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		<title>Nos vies rêvées / Barbara Israël</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 06:32:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[* | J’ai subi]]></category>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Mon coeur se froisse, je vais encore devoir affronter la glace de cette putain de solitude. L&#8217;insupportable solitude.&#160;&#187; (p. 221) Après quinze années de vie commune avec son conjoint Alex, Betty se fait quitter. Elle est éplorée et n&#8217;a plus que son ami Zeno &#8211; grand buveur et cocaïnomane avec qui elle a monté un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full  aligncenter" title="Israël, Barbara. Nos vies rêvées. 10-18, 2012 [2010]. 329 p." src="http://upload.marecages.be/couv/isrnos.gif" alt="" width="100" /></p>
<p style="text-align: center;"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/3.gif' alt=':3:' class='wp-smiley' /><br />
 <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/stop.gif' alt=':stop:' class='wp-smiley' /> </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Mon coeur se froisse, je vais encore devoir affronter la glace de cette putain de solitude. L&#8217;insupportable solitude.&nbsp;&raquo; (p. 221)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/resu.gif' alt=':resu:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Après quinze années de vie commune avec son conjoint Alex, Betty se fait quitter. Elle est éplorée et n&#8217;a plus que son ami Zeno &#8211; grand buveur et cocaïnomane avec qui elle a monté un groupe de musique &#8211; sur qui compter&#8230;</p>
<p>Ce roman entend, de façon plus générale, aborder le deuil de la jeunesse par l&#8217;affrontement de cuisantes désillusions&#8230;</p>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/avis.gif' alt=':avis:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Deux motifs ont concouru à l&#8217;achat de cet ouvrage : le post-it &laquo;&nbsp;Conseillé par les libraires&nbsp;&raquo; qui le recouvrait ainsi que sa couverture, originale et esthétique (il m&#8217;arrive encore de flancher devant les arguments &laquo;&nbsp;marketing&nbsp;&raquo;, je me soigne).<br />
Accessoirement, j&#8217;avais comme présupposé que les éditions 10-18, à l&#8217;instar d&#8217;Actes Sud, ne publiaient que de bons romans. Enfin, j&#8217;étais à mille lieues de penser que Barbara Israël était une auteure française&#8230; Que de pièges et de méprises en perspective !</p>
<p>Je n&#8217;ai pas su venir à bout de ce roman. À cela, plusieurs raisons :</p>
<p>- l&#8217;intrigue du roman est quasiment inexistante (une demoiselle se fait larguer et se morfond),<br />
- la construction de ce livre m&#8217;a paru très confuse (au moins jusqu&#8217;au chapitre 5, où j&#8217;ignorais si Betty rêvait de sa relation avec Alex ou si elle essuyait une rupture après avoir partagé son toit avec lui pendant quinze ans (pas de transition, pas d&#8217;élément éclairant, j&#8217;étais royalement paumée)),<br />
- l&#8217;écriture m&#8217;a semblé expéditive et d&#8217;une crudité qui n&#8217;était pas faite pour me convenir (langage oral, parfois vulgaire)&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Putain, qu&#8217;est-ce qu&#8217;il est con ce mec ! Si ça continue, je vais me barrer ! Je gèle, moi, peste Zeno dans mon-oreille-carrément-d&#8217;accord.&nbsp;&raquo; (p. 14)</p></blockquote>
<p>- le langage employé m&#8217;a parfois laissée dans l&#8217;incompréhension&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Zeno a proposé de me charrier sur son Ciao*&nbsp;&raquo; (p. 91) ; &laquo;&nbsp;[...] t&#8217;as fait rentrer quarante pétasses et cinquante acteurs, qu&#8217;est-ce qu&#8217;on a, faut te donner notre CV? hurle-t-il au physio*&nbsp;&raquo; (p. 15)</p></blockquote>
<p>- le tempérament de la narratrice m&#8217;a exaspéré dès les premières pages et ce, de façon irrémédiable : juvénile voire futile malgré ses trente-cinq berges, pathétique, revêche, insolente, gratuitement méchante, égocentrique : rien qui donne envie de continuer à faire sa connaissance&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Je jauge &laquo;&nbsp;La Bijou&nbsp;&raquo; d&#8217;un regard moqueur en espérant qu&#8217;il va le remarquer, se sentir percé à jour, blessé par ce regard méprisant mais hautement estimable qui est le mien.&nbsp;&raquo; (p. 92)</p></blockquote>
<p>- la peine de Betty m&#8217;a semblé passablement inconsistante et donc irréaliste,<br />
- et, enfin, ce roman se veut humoristique pour contrecarrer, sans doute, l&#8217;aspect tragique de la situation de Betty, mais l&#8217;humour de Barbara Israël ne m&#8217;a malheureusement pas fait ciller le moins du monde&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Il est rassurant de constater qu&#8217;une idiote dans son genre soit si consciente que B. comme Betty, précède D. comme Diane&#8230; comme Débile, Déclin, Défunte, Dulle, Doche, Drosse, Darce, Douf, Diane, comme Dauvre Disérable Donnasse ! Je vais D&#8217;écraser comme une Douche !&nbsp;&raquo; (p. 25)</p></blockquote>
<p><em>Nos vies rêvées</em> ne correspond pas du tout à mes attentes littéraires et, si je ne me suis pas ennuyée, j&#8217;ai eu l&#8217;impression, en lisant ce livre, de voir passer un OVNI qui rasait le toit des maisons en faisant un bruit de canard sur un tracteur. En des termes moins métaphoriques : décalé et baroque. Il y a des gens qui aiment ça&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Impressionnant ! je lance, en faisant les gros yeux d&#8217;un mérou décédé.&nbsp;&raquo; (p. 19)</p></blockquote>
<p><a title="Ce livre sur SensCritique" href="http://www.senscritique.com/livre/nos-vies-r%C3%AAv%C3%A9es/1491334732910469" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/SC.gif' alt=':SC:' class='wp-smiley' /> </a><a title="Ce livre sur Babelio" href="http://www.babelio.com/livres/Isral-Nos-vies-revees/160469" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/BB.gif' alt=':BB:' class='wp-smiley' /> </a></p>
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		<title>La ferme des animaux / George Orwell</title>
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		<pubDate>Tue, 08 May 2012 15:37:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[*** | J'ai apprécié]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[clivage social]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[totalitarisme]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d&#8217;autres.&#160;&#187; (p. 104) Sage l&#8217;Ancien, le doyen des cochons de la Ferme du Manoir, rassemble un soir les animaux de la ferme afin de leur faire part du rêve qu&#8217;il a fait la veille&#8230; Il y décrit un monde où les animaux seraient libérés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full  aligncenter" title="Orwell, George. La ferme des animaux. Folio Plus (Classiques), 2010 [1945]. 187 p." src="http://upload.marecages.be/couv/orwfer.gif" alt="" width="100" /></p>
