l’empire fragile… quand je tombe sur ce graphique illustrant les limites territoriales dudit réseau : l’inachèvement de son invasion découlerait dans un des cas du fait que d’autres réseaux sociaux ont plus largement assis leur notoriété dans certains pays…

Les limites de l'Empire Facebook

Les limites de l'Empire Facebook

Je ne vous cacherai pas que je n’ai pas pu résister au charme du nom de ce réseau social que la Chine préfère (cliquez sur l’image pour l’agrandir).
Quelque chose me dit qu’on a encore de nombreuses choses à apprendre de cette puissance sévère qui musèle ses pauvres sujets…
Mark Zuckerberg a trouvé matière à rehausser l’intérêt de ses membres en leur proposant de préciser leurs préférences sexuelles et de consulter celles d’autrui… Par le réseau qu’il utilise, le peuple chinois révélerait-il de façon subliminale ses désirs les plus secrets en les faisant passer pour quelque chose d’on ne peut plus anodin… de cucul la praline?

Si vous ne trouvez pas ça drôle, ça ne fait rien ! Vous trouverez peut-être au moins un petit quelque chose d’instructif à la carte ! ;)

Bonne journée :)

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Nicolas Ancion, l'interview

Nicolas Ancion

Nicolas Ancion, auteur. (© L. Bazzoni)

Nicolas Ancion, un auteur belge aussi productif que renommé, a accepté de répondre à mes quelques questions.

Le but de l’interview est avant tout de le faire (mieux) connaître de vous, donc de vous tenter de lire ses productions littéraires déjà nombreuses – et couronnées de prix littéraires1 de surcroît ! – mais aussi de vous faire découvrir ses goûts, les auteurs/livres qui l’ont influencé ou marqué, notamment parmi les Lettres belges.

Avis, donc, aux challengeurs « littérature belge » qui seraient en panne d’inspiration ou ne rechigneraient pas à devenir de bons gros (que dis-je? énormes!) Belges – ferrés en ce qui concerne le patrimoine littéraire de ce petit pays qui ne sera peut-être bientôt plus que de l’ordre du souvenir -, vous avez ici quelques bons ouvrages à vous mettre sous la dent ! ;)

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Nicolas, vous vous êtes essayé au théâtre, à la poésie, à la prose (romans et nouvelles) et même à la bande dessinée. Comment expliquez-vous cet éclectisme?

N.A. : Je suis toujours partant pour de nouveau défis. Je n’ai pas envie de répéter à l’infini les mêmes idées, les mêmes recettes, les mêmes textes finalement. Le meilleur moyen de se remettre sans cesse en question, à mes yeux, c’est de se lancer dans des projets d’écriture très différents. A l’heure actuelle, cela veut dire l’écriture de scénario pour le cinéma, de livres pour enfants et de pièce de théâtre pour marionnettes… Si on me propose un projet inédit et emballant, j’ai du mal à refuser.

Dans quel genre vous sentez-vous le plus à l’aise et pourquoi?

N.A. : Je pense que la nouvelle est le format que je maîtrise le mieux. Parce que j’en ai déjà écrit quelques dizaines, dans des genres assez différents, d’une part, et parce que c’est une longueur qui convient bien à mon tempérament. Je vois un personnage plongé au cœur d’une scène précise, j’ai l’intuition que son projet est foireux et je peux me lancer dans l’écriture, je n’ai pas besoin de plus de matériaux. Trois heures d’écriture plus tard, la première version du texte est bouclée.

Vous aviez 24 ans quand a été publié votre premier roman Ciel bleu trop bleu.
Avez-vous toujours été passionné par la littérature?

N.A. : Oui, j’ai toujours aimé qu’on me raconte des histoires, déjà avant de savoir lire moi-même, j’ai grandi dans un théâtre de marionnettes ; le métier de mes parents, c’était de raconter des histoires. Il y avait beaucoup de livres à la maison, des BD et des chansons de geste, des beaux livres et de la poésie, j’ai toujours aimé lire, j’ai toujours été un lecteur sans le sou, dans les bibliothèques publiques et les librairies d’occasion. La littérature, c’était ma manière de voyager.