<p style="text-align: center;"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/7.gif' alt=':7:' class='wp-smiley' /> </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d&#8217;autres.&nbsp;&raquo; (p. 104)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/resu.gif' alt=':resu:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Sage l&#8217;Ancien, le doyen des cochons de la Ferme du Manoir, rassemble un soir les animaux de la ferme afin de leur faire part du rêve qu&#8217;il a fait la veille&#8230; Il y décrit un monde où les animaux seraient libérés de la présence des hommes et de leurs fouets, pourraient profiter eux-mêmes du fruit de leur labeur, ne plus s&#8217;esclavager, etc.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Camarades, est-ce que ce n&#8217;est pas clair comme de l&#8217;eau de roche? Tous les maux de notre vie sont dus à l&#8217;Homme, notre tyran. Débarrassons-nous de l&#8217;Homme, et nôtre sera le produit de notre travail. C&#8217;est presque du jour au lendemain que nous pourrions devenir libres et riches. A cette fin, que faut-il? Eh bien, travailler de jour et de nuit, corps et âme, à renverser la race des hommes. C&#8217;est là mon message, camarades. Soulevons-nous !&nbsp;&raquo; (p. 12)</p></blockquote>
<p>Peu de temps après ce discours, Sage l&#8217;Ancien s&#8217;éteint, en ayant éveillé en chacun des animaux de la ferme, l&#8217;espoir que se réalise un jour le rêve de leur aîné.</p>
<p>Un jour, le fermier (Mr. Jones) et ses ouvriers omettent de nourrir les animaux. Affamés, ceux-ci se révoltent en attaquant et faisant fuir les exploitants de la ferme, s&#8217;insurgeant comme Sage l&#8217;Ancien le leur avait exhorté. Dès lors, la Ferme du manoir est renommée <em>Ferme des animaux</em>. Les bêtes y élisent de nouveaux dirigeants, intellectuellement supérieurs : deux cochons, Boule de Neige et Napoléon, secondés par un troisième, Brille-Babil, remarquable orateur.</p>
<p>Les cochons instaurent sept principes définissant un nouveau système politique dérivé de la démocratie appelé l&#8217;<em>Animalisme</em>. Les règles se veulent au départ égalitaires et progressistes&#8230; Mais Napoléon &#8211; le machiavélique &#8211; et Boule de Neige &#8211; le pacifiste &#8211; ne sont que rarement d&#8217;accord&#8230;</p>
<p>Bientôt, Napoléon se retrouve seul à la tête de la ferme et détourne peu à peu les principes de l&#8217;Animalisme, conduisant insidieusement les animaux de la ferme vers un régime de plus en plus totalitaire. Alors qu&#8217;il orchestre le fonctionnement agricole d&#8217;une main de fer en imposant aux autres des mesures de plus en plus drastiques et qu&#8217;il en profite lui-même grassement avec d&#8217;autres cochons forcément préservés en raison de leur nature porcine, les animaux travaillent avec obstination et parfois frénésie, s&#8217;usant jusqu&#8217;à l&#8217;effondrement&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Le bonheur le plus vrai, déclarait-il, réside dans le travail opiniâtre et l&#8217;existence frugale.&nbsp;&raquo; (p. 100)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/avis.gif' alt=':avis:' class='wp-smiley' /> </p>
<p><em>La ferme des animaux</em> rappelle sans nul doute <a href="http://marecages.be/?p=1639" target="_blank"><em>1984</em></a> par son subtil traitement du totalitarisme.</p>
<p>George Orwell développe ici avec beaucoup de finesse les nombreux rouages des régimes autoritaires : éviction des leaders au profit d&#8217;un seul, propagande, culte de la personnalité, modification du passé, désinformation, désignation d&#8217;un traître (bouc émissaire), appui clérical (l&#8217;<span style="color: #ffffff;">.</span>&laquo;&nbsp;opium du peuple&nbsp;&raquo;), &#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;<span style="color: #ffffff;">.</span>&laquo;&nbsp;Là-haut, camarades &#8211; affirmait-il [Moïse, le corbeau] d&#8217;un ton solennel, en pointant vers le ciel son bec imposant -, de l&#8217;autre côté du nuage sombre, là se trouve  la Montagne de Sucrecandi. C&#8217;est l&#8217;heureuse contrée où, pauvres animaux que nous sommes, nous nous reposerons à jamais de nos peines.&nbsp;&raquo; Il allait jusqu&#8217;à prétendre s&#8217;y être posé un jour qu’il avait volé très, très haut. Et là il avait vu, à l’en croire, un gâteau tout rond fait de bonnes graines (comme les animaux n’en mangent pas beaucoup en ce bas monde), et des morceaux de sucre qui poussent à même les haies, et jusqu’aux champs de trèfle éternel.  Bien des animaux l&#8217;en croyaient. Nos vies présentes, se disaient-ils, sont vouées à la peine et à la faim. Qu’un monde meilleur doit exister quelque part, cela n&#8217;est-il pas équitable et juste ?&nbsp;&raquo; (p. 92)</p></blockquote>
<p>&#8230; Mais il aborde aussi le comportement des masses face à un tel régime politique, ainsi que la famine et l&#8217;épuisement auxquels elles sont soumises&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;A la vérité, Jones avec tout ce qu&#8217;il avait représenté ne leur rappelait plus grand-chose. Ils savaient bien la rudesse de leur vie à présent, et que souvent ils avaient faim et souvent froid, et qu&#8217;en dehors des heures de sommeil le plus souvent ils étaient à trimer. Mais sans doute ç&#8217;avait été pire dans les anciens temps, ils étaient contents de le croire. En outre, ils étaient esclaves alors, mais maintenant ils étaient libres, ce qui changeait tout, ainsi que Brille-Babil ne manquait jamais de le souligner.&nbsp;&raquo; (p. 88)</p></blockquote>
<p>Plus précisément, cette fable politique se veut dénoncer le régime stalinien, et elle le fait de manière très abordable et perspicace.</p>
<p>En ce qui me concerne, je déplore toujours mes lacunes en histoire contemporaine<sup><a href="http://marecages.be/2012/05/la-ferme-des-animaux-george-orwell/#footnote_0_6345" id="identifier_0_6345" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Si vous avez des r&eacute;f&eacute;rences bibliographiques accessibles et non r&eacute;barbatives &agrave; me proposer, je suis preneuse !">1</a></sup>, qui m&#8217;ont une fois de plus empêchée de comprendre certaines analogies et caricatures (ex : voir Lénine ou Marx en Sage l&#8217;Ancien, Trotski en Boule de Neige, le Tsar Nicolas II en Mr. Jones, Churchill et Hitler dans les voisins fermiers qui entourent La ferme des animaux, &#8230;). Toutefois, les métaphores liées aux mécanismes du régime se veulent évidentes et suscitent immanquablement la réflexion.</p>
<p>Bien que <em>1984</em> soit à mon sens plus plaisant en raison de son genre (un roman VS une fable) mais aussi plus marquant par son absence totale d&#8217;issue et donc par sa violence, <em>La ferme des animaux</em> est un récit tout aussi intelligent, qui se distingue par sa capacité d&#8217;éveil et d&#8217;apprentissage. En outre, il déstabilise et irrite par l&#8217;injustice qui en émane. Bref, il produit son petit effet avec beaucoup d&#8217;habileté, ne laissant en aucun cas le lecteur indifférent&#8230;</p>
<p>Satire brève, facile et ludique par les figures animalières qu&#8217;elle met en scène, <em>La ferme de animaux</em> est un classique qui ne laisse rien au hasard et mérite vraiment le détour. Une fable brillante, clairvoyante et instructive à mettre dans les mains des plus jeunes et des moins jeunes pour forcer à la réflexion et renforcer l&#8217;esprit critique !</p>
<p><img class="alignnone" src="http://marecages.be/upload/out/chall/ptbac2012.jpg" alt="" width="150" height="123" /></p>
<p>Ce livre a été lu dans le cadre du<strong> Challenge Petit bac</strong> <strong>2012</strong>, catégorie &laquo;&nbsp;gros mot&nbsp;&raquo; (8/10).</p>
<p><a title="Ce livre sur SensCritique" href="http://www.senscritique.com/livre/la-ferme-des-animaux/473123627282310" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/SC.gif' alt=':SC:' class='wp-smiley' /> </a><a title="Ce livre sur Babelio" href="http://www.babelio.com/livres/Orwell-La-Ferme-des-Animaux/3173" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/BB.gif' alt=':BB:' class='wp-smiley' /> </a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6345" class="footnote">Si vous avez des références bibliographiques accessibles et non rébarbatives à me proposer, je suis preneuse !</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Da Vinci code / Dan Brown</title>
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		<pubDate>Thu, 03 May 2012 19:45:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[** | J'ai toléré]]></category>
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		<description><![CDATA[. . &#171;&#160;Vous êtes une vierge du Graal, ma chère Sophie et, croyez-moi, vous n&#8217;oublierez jamais votre première fois !&#160;&#187; (p. 370) Jacques Saunière, conservateur en chef du Louvre, a été assassiné. Peu de temps avant de mourir d&#8217;une blessure par balle, l&#8217;homme a voulu révéler à sa petite-fille un important secret sur sa famille, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img title="Brown, Dan. Da Vinci code. Pocket, 2005. 744 p." src="http://upload.marecages.be/couv/brodav.gif" alt="" width="100" height="170" /><span style="color: #ffffff;"> .</span> <img title="Howard, Ron. Avec Tom Hanks, Audrey Tautou, Jean Reno, et al. Da Vinci code. USA, 2006." src="http://upload.marecages.be/couv/howdav.gif" alt="" width="100" height="170" /></p>
<p style="text-align: center;"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/5.gif' alt=':5:' class='wp-smiley' />  <span style="color: #ffffff;">.</span> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/4.gif' alt=':4:' class='wp-smiley' /> </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Vous êtes une vierge du Graal, ma chère Sophie et, croyez-moi, vous n&#8217;oublierez jamais votre première fois !&nbsp;&raquo; (p. 370)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/resu.gif' alt=':resu:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Jacques Saunière, conservateur en chef du Louvre, a été assassiné. Peu de temps avant de mourir d&#8217;une blessure par balle, l&#8217;homme a voulu révéler à sa petite-fille un important secret sur sa famille, essaimant dans la galerie où il était enfermé plusieurs indices. Il est retrouvé nu, mains et jambes écartés, un pentagramme dessiné sur le torse, à côté d&#8217;un bien étrange message écrit à même le sol&#8230;</p>
<p>Sophie Neveu, cryptographe à la police judiciaire, entame personnellement le décryptage des codes que lui a laissés son grand-père avec qui elle avait coupé les ponts depuis près de dix ans&#8230; Mais au milieu de ces nombreux indices, Jacques Saunière a inscrit, en guise de post-scriptum, une consigne : retrouver Robert Langdon.</p>
<p>Zébu Fache, l&#8217;inspecteur chargé de l&#8217;enquête, est convaincu que Jacques Saunière, par ce dernier écrit, entendait divulguer à la police l&#8217;identité de son criminel. Sophie Neveu est inversement persuadée qu&#8217;il souhaitait lui indiquer, à elle, &laquo;&nbsp;<span style="text-decoration: underline;">P</span>rincesse <span style="text-decoration: underline;">S</span>ophie&nbsp;&raquo;, une personne capable de l&#8217;aider à déchiffrer son message<sup><a href="http://marecages.be/2012/05/da-vinci-code-dan-brown/#footnote_0_6338" id="identifier_0_6338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Langdon est professeur en symbologie.">1</a></sup>&#8230;</p>
<p>Se fiant à son instinct, Sophie arrache des griffes de Zébu Fache son suspect n°1 pour mieux aller, avec lui, à la rencontre de la solution d&#8217;une solide énigme derrière laquelle se cache&#8230; le Saint Graal !</p>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/avis.gif' alt=':avis:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Ce roman traînait sur l&#8217;étagère depuis près de sept ans. Jamais je ne me suis éveillée avec l&#8217;envie de l&#8217;extraire de là&#8230; Mais je participe au <a href="http://ennalit.canalblog.com/archives/2011/12/01/22628347.html" target="_blank">challenge Petit bac 2012</a> pour lequel Enna nous impose la lecture d&#8217;un livre qui évoque dans son titre une personne connue. Ma PAL m&#8217;offrait deux possibilités : <em>Kafka sur le rivage</em> de Haruki Murakami ou <em>Da Vinci code</em> de Dan Brown. Comme je garde un mauvais souvenir de <a href="http://marecages.be/?p=768" target="_blank"><em>Au sud de la frontière, à l&#8217;ouest du soleil</em></a>, j&#8217;ai préféré opter pour la découverte d&#8217;un best-seller facile d&#8217;accès&#8230; N&#8217;étant toutefois pas amatrice de thrillers ou de romans policiers, j&#8217;ai entamé le <em>Da Vinci code</em> avec une naïveté de débutante : l&#8217;exigence dont j&#8217;ai tendance à faire preuve s&#8217;est faite timide<sup><a href="http://marecages.be/2012/05/da-vinci-code-dan-brown/#footnote_1_6338" id="identifier_1_6338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Oui, enfin, finalement, pas tant que &ccedil;a&amp;#8230;">2</a></sup> parce que je ne savais pas ce que j&#8217;étais en droit d&#8217;attendre de ce genre de livre.</p>
<p>Je me suis donc laissée guider innocemment&#8230; Et je mentirais si je disais que j&#8217;ai tout à fait détesté. Bien sûr, le style est pauvre&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Les Mérovingiens&#8230; les fondateurs de Paris, récita Sophie, qui se rappelait les cours d&#8217;histoire de l&#8217;école.&nbsp;&raquo; (p. 417)<sup><a href="http://marecages.be/2012/05/da-vinci-code-dan-brown/#footnote_2_6338" id="identifier_2_6338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je suis par ailleurs tout &agrave; fait repue de l&amp;#8217;expression &amp;laquo;&amp;nbsp;(main)tenir en joue&amp;nbsp;&amp;raquo; que je pense avoir lue une bonne vingtaine de fois.">3</a></sup></p></blockquote>
<p>&#8230; la psychologie des personnages est dénuée de consistance, l&#8217;histoire est tirée par les cheveux, contient des incohérences<strong></strong> et des inexactitudes épouvantables*<strong></strong>&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Sur le panneau protecteur, six mots à l&#8217;encre violette zébraient le visage de Mona Lisa. [...][:][...] SA CROIX GRAVE L&#8217;HEURE.&nbsp;&raquo;<sup><a href="http://marecages.be/2012/05/da-vinci-code-dan-brown/#footnote_3_6338" id="identifier_3_6338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je ne sais pas ce que vous en dites, mais j&amp;#8217;en compte cinq.">4</a></sup> (p. 198, p. 202)</p></blockquote>
<blockquote><p>* &laquo;&nbsp;- Mais&#8230; attendez&#8230; le mot Sophie comprend <em>six</em> lettres.<br />
Teabing ne se départit pas de son sourire radieux :<br />
- Regardez encore le poème : votre grand-père a écrit &laquo;&nbsp;un vieux mot de sagesse&nbsp;&raquo;.<br />
- Oui ?<br />
Teabing lui fit un clin d&#8217;oeil :<br />
- En grec ancien, la sagesse se dit SOFIA<sup><a href="http://marecages.be/2012/05/da-vinci-code-dan-brown/#footnote_4_6338" id="identifier_4_6338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="S?f?a, comprend un F / &amp;laquo;&amp;nbsp;Phi&amp;nbsp;&amp;raquo; qui n&amp;#8217;a jamais &eacute;t&eacute; transform&eacute; autrement qu&amp;#8217;en &amp;laquo;&amp;nbsp;ph&amp;nbsp;&amp;raquo; &agrave; ma connaissance !">5</a></sup>.&nbsp;&raquo; (p. 523-524)</p></blockquote>
<p>&#8230; l&#8217;auteur enchaîne les stéréotypes, recycle la surprise&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Sophie scrutait le visage de Langdon.<br />