Y a-t-il des auteurs qui ont animé ou confirmé en vous le plaisir de lire et/ou l’envie d’écrire?

N.A. : Il y en a tant que c’est bien difficile et injuste d’en citer certains, mais je peux en nommer quelques uns qui m’ont donné envie d’écrire à mon tour : Boris Vian, Eugène Savitzkaya, Jacques Sternberg, Fernando Arrabal … Pour le plaisir de lire, ce sont surtout des livres que je citerais, plutôt que des auteurs. Récemment, je pense à « La maison des feuilles » de Mark Z. Danielewski ou « Epépé » de Ferenc Karinthy, mais aussi « 325000 francs » de Roger Vailland ou « Les racines du mal » de Dantec.

Récemment, j’ai appris sur votre blog Post-it littéraire que vous aviez lu une bonne centaine d’auteurs belges dans le courant de la décennie précédente.
S’agissait-il là d’un défi que vous vous étiez lancé? Quelles ont été vos motivations pour cela ?

N.A. : Quand j’avais dix-sept ans, j’ai remporté un concours d’écriture et on m’a offert un bon de 60 euros dans une librairie qui ne proposait que les œuvres de littérature belge au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. J’ai regardé les rayonnages. Il y avait quelques noms que je connaissais comme Jean Ray, Maurice Maeterlinck ou Henri Michaux mais surtout des étagères entières de textes inconnus. J’avais l’impression de pénétrer dans la caverne d’Ali Baba ou de découvrir un trésor englouti. Tous ces livres m’avaient été cachés pendant ces années d’école ! Je suis reparti avec Jean-Philippe Toussaint, Eugène Savitzakaya, André Baillon et je suis tombé sous le charme. Tous ces auteurs avaient un imaginaire bien à eux mais nourri par des réalités qui étaient proches des miennes, ils me parlaient comme de vieux amis. Du coup, d’un auteur j’ai rebondi vers un autre, suivant certains éditeurs et certaines collections (Passé Présent chez Jacques Antoine et Espace Nord chez Labor, deux collections qui on republié les textes introuvables des lettres belges), pour finir par lire vraiment beaucoup d’auteurs du grand nord francophone européen.

Ces compatriotes vous ont-ils influencé dans votre travail?
Si vous deviez retenir cinq d’entre eux, quels seraient-ils?

N.A. : Oui, leur influence est profonde, marquante. J’en ai déjà cité quelques uns, mais je peux certainement reprendre :

- André Baillon, écrivain fou, obsédé par les mots ;
- Paul Emond, dont « La danse du fumiste » est un des romans qui m’ont soufflé à la fin de l’adolescence ;
- Henri Michaux, pour l’humour de « Un certain plume » et sa poésie qui ne se laisse pas déchiqueter par la mode des textes troués ;
- les trois premiers romans de Jean-Philippe Toussaint, pour leur manière de raconter l’histoire, par petites tranches, pleines d’humour ;
- et, en bande dessinée, le grand chaos de Willy Vandersteen, dessinateur flamand, qui a tant publié dans tous les sens qu’il est l’anti-hergé par excellence. Son œuvre est contradictoire, malfoutue, mal numérotée et, pourtant, il y a des dizaines d’albums à l’imaginaire débridé que j’adore, et qui m’ont durablement marqué (même si je les trouvais nuls quand j’étais gamin).

Il doit bien y avoir aussi des productions d’auteurs belges auxquelles vous n’avez pas adhéré?
Si oui, lesquelles, et pourquoi?