<em>Il plaisante.</em><br />
- Le Saint-Graal ?<br />
Langdon hocha la tête avec le plus grand sérieux.<br />
Exactement. Sangréal signifiait Sang royal, ou Sang sacré. On l’orthographiait aussi San Real, ou San Graal.&nbsp;&raquo; (p. 260)</p></blockquote>
<blockquote><p>Littéralement. Le mot Sangréal est dérivé de SanGraal ou Saint-Graal. Mais, sous sa forme la plus ancienne, le mot était coupé d’une autre façon.Teabing griffonna deux mots sur une feuille de papier, qu’il tendit à Sophie.<br />
Sang Réal<br />
Elle comprit instantanément.<br />
<em>Sang réal signifiait Sang royal.</em><sup><a href="http://marecages.be/2012/05/da-vinci-code-dan-brown/#footnote_5_6338" id="identifier_5_6338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sophie a visiblement la m&eacute;moire courte.">6</a></sup> (p. 392)</p></blockquote>
<p>&#8230; il surévalue la difficulté &#8211; l&#8217;intelligence ! &#8211; de ses énigmes ou caresse le lecteur dans le sens du poil en faisant suer ses héros pendant des pages et des pages sur des devinettes que le lecteur met trente secondes à résoudre&#8230; mais le rythme du livre est soutenu et le roman a le mérite de piquer la curiosité à propos de questions de religions, d&#8217;Histoire, d&#8217;Histoire de l&#8217;art et de symboles auxquelles je n&#8217;aurais peut-être jamais accordé d&#8217;attention sans l&#8217;avoir lu.</p>
<p>Après avoir déversé son pesant de culture<sup><a href="http://marecages.be/2012/05/da-vinci-code-dan-brown/#footnote_6_6338" id="identifier_6_6338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Av&eacute;r&eacute; ou non? Il s&amp;#8217;agit d&amp;#8217;un roman et on se trouve bien en peine de savoir ce qui rel&egrave;ve de l&amp;#8217;imagination ou de la connaissance. Quelles sont les fronti&egrave;res de cette &amp;laquo;&amp;nbsp;th&eacute;orie du complot&amp;nbsp;&amp;raquo;? Dan Brown aurait gagn&eacute; selon moi &agrave; proposer une bibliographie pour aller plus loin. Mais Wikip&eacute;dia se veut &eacute;clairant quant aux nombreux points de controverse dont le livre a fait l&amp;#8217;objet.">7</a></sup> en évoquant le cas de sociétés secrètes ou d&#8217;ordres religieux tels les Francs-Maçons, le Prieuré de Sion, la Rose-Croix, les Templiers, l&#8217;Opus Dei et en s&#8217;intéressant à l&#8217;union de Jésus et Marie-Madeleine, ce roman m&#8217;a paru perdre son souffle progressivement : le best-seller tire en longueur, se fait toujours moins haletant et plus farfelu&#8230;</p>
<p>Quant au film, il ne respecte pas le livre à la lettre, ce qui s&#8217;avère fâcheux pour la compréhension de certains éléments d&#8217;enquête qui restent méconnus des téléspectateurs.<br />
À la place de la flamboyante <del>rousse</del> auburn aux yeux verts que nous décrit Dan Brown, Ron Howard nous impose une Audrey Tautou brune et chétive<sup><a href="http://marecages.be/2012/05/da-vinci-code-dan-brown/#footnote_7_6338" id="identifier_7_6338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="De toute fa&ccedil;on, Audrey Tautou semble avoir sign&eacute; par anticipation tous les contrats de films s&amp;#8217;inspirant de livres &agrave; l&amp;#8217;origine. C&amp;#8217;est comme &ccedil;a, il faut s&amp;#8217;y faire.">8</a></sup> ; à la place d&#8217;un amour filial intense entre un grand-père et sa petite-fille, il nous dépeint une relation chargée de colère et de ressentiment : c&#8217;est triste, car l&#8217;intrigue y perd tout son sens&#8230; L&#8217;adaptation du réalisateur est trop longue, moins palpitante que le livre, élude des passages qui ont leur importance au profit de scènes qui ne méritent pas qu&#8217;on s&#8217;y attarde<sup><a href="http://marecages.be/2012/05/da-vinci-code-dan-brown/#footnote_8_6338" id="identifier_8_6338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le moine Silas qui se flagelle, le parcours final de Langdon jusqu&amp;#8217;au Louvre.">9</a></sup>, mais son film a le mérite de nous épargner &lt;SPOIL&gt;le baiser très prévisible de Sophie et Robert, à la fin&lt;/SPOIL&gt;.</p>
<p>Un roman divertissant dont la clé du succès est vraisemblablement la facilité&#8230; mais qui pèche à de nombreux égards, dont la facilité. En définitive, <em>Da Vinci code</em>, à l&#8217;instar de bon nombre de téléfilms américains, peut s&#8217;avérer plaisant pour autant qu&#8217;on mette son cerveau de côté ! <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p><img class="alignnone" src="http://marecages.be/upload/out/chall/ptbac2012.jpg" alt="" width="150" height="123" /></p>
<p>Ce livre a été lu dans le cadre du<strong> Challenge Petit bac</strong> <strong>2012</strong>, catégorie &laquo;&nbsp;personne célèbre&nbsp;&raquo; (7/10).</p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">NB : Pour cause de souci technique non élucidé, il demeure impossible de commenter cet article si vous employez Internet Explorer comme navigateur.</span></strong></p>
<p><a title="Ce livre sur SensCritique" href="http://www.senscritique.com/livre/da-vinci-code/2171273790501424" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/SC.gif' alt=':SC:' class='wp-smiley' /> </a><a title="Ce livre sur Babelio" href="http://www.babelio.com/livres/Brown-Da-Vinci-Code/4395" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/BB.gif' alt=':BB:' class='wp-smiley' /> </a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6338" class="footnote">Robert Langdon est professeur en symbologie.</li><li id="footnote_1_6338" class="footnote">Oui, enfin, finalement, pas tant que ça&#8230;</li><li id="footnote_2_6338" class="footnote">Je suis par ailleurs tout à fait repue de l&#8217;expression &laquo;&nbsp;(main)tenir en joue&nbsp;&raquo; que je pense avoir lue une bonne vingtaine de fois.</li><li id="footnote_3_6338" class="footnote">Je ne sais pas ce que vous en dites, mais j&#8217;en compte cinq.</li><li id="footnote_4_6338" class="footnote">S?f?a, comprend un F / &laquo;&nbsp;Phi&nbsp;&raquo; qui n&#8217;a jamais été transformé autrement qu&#8217;en &laquo;&nbsp;ph&nbsp;&raquo; à ma connaissance !</li><li id="footnote_5_6338" class="footnote">Sophie a visiblement la mémoire courte.</li><li id="footnote_6_6338" class="footnote">Avéré ou non? Il s&#8217;agit d&#8217;un roman et on se trouve bien en peine de savoir ce qui relève de l&#8217;imagination ou de la connaissance. Quelles sont les frontières de cette &laquo;&nbsp;théorie du complot&nbsp;&raquo;? Dan Brown aurait gagné selon moi à proposer une bibliographie pour aller plus loin. Mais Wikipédia se veut éclairant quant aux nombreux <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Da_Vinci_Code#Controverses" target="_blank">points de controverse</a> dont le livre a fait l&#8217;objet.</li><li id="footnote_7_6338" class="footnote">De toute façon, Audrey Tautou semble avoir signé par anticipation tous les contrats de films s&#8217;inspirant de livres à l&#8217;origine. C&#8217;est comme ça, il faut s&#8217;y faire.</li><li id="footnote_8_6338" class="footnote">Le moine Silas qui se flagelle, le parcours final de Langdon jusqu&#8217;au Louvre.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Tout est dans la tête / Alastair Campbell</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Apr 2012 19:31:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[** | J'ai toléré]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[adultère]]></category>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Qui donc les psychiatres allaient-ils voir quand ils sentaient leur cervelle flancher ?&#160;&#187; (p. 211) Ce roman se décline sur quatre jours. Le vendredi, Martin Sturrock, psychiatre, reçoit ses patients. Ainsi, on découvre l&#8217;histoire de David Temple, dépressif de haut niveau ; d&#8217;Emily Parks qui ne supporte plus ni son image ni ses conditions de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full  aligncenter" title="Campbell, Alastair. Tout est dans la tête. Albin Michel, 2009. 362 p." src="http://upload.marecages.be/couv/camtou.gif" alt="" width="100" /></p>
<p style="text-align: center;"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/5.gif' alt=':5:' class='wp-smiley' /> </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Qui donc les psychiatres allaient-ils voir quand ils sentaient leur cervelle flancher ?&nbsp;&raquo; (p. 211)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/resu.gif' alt=':resu:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Ce roman se décline sur quatre jours. Le vendredi, Martin Sturrock, psychiatre, reçoit ses patients. Ainsi, on découvre l&#8217;histoire de David Temple, dépressif de haut niveau ; d&#8217;Emily Parks qui ne supporte plus ni son image ni ses conditions de vie depuis qu&#8217;elle a été brûlée au quatrième ou cinquième degré ; d&#8217;Arta Mehmeti, une réfugiée qui s&#8217;est fait violer chez elle tandis que sa petite fille était retenue dans la pièce d&#8217;à côté, et qui ne connaît depuis lors que des nuits sans repos ; de Matthew Noble, taxé de dépendant sexuel par sa femme Celia après qu&#8217;elle ait découvert ses humeurs volages ; de Hafsatu Sesay, une prostituée mal dans sa peau, et de Ralph Hall, ministre de la santé souffrant d&#8217;un alcoolisme enclin à ravager les fondations de son existence&#8230;</p>
<p>Ce vendredi &#8211; amorcé dès le matin par l&#8217;annonce du décès de sa tante Jessica dont il doit rédiger à contrecœur l&#8217;éloge funèbre &#8211; se détériore d&#8217;heure en heure pour Martin Sturrock. Voyant repartir ses patients tantôt fâchés, tantôt impassibles, le docteur, impuissant, sent progressivement son énergie le déserter&#8230; Tel le cordonnier mal chaussé, ce psychiatre ne mène pas une vie de famille tranquille et sans heurts. Aussi, les personnes de son entourage sont loin de se douter que la solitude le dévore et qu&#8217;il devient, comme une partie de sa clientèle, peu à peu la proie d&#8217;une grave dépression&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Tous ces gens, c&#8217;était comme une famille pour lui, sa famille, il en avait la charge, et il n&#8217;y en avait aucun qu&#8217;il ait bien servi.&nbsp;&raquo; (p. 318)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/avis.gif' alt=':avis:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Les critiques très optimistes d&#8217;<a href="http://desmotsetdesnotes.over-blog.com/article-102231178.html" target="_blank">Anne</a> et <a href="http://www.chaplum.com/tout-est-dans-la-tete-de-alastair-campbell-6250" target="_blank">Manu</a> au sujet de ce livre m&#8217;ont donné très envie de le découvrir&#8230; Toutefois, mon enthousiasme est loin d&#8217;avoir rencontré le leur.</p>
<p>Amatrice de romans où la psychologie des personnages est finement étudiée, j&#8217;imaginais trouver ici matière à passer un agréable moment. Or, je ne suis pas parvenue à éprouver d&#8217;attachement à l&#8217;égard des protagonistes, sans doute en raison de leur nombre, de la furtivité des chapitres où il est permis au lecteur de faire leur connaissance, et de leur absence de lien<sup><a href="http://marecages.be/2012/04/tout-est-dans-la-tete-alastair-campbell/#footnote_0_6335" id="identifier_0_6335" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Si ce n&amp;#8217;est Sturrock.">1</a></sup> les uns avec les autres.</p>
<p>Étonnamment, celui pour qui j&#8217;ai peut-être éprouvé le moins d&#8217;empathie fut le psychiatre, dont le mental m&#8217;agaçait déjà dès les premières pages.<br />
Après avoir vécu un quotidien aux côtés d&#8217;une personne souffrant de dépression, je n&#8217;étais peut-être tout simplement pas disposée à revivre ça. Peut-être aurais-je voulu que l&#8217;auteur me conduise de façon irréaliste à éprouver une compassion naturelle à l&#8217;égard de son personnage principal. Et pourtant, je crois que ce qui m&#8217;a vraiment posé problème, c&#8217;est qu&#8217;il ne creuse pas assez loin : bien qu&#8217;Alastair Campbell ait manifestement lui-même souffert de cette maladie, il m&#8217;a semblé qu&#8217;il prenait des raccourcis regrettables en préférant se répéter plutôt que d&#8217;épaissir l&#8217;enfer de la dépression ponctuellement.</p>
<p>En dépit de certains passages perspicaces et plaisamment formulés, <em>Tout est dans la tête</em> est un roman dont j&#8217;attendais davantage de profondeur ou d&#8217;intimisme, ce qu&#8217;à regret je n&#8217;ai pas le sentiment d&#8217;avoir trouvé.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Il y a des moments, dans notre vie, où nous avons l&#8217;impression de compter plus que les autres. [...] Mais à n&#8217;importe quel moment de notre vie, si je mourais, si vous mouriez, le monde continuerait sans vous. Il n&#8217;y a aucune place sur terre qui ne pourrait pas être occupée par d&#8217;autres demain.&nbsp;&raquo; (p. 310)</p></blockquote>
<p>Offrant une fin ô combien prévisible et un style impropre à me charmer, ce livre que j&#8217;ai mis, faute de satisfaction, près de quinze jours à terminer m&#8217;a, vous l&#8217;aurez compris, assez peu convaincue&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Mais lorsque, la veille, il avait senti Celia s&#8217;approcher tout doucement de lui, qu&#8217;il avait senti sa cuisse contre la sienne et ses bras autour de ses épaules, il aurait été mesquin de montrer autre chose que de la <strong>surprise</strong> et du <strong>plaisir</strong>. Elle l&#8217;avait fait rouler sur le dos, position dans laquelle il était resté puisque, là encore, elle prenait visiblement <strong>plaisir</strong> à être aux commandes. C&#8217;était peut-être la <strong>surprise</strong> et le <strong>plaisir</strong> de savoir que son mariage reprenait une sorte de service normal qui l&#8217;avait conduit à jouir beaucoup trop tôt.&nbsp;&raquo; (p. 154)</p></blockquote>
<p><img class="alignnone" src="http://upload.marecages.be/out/chall/challpsy.png" alt="" width="105" height="139" /></p>
<p>Ce livre a été lu dans le cadre du <strong>Challenge Psy</strong> (4/4).</p>
<p><a title="Ce livre sur SensCritique" href="http://www.senscritique.com/livre/tout-est-dans-la-tete/42112405260230" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/SC.gif' alt=':SC:' class='wp-smiley' /> </a><a title="Ce livre sur Babelio" href="http://www.babelio.com/livres/Campbell-Tout-est-dans-la-tete/127244" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/BB.gif' alt=':BB:' class='wp-smiley' /> </a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6335" class="footnote">Si ce n&#8217;est Sturrock.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Les oreilles de Buster / Maria Ernestam</title>
		<link>http://marecages.be/2012/04/les-oreilles-de-buster-maria-ernestam/</link>
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		<pubDate>Sat, 14 Apr 2012 22:14:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[**** | J'ai savouré]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[maternité]]></category>