N.A. : Ah, bien sûr, je reste un lecteur critique, ce n’est pas parce que c’est belge que c’est bon. Les romans de Jacqueline Harpman ou ceux d’Amélie Nothomb, par exemple, me tombent des mains. Tous les lecteurs ne cherchent pas la même chose dans la littérature, bien heureusement. Pour quelle raison ne puis-je pas rentrer dans les textes de ces deux auteurs ? Pour la première, je pense que c’est parce que ses textes manquent complètement de ce qui fonde pour moi la littérature : le second degré, un écrivain qui ne met pas dans son texte une forme de distance, de recul pour rappeler que ce qu’il écrit n’est jamais que de la littérature, devient vite prétentieux. Avec les textes d’Harpman, j’ai toujours cette sensation, d’être contemplé de haut par un auteur imbu de sa propre personne. Ça m’empêche d’entrer dans le texte. Avec Amélie Nothomb, rien n’empêche d’entrer dans le texte, au contraire, c’est comme bu beurre fondu, mais une fois qu’on est à l’intérieur, il n’y a rien à voir. On ressort tout de suite de l’autre côté et on n’a rien trouvé à se mettre sous la dent.

Je vous propose à présent quelques dernières petites questions.
Pouvez-nous révéler…

Votre roman préféré (toutes littératures confondues) :

N.A. : Un seul ? C’est injuste ! Allez, « La vie mode d’emploi » de Georges Perec.

Un auteur que vous admirez :

N.A. :  Roger Vailland, qui s’est réinventé sans cesse et qui a été capable de se dire : cette année, j’écris le Goncourt et qui l’a obtenu (pour un livre qui n’est pas son meilleur, bien sûr, c’est là qu’on voit bien que c’est du sur mesure).

Un personnage de livre qui vous a fort marqué :

N.A. : Jacques Sternberg, l’auteur qui est le personnage principal de « L’employé » de Jacques Sternberg, un roman qui n’a rien à voir avec l’autofiction, je vous rassure tout de suite.

Une BD que vous encensez et recommandez :

N.A. : Il y en a tant ! En BD grand public, je dirais la série « Lincoln » par les frères Jouvray chez Paquet, en roman graphique, peut-être « Black Hole » de Charles Burns.

Le livre dans lequel vous êtes plongé en ce moment (ou celui que vous avez refermé en dernier) :

N.A. : Je lis Kenneth Cook, « Cinq matins de trop », un cauchemar australien qui s’avale comme un verre d’alcool fort.

Le travail littéraire que vous avez vous-même réalisé et dont vous vous estimez aujourd’hui le plus satisfait :

N.A. : C’est une question compliquée car si j’étais satisfait de ce que j’écris, je n’aurais plus envie d’écrire car l’écriture naît toujours d’une forme de frustration. On est frustré par rapport à ce qu’on vit alors on écrit pour changer les choses dans l’imaginaire, on est frustré par ce qu’on a écrit alors on écrit encore pour faire mieux. Si je dois vraiment citer un texte, je dirais peut-être mon recueil de nouvelles « Nous sommes tous des playmobiles » parce que tout le monde dit que les nouvelles ne marchent pas, dans le monde de l’édition, alors que les lecteurs, eux, en raffolent.

Le personnage que vous avez créé vous ressemblant le plus :

N.A. :  Richard Moors, héros de « L’homme qui valait 35 milliards », artiste raté, qui voudrait changer le monde mais parvient déjà difficilement à se lever le matin.

La vision que vous avez de votre avenir sur le plan littéraire :

N.A. : Ce qui est réjouissant avec l’avenir c’est que personne ne le connaît aujourd’hui, le meilleur moyen de le découvrir, c’est de le vivre. Cela vaut pour la vie en général et pour la littérature en particulier. J’ai mille projets, de jolis chantiers dans des directions très différentes, cela donne l’envie de sortir du lit de bonne heure et de se mettre au travail. Tiens, finalement, je ne ressemble pas tant que ça à Richard Moors.

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

N.A. : Non, non, ça ira comme ça. Ah ben, si, mon dernier roman, « L’homme qui refusait de mourir » (Editions Dis Voir) vient d’arriver en librairie et il contient de magnifiques illustrations de Patrice Killoffer, qui illustre aussi les aventures de Fantômette dans la bibliothèque rose, même si ce titre se rangerait plus volontiers dans la bibliothèque noire.