		<category><![CDATA[meurtre]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[relation parents-enfants]]></category>
		<category><![CDATA[souffrance]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;[...] mon cheminement vers le but ultime, tuer pour ne pas être tuée.&#160;&#187; (p. 111) Eva mène une vie ordonnée mais sans éclat. Elle partage un quotidien serein avec Sven, son compagnon, cultive passionnément ses rosiers, s&#8217;inquiète pour sa fille Suzanne qui est en instance de divorce, et veille régulièrement sur Irène, une vieille dame [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full  aligncenter" title="Ernestam, Maria. Les oreilles de Buster. Gaïa, 2011. 409 p." src="http://upload.marecages.be/couv/ernore.gif" alt="" width="100" /></p>
<p style="text-align: center;"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/8.gif' alt=':8:' class='wp-smiley' /> </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;[...] mon cheminement vers le but ultime, tuer pour ne pas être tuée.&nbsp;&raquo; (p. 111)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/resu.gif' alt=':resu:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Eva mène une vie ordonnée mais sans éclat. Elle partage un quotidien serein avec Sven, son compagnon, cultive passionnément ses rosiers, s&#8217;inquiète pour sa fille Suzanne qui est en instance de divorce, et veille régulièrement sur Irène, une vieille dame ingrate et colérique&#8230;</p>
<p>A l&#8217;occasion de ses cinquante-six ans, Eva reçoit de sa petite-fille un carnet de poésie. Si ce cadeau semble insolite aux adultes, il s&#8217;impose pourtant à Eva comme une évidence. Elle se met effectivement à en noircir les pages chaque nuit pour mieux se délester d&#8217;une charge émotionnelle qu&#8217;elle traîne depuis de trop nombreuses années&#8230;</p>
<p>Les premières lignes qu&#8217;elle inscrit dans son carnet divulguent sans préalable son pesant secret&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;J&#8217;avais sept ans quand j&#8217;ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j&#8217;ai finalement mis mon projet à exécution.&nbsp;&raquo; (p. 11)</p></blockquote>
<p>&#8230; Reste à savoir pourquoi ce matricide a eu lieu. Dans ce roman qui se présente sous la forme d&#8217;un journal intime, Eva se révèle doucement, déversant progressivement son passé, son présent, ses émois, ses souffrances&#8230;</p>
<p>A mesure que les souvenirs refont surface, la narratrice dévoile peu à peu l&#8217;enfer de sa relation avec une mère égoïste, superficielle, jalouse, instable, capricieuse et incommensurablement cruelle envers les siens. Elle relate aussi de quelle manière elle a forgé sa carapace pour mieux se préserver d&#8217;elle.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;[...] mais au lieu d&#8217;être extravertie, j&#8217;étais grave et silencieuse &#8211; un trait de caractère indéfendable, car les enfants de ma mère auraient dû être colorés, gais et vifs comme un sac Kelly, pour constituer un accessoire digne d&#8217;elle.&nbsp;&raquo; (p. 30)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/avis.gif' alt=':avis:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>J&#8217;ai pris connaissance de l&#8217;existence de ce roman grâce à <a href="http://monbaratin.blogspot.com/2012/01/les-oreilles-de-buster-maria-ernestam.html" target="_blank">Lily</a>. Le contenu des <em>Oreilles de Buster</em> et ses apparentes qualités se sont aussitôt révélés si alléchants que j&#8217;ai eu envie de me le procurer sur-le-champ.</p>
<p>Il m&#8217;a fallu très peu de temps pour rentrer dans ce livre et pourtant, j&#8217;ai craint de le mésestimer dès que le portrait de la mère d&#8217;Eva a été amorcé : son machiavélisme me paraissait caricatural et improbable. Toutefois, <a href="http://croqlivres.canalblog.com/archives/2012/04/09/23673618.html" target="_blank">Miss Alfie</a> m&#8217;a conseillé de me laisser porter, et elle ne pouvait pas me donner de plus judicieux conseil. Dès lors que je suis parvenue à admettre l&#8217;inclination romanesque de ce récit<sup><a href="http://marecages.be/2012/04/les-oreilles-de-buster-maria-ernestam/#footnote_0_6267" id="identifier_0_6267" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Terre &agrave; terre, il m&amp;#8217;arrive d&amp;#8217;&eacute;prouver de grandes difficult&eacute;s pour faire abstraction des &eacute;l&eacute;ments invraisemblables ou douteux. Dans ce genre de cas, il est tr&egrave;s fr&eacute;quent que le roman fasse chez moi l&amp;#8217;objet d&amp;#8217;une d&eacute;pr&eacute;ciation fulgurante.">1</a></sup>, j&#8217;ai enfin pu lâcher prise et m&#8217;imprégner des confidences d&#8217;Eva sans leur opposer de résistance.</p>
<p>La narratrice m&#8217;a fascinée par sa complexité psychologique, son ambivalence. Comme les roses, elle renferme une beauté sauvage et piquante pour tout qui s&#8217;approche d&#8217;un peu trop près&#8230; Forte et fragile à la fois, elle dégage quelque chose de brut (voire de &laquo;&nbsp;pur&nbsp;&raquo;, en dépit de son immoralité) et de touchant. Eva prend vie entre les lignes au point qu&#8217;on en oublie qu&#8217;elle n&#8217;est que le fruit de l&#8217;imagination d&#8217;un auteur&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Quel est le goût de l&#8217;effroi ? L&#8217;odeur de la peur ? La sensation d&#8217;une chute sans fin ? Qu&#8217;advient-il des larmes qui ne quittent pas le corps ? Nappent-elles de givre ses parois internes, de manière à ce que les organes gèlent et finissent par s&#8217;arrêter, sombrant lentement dans l&#8217;ultime repos ? Où finissent les mots qui traversent l&#8217;esprit sans être prononcés ? Existe-t-il un dépôt où s&#8217;entassent les souhaits inexprimés ? Peut-on respirer une fois de trop ?&nbsp;&raquo; (p. 321)</p></blockquote>
<p>Ce roman retrace la progression d&#8217;un printemps intérieur. L&#8217;écriture provoque en effet pour Eva l&#8217;éveil d&#8217;une sensibilité paralysée depuis l&#8217;adolescence. Fluide et poétique, sa plume donne vie à une atmosphère subjuguante et fleurie même dans les moments les plus dérangeants.</p>
<p>Tout est savoureux, dans ce roman. L&#8217;écriture est pleine de finesse ; la construction, originale ; le suspense, impeccablement maîtrisé ; les personnages sont attachants&#8230; On y trouve de justes réflexions sur la violence psychologique, la construction de soi, la maternité et la relation parents-enfants, ainsi qu&#8217;une vision du monde déroutante, une nostalgie qui tend à faire jaillir les larmes, des injustices et une tension qui rendent fou, un fatalisme rude mais émouvant&#8230; Je pourrais vanter ses mérites sur des pages et des pages si les mots ne me manquaient pas, comme à chaque fois que j&#8217;ai un coup de cœur.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Il vaut mieux couler certaines vérités avec un poids considérable ficelé aux pieds, pour que leurs tristes dépouilles ne refassent jamais surface.&nbsp;&raquo; (p. 398)&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p>J&#8217;ai dévoré ce livre avec avidité, et je pense qu&#8217;il me poursuivra longtemps&#8230; Remarquable, je vous conseille de le découvrir de toute urgence !</p>
<p><img class="alignnone" src="http://marecages.be/upload/out/chall/ptbac2012.jpg" alt="" width="150" height="123" /></p>
<p>Ce livre a été lu dans le cadre du<strong> Challenge Petit bac</strong> <strong>2012</strong>, catégorie &laquo;&nbsp;partie du corps&nbsp;&raquo; (6/10).</p>
<p><a title="Ce livre sur SensCritique" href="http://www.senscritique.com/livre/les-oreilles-de-buster/8421307832722630" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/SC.gif' alt=':SC:' class='wp-smiley' /> </a><a title="Ce livre sur Babelio" href="http://www.babelio.com/livres/Ernestam-Les-oreilles-de-Buster/279959" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/BB.gif' alt=':BB:' class='wp-smiley' />  </a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6267" class="footnote">Terre à terre, il m&#8217;arrive d&#8217;éprouver de grandes difficultés pour faire abstraction des éléments invraisemblables ou douteux. Dans ce genre de cas, il est très fréquent que le roman fasse chez moi l&#8217;objet d&#8217;une dépréciation fulgurante.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Le maître des illusions / Donna Tartt</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Apr 2012 16:39:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[** | J'ai toléré]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[alcoolisme]]></category>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Nous n&#8217;aimons pas le reconnaître, mais l&#8217;idée de perdre le contrôle est quelque chose qui fascine plus que tout [...]. (p. 61) Richard Papen, un jeune Californien mal dans sa peau, rejoint l&#8217;université de Hampden, dans le Vermont, pour mieux fuir les tensions familiales. Installé là-bas, il envisage des études classiques mais il est très [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full  aligncenter" title="Tartt, Donna. Le maître des illusions. Pocket, 2011 [1992]. 705 p." src="http://upload.marecages.be/couv/tarmai.gif" alt="" width="100" /></p>
<p style="text-align: center;"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/5.gif' alt=':5:' class='wp-smiley' /> </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Nous n&#8217;aimons pas le reconnaître, mais l&#8217;idée de perdre le contrôle est quelque chose qui fascine plus que tout [...]. (p. 61)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/resu.gif' alt=':resu:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Richard Papen, un jeune Californien mal dans sa peau, rejoint l&#8217;université de Hampden, dans le Vermont, pour mieux fuir les tensions familiales.</p>
<p>Installé là-bas, il envisage des études classiques mais il est très vite averti des pratiques élitistes/subversives de Julian Morrow &#8211; l&#8217;unique professeur désigné pour l&#8217;enseignement du grec et du latin &#8211; et du comportement exclusif de ses cinq étudiants&#8230;</p>
<p>Non sans effort, Richard que la curiosité a piqué, parvient à s&#8217;inscrire à ce cours très privé et à se faire accepter dans le groupe, faisant fi des mises en garde du conseiller pédagogique&#8230;</p>
<p>Bien qu&#8217;intégré dans sa nouvelle sphère, Richard perçoit sensiblement que ses condisciples entretiennent une part de mystère et s&#8217;affairent derrière son dos&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;[...] je voulais maintenir l&#8217;illusion qu&#8217;ils étaient d&#8217;une parfaite franchise avec moi, que nous étions amis, qu&#8217;il n&#8217;y avait pas de secrets entre nous, alors qu&#8217;en vérité il existait beaucoup de choses dont ils ne me parlaient pas et ne me parleraient pas de longtemps.&nbsp;&raquo; (p. 125)</p></blockquote>
<p>Le lecteur sait cependant à quoi s&#8217;en tenir car, comme le lui a appris prologue, l&#8217;intrigue court vers l&#8217;assassinat de l&#8217;un d&#8217;eux, attendu à mi-roman.</p>
<p>Le meurtre et ses causes se profilent lentement, tandis que grandissent au fil des pages l&#8217;anxiété et la folie des protagonistes, voués à souffrir ensuite d&#8217;une dévorante culpabilité&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Je ne faisais rien de mal, mais il me semblait que j&#8217;étais en quelque sorte dans la clandestinité, que j&#8217;avais une vie secrète qui, si agréable qu&#8217;elle fût, devait tôt ou tard me rattraper.&nbsp;&raquo; (p. 543)</p></blockquote>
<p><em>Le maître des illusions</em> raconte l&#8217;histoire d&#8217;un groupe singulier d&#8217;étudiants aux personnalités complexes, aux modes de vie décalés, et aux rapports infiniment nébuleux.</p>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/avis.gif' alt=':avis:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>J&#8217;avais apprécié <em>Moi, Charlotte Simmons</em> de Tom Wolfe, j&#8217;ai donc pensé que ce roman, similaire par son contexte (la vie universitaire), pourrait me plaire<sup><a href="http://marecages.be/2012/04/le-maitre-des-illusions-donna-tartt/#footnote_0_6252" id="identifier_0_6252" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="N&eacute;anmoins, le lecteur du Ma&icirc;tre des illusions est loin de Charlotte Simmons et de son univers en raison du d&eacute;tachement de cette sph&egrave;re atypique (Julian Moore et ses prot&eacute;g&eacute;s) que rejoint le narrateur, Richard Papen. Si la d&eacute;pravation est pr&eacute;sente, elle n&amp;#8217;est pas la cause d&amp;#8217;une futilit&eacute; triomphante comme dans le roman de Wolfe, mais d&amp;#8217;une responsabilit&eacute; obs&eacute;dante &amp;#8211; un meurtre &amp;#8211; qui tiraille et gangr&egrave;ne les protagonistes&amp;#8230;">1</a></sup>. Cette lecture m&#8217;a cependant laissé une impression très mitigée.</p>
<p>J&#8217;ai adoré la première partie du récit, envoûtante au point que j&#8217;en suis devenue asociale dans les trajets en bus où j&#8217;étais accompagnée<sup><a href="http://marecages.be/2012/04/le-maitre-des-illusions-donna-tartt/#footnote_1_6252" id="identifier_1_6252" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Hein, Louise?   ">2</a></sup>&#8230;</p>
<p>Donna Tartt y campe avec brio le tempérament de ses personnages. Elle intrigue par leur étrangeté, leurs secrets et leurs manipulations psychologiques. Il règne dans ce livre un climat malsain, une ambiance fiévreuse et décadente qui se veut doucement hypnotisante&#8230;</p>
<blockquote><p>« La forêt était immobile comme la mort, plus sinistre que jamais – verte et noire, stagnante, assombrie par une odeur de pourriture et de boue. Il n’y avait pas de vent, pas un oiseau ne chantait, pas une feuille ne bougeait. Les fleurs de cornouiller étaient en suspens, blanches et surréelles dans un ciel qui noircissait, figées dans la lourdeur de l’air. » (p. 343-344)</p></blockquote>
<p>Dès lors que l&#8217;étudiant a trouvé la mort (seconde partie), le roman m&#8217;a cependant paru s&#8217;enliser crescendo.</p>
<p>L&#8217;auteure m&#8217;a donné l&#8217;impression de s&#8217;acharner à préserver le mystère coûte que coûte, quitte à créer de nouvelles ambiguïtés, inutiles à mon sens. Les secrets devenus artificiels, le roman m&#8217;a semblé perdre toute sa saveur. L&#8217;intrigue, ralentie, s&#8217;alourdit de détails insignifiants et de longueurs épouvantables pour mieux s&#8217;embourber avec ses personnages de façon irrémédiable.</p>
<p>En outre, de nombreuses coquilles desservent le roman (nombre de &laquo;&nbsp;tu&nbsp;&raquo; dont le verbe qui suit figure sans &laquo;&nbsp;s&nbsp;&raquo;), et sa traduction est rendue boiteuse par endroits (<em>Menu bonheur</em> de chez Mc Donald&#8217;s, <em>Isram, isramiens, </em>chah<em> isramien</em> (à toutes les sauces : mais qu&#8217;est ce que c&#8217;est?), un <em>gâteau à la crème de fromage</em> pour un cheese cake, et j&#8217;en passe).</p>