Merci Nicolas de m’avoir accordé cette interview.
Bonne continuation et à bientôt ! :)

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:va:

Le site officiel de Nicolas Ancion
La bibliographie de Nicolas Ancion
Le blog de Nicolas Ancion

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  1. Prix Rossel pour L’homme qui valait 35 milliards ; prix des Lycéens pour Quatrième étage ; Prix Bart Franz de Wever pour Nous sommes tous des playmobiles, … []

La cote 400 / Sophie Divry

:5:

 

Une bibliothécaire étriquée qui a la fantaisie et le désordre en horreur découvre, en arrivant sur son lieu de travail, qu’un lecteur a passé la nuit enfermé dans « son » sous-sol, près de « sa » section géographie… Deux heures sont censées s’écouler avant l’ouverture de la bibliothèque. Au lieu de libérer le prisonnier, la narratrice profite de la présence de ce dernier pour vider son sac en un monologue logorrhéique hallucinant.

Celle-ci semble en effet ne plus s’être exprimée depuis un temps fou. Sa tirade porte essentiellement sur son insatisfaction tant professionnelle que relationnelle.

La vie sociale de cette dame est un désert d’une franche platitude. Les fréquentations externes à son travail paraissent inexistantes depuis un certain temps. Elle ne peut même pas prétendre se consoler de la présence de ses collègues qui lui témoignent la plus basse considération. Elle se rend donc à la bibliothèque dans l’immense espoir d’être remarquée par les lecteurs, mais hélas, tous les jours se ressemblent…

A croire que je passe totalement inaperçue. Personne ne me voit, c’est mon problème. Même dans la rue, les gens me bousculent et me disent : « Oh pardon, je ne vous avais pas vue. » La femme invisible, je suis la femme invisible, la responsable du rayon géographie. (p. 11)

Pour que son rêve s’assouvisse – à savoir, être abordée par Martin, un jeune chercheur très studieux dont elle couve des yeux la sensuelle nuque à longueur de journées -,  la narratrice use même de stratégies… Ayant, par exemple, intentionnellement laissé les lumières de sa section éteintes pour qu’on lui réclame un peu de lumière, elle conserve d’un échange de deux phrases avec ledit Martin un souvenir impérissable…

Quant à l’insatisfaction professionnelle de cette dame, à quoi tient-elle?

Vous allez rester avec moi le temps que je prépare ma salle de lecture. J’ai d’autres livres à classer. Puisque vous êtes efficace, sortez-moi du rayon histoire tous les livres de géographie que les lecteurs y ont fourrés. Allez, et ne vous plaignez pas : classer, ranger, ne pas déranger, moi c’est toute ma vie. Entrer et sortir les livres des rayons, encore et toujours. Ah, ce n’est pas très amusant, désolée. Car pour ranger un livre, je n’ai même pas besoin de regarder le nom de l’auteur. Il suffit de lire les chiffres qui sont inscrits là, sur l’étiquette collée au dos, et de le glisser à la suite des autres signalés par la même cote. Voilà, c’est tout. Et je fais ce métier depuis vingt-cinq ans, vingt-cinq ans sur le même principe immuable. Même si on m’appelle en haut à la banque de prêt, ce n’est pas mieux. Enregistrer les livres au départ et au retour en faisant bip-bip avec les codes-barres, c’est créatif, peut-être? Bip-bip, « Pour le 26 septembre, au revoir », bip-bip, « pour le 14 mai, merci ». Être bibliothécaire n’a rien de valorisant, je vous le dis : c’est proche de la condition d’ouvrier. Moi, je suis une taylorisée de la culture. Sachez-le, pour être bibliothécaire, il faut aimer l’idée du classement et être quelqu’un d’obéissant. Aucune initiative, aucune place pour l’imprévu : ici, tout est en ordre, infailliblement en ordre. (p. 12) [...] Je voulais être professeur mais j’ai raté le concours. Maintenant, je suis là, ouvrière spécialisée, rangeuse de livres, petite main, bip-bip…  Je ne suis rien, rien du tout. (p. 18)

A vrai dire, si j’ai été tentée de me procurer ce bouquin, c’était pour voir de plus près quelles aberrations étaient livrées quant au métier de bibliothécaire. Car, entre nous, rien que la quatrième de couverture est en soi écœurante par le concentré de clichés qu’elle propose…

Mais je suppose / j’espère que vous n’ignorez pas / vous doutez / concevez / imaginez …

- que le métier de bibliothécaire peut être une vocation et non un choix par défaut,
- que la profession ne se limite pas à classer, aligner, à faire bip-bip au comptoir de prêt1 : outre le rangement selon la classification de Melvil Dewey2– somptueuse ou limitée selon les phases cyclothymiques de notre esseulée narratrice – et l’étape d’acquisition existent au moins x tâches qui ne permettent pas de s’ennuyer (le dépouillement, le bulletinage, le catalogage, l’indexation, (…) et je ne vous parle même pas de la ponte et de l’exécution des projets de développement de la lecture qui doivent être réfléchis, originaux, exigeants, accessibles et approuvés par les instances supérieures…)
- que les bibliothécaires sont à la disposition des « usagers » pour les orienter concernant leurs recherches documentaires, voire les briefer en matière de méthodologie de recherche ; dispenser de conseils littéraires en cas de panne d’inspiration (ou pas : initier certaines personnes à d’autres lectures que celles vers lesquelles elles se dirigent automatiquement fait aussi partie de nos petits défis et, lorsque nous y parvenons, de nos grandes fiertés) ; initier à l’outil l’informatique : les bibliothèques abritent parfois en leurs locaux des EPN (espaces publics numériques) et leurs bibliothécaires, polyvalents(*), dispensent généreusement de cours liés à l’apprentissage de l’Internet, de la recherche web, de l’utilisation du traitement de texte etc. parce que, conformément à nos missions d’Éducation permanente, nous nous engageons à réduire la fracture numérique (et on aime ça !)
- (*) tant qu’à accorder mes noms communs, vous constaterez que j’ai ici utilisé un masculin : malgré les effluves d’information gambadant à travers le récit de Sophie Divry, ne croyez surtout pas que le métier est exclusivement réservé aux femmes… et encore moins aux pimbêches ou vieilles filles désagréables et frustrées (du moins, pas systématiquement ;) )
- le métier de bibliothécaire est aujourd’hui un métier social. Et si certaines bibliothèques dérogent encore à cette affirmation (il en reste, j’en conviens !) par l’austérité qu’elles dégagent, elles se font de plus en plus rares, qu’on se le dise !

Revenons-en au livre…

J’ai bien cru en ressortir rongée d’urticaire ou décédée en en parcourant les premières lignes. Puis j’ai fini par m’accommoder petit à petit du tempérament de la narratrice tant son égarement me paraissait insondable – elle est complètement frappée -. J’ai fini par me dire que ce roman ne se voulait être, comme précisé par l’auteure dans sa dédicace, qu’un simple divertissement. Cependant, je reste gênée par deux choses : par le fait que ce livre ait été écrit par une journaliste et qu’il ne s’agisse donc pas d’auto-dérision – Sophie Divry croit-elle ne fut-ce qu’un peu en l’univers morose qu’elle décrit dans la bouche de sa narratrice? – et le risque que les lecteurs prennent cette lecture au sérieux. Hélas, en dépit de l’humour palpable dont est emprunt ce livre, je crains que ce livre conforte les clichés les plus venimeux et enracinés : combien de personnes se représentent le métier par des femmes qui lisent, font « chut » ou rangent des livres? … Ce n’est hélas pas ce genre de bouquin qui risque de changer l’opinion publique et je le déplore.

Bref. Une lecture avec beaucoup de vérités obsolètes à mon sens et qui me laisse donc assez mitigée bien que j’aie réussi à y prendre du plaisir de temps en temps…

A lire avec prudence, néanmoins (j’insiste !)

Un grand merci à Cécile d’avoir fait voyager ce livre jusqu’à chez moi.

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  1. Si ça se limitait à cela, nos études ne dureraient pas minimum trois ans… []
  2. Le titre du livre, la cote 400, est issue de la Classification Dewey. []