<p>J&#8217;ai terminé ce livre sans curiosité, et l&#8217;ai refermé en songeant que j&#8217;avais royalement perdu mon temps&#8230; C&#8217;est fort dommage, il me conquérait encore à la page 350 !</p>
<p><a title="Ce livre sur SensCritique" href="http://www.senscritique.com/livre/le-maitre-des-illusions/51012367681490" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/SC.gif' alt=':SC:' class='wp-smiley' /> </a><a title="Ce livre sur Babelio" href="http://www.babelio.com/livres/Tartt-Le-Maitre-des-illusions/5960" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/BB.gif' alt=':BB:' class='wp-smiley' /> </a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6252" class="footnote">Néanmoins, le lecteur du<em> Maître des illusions</em> est loin de Charlotte Simmons et de son univers en raison du détachement de cette sphère atypique (Julian Moore et ses protégés) que rejoint le narrateur, Richard Papen. Si la dépravation est présente, elle n&#8217;est pas la cause d&#8217;une futilité triomphante comme dans le roman de Wolfe, mais d&#8217;une responsabilité obsédante &#8211; un meurtre &#8211; qui tiraille et gangrène les protagonistes&#8230;</li><li id="footnote_1_6252" class="footnote">Hein, Louise? <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' />  </li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>La voleuse de livres / Markus Zusak</title>
		<link>http://marecages.be/2012/03/la-voleuse-de-livres-markus-zusak/</link>
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		<pubDate>Fri, 23 Mar 2012 22:24:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[*** | J'ai apprécié]]></category>
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		<category><![CDATA[nazisme]]></category>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Vous me direz que je [la Mort] fais mes tournées de toute façon, quelle que soit l&#8217;année, mais parfois l&#8217;espèce humaine aime accélérer les choses.&#160;&#187; (p. 356) Le roman s&#8217;ouvre sur une Allemagne âpre et hostile : nous sommes en 1939, Adolf Hitler arbore déjà le titre de Führer&#8230; Au cœur de Munich, Liesel Meminger, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full  aligncenter" title="Zusak, Markus. La voleuse de livres. Pocket, 2008. 633 p." src="http://upload.marecages.be/couv/zusvol.jpg" alt="" width="100" /></p>
<p style="text-align: center;"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/7.gif' alt=':7:' class='wp-smiley' /> </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Vous me direz que je [la Mort] fais mes tournées de toute façon, quelle que soit l&#8217;année, mais parfois l&#8217;espèce humaine aime accélérer les choses.&nbsp;&raquo; (p. 356)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/resu.gif' alt=':resu:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Le roman s&#8217;ouvre sur une Allemagne âpre et hostile : nous sommes en 1939, Adolf Hitler arbore déjà le titre de Führer&#8230;</p>
<p>Au cœur de Munich, Liesel Meminger, une petite Allemande âgée de neuf ans, voit son jeune frère mourir devant elle et est ensuite arrachée à sa mère. Entre les deux, un livre ramassé marquera pour la fillette le dernier vestige de son enfance subitement fauchée.</p>
<p>Liesel rejoint la ville de Molching où elle est accueillie par ses parents nourriciers, Rosa et Hans Hubermann. Les relations entre l&#8217;enfant et Rosa ne sont pas simples au départ, mais Hans, attentif et généreux, apporte sur-le-champ à Liesel le réconfort dont elle a besoin.</p>
<p>Devenue confiante, cette dernière relate à son père adoptif ses mésaventures. Bien qu&#8217;incertain en lecture, Hans lui apprend à lire pour découvrir le contenu de l&#8217;ouvrage cueilli précédemment, qui rappelle à la fillette sa vie d&#8217;avant&#8230;</p>
<p>Les mots deviennent peu à peu pour Liesel une passion et un moyen de subsister&#8230; Mais au sein de l&#8217;Allemagne nazie, c&#8217;est une forme de résistance que de lire autre chose que <em>Mein Kampf</em>, que de récolter sous les flammes les ouvrages en train de se consumer et de multiplier sous d&#8217;autres formes les larcins de papier&#8230;</p>
<p><em>La voleuse de livres</em> raconte le parcours de Liesel Meminger : sa relation avec les Hubermann, avec son fidèle ami Rudy Steiner, avec ses voisins, et son ami défendu : Max Vandenburg, le Juif au cœur tendre que les parents nourriciers de Liesel cacheront dans leur sous-sol durant de longs mois&#8230;</p>
<p>Cette fable pour adolescents raconte la lutte fragile d&#8217;une toute jeune fille contre la répression, la discrimination et l&#8217;inhumanité.</p>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/avis.gif' alt=':avis:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Ce roman m&#8217;a été chaudement recommandé par deux amies. Comme il s&#8217;agissait non seulement d&#8217;un livre qui s&#8217;épanchait sur la seconde guerre mondiale &#8211; un de plus&#8230; &#8211; et qu&#8217;il était de surcroît destiné aux adolescents, je n&#8217;étais pas tout à fait sûre qu&#8217;il puisse me plaire&#8230;<sup><a href="http://marecages.be/2012/03/la-voleuse-de-livres-markus-zusak/#footnote_0_6203" id="identifier_0_6203" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Accessoirement, je lui reprochais aussi son emballage commercial : sa couverture, son titre, son slogan, pas &agrave; mon go&ucirc;t du tout.">1</a></sup></p>
<p>L&#8217;immersion au cœur de cette histoire m&#8217;a donné du fil à retordre. Le texte est parsemé de brèves notes en gras qui scandent le rythme et m&#8217;ont rappelé les mielleuses annotations et parenthèses de David Foenkinos dans son roman <a href="http://marecages.be/?p=3515" target="_blank"><em>La délicatesse</em></a><sup><a href="http://marecages.be/2012/03/la-voleuse-de-livres-markus-zusak/#footnote_1_6203" id="identifier_1_6203" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Rien ne pouvait me faire plus peur que me rappeler ce roman-l&agrave; : j&amp;#8217;ai refait le calcul r&eacute;cemment, La d&eacute;licatesse se dispute ind&eacute;niablement le podium destin&eacute; aux livres que j&amp;#8217;ai le moins aim&eacute;s aux c&ocirc;t&eacute;s de 99 francs de Fr&eacute;d&eacute;ric Beigbeder et de Au bon roman de Laurence Coss&eacute;.">2</a></sup>&#8230; Ensuite, les tics langagiers (<em>Saumensch</em>, <em>Saukerl</em>, Jésus Marie Joseph&#8230;) ont eu tendance à légèrement m&#8217;agacer. Enfin, l&#8217;auteur emploie nombre de fois des mots allemands suivis de leur traduction française, ainsi que des néologismes formés sur base de mots allemands que j&#8217;ai trouvés esthétiquement très désagréables&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Cette après-midi-là, ils retournèrent au bazar de Frau Diller, &laquo;&nbsp;<em>Heil Hitler</em>èrent&nbsp;&raquo; et attendirent.<br />
&laquo;&nbsp;Encore un assortiment de bonbons ?&nbsp;&raquo; <em>schmunz</em>ela-t-elle. Ils répondirent par un hochement de tête affirmatif.&nbsp;&raquo; (p. 197)</p></blockquote>
<p>Si <em>La voleuse de livres</em> clame tout au long du roman la beauté des mots, ce n&#8217;est pourtant pas le style de l&#8217;auteur qui m&#8217;a conquise&#8230;</p>
<p>A la 150e page, j&#8217;ai failli avorter la lecture de ce roman, mais j&#8217;ai eu l&#8217;occasion d&#8217;échanger quelques mots à son propos avec une parente dont les goûts littéraires sont fort proches des miens. Elle l&#8217;avait lu, elle avait failli aussi l&#8217;abandonner, mais il fallait attendre l&#8217;apparition de Max (le Juif) qui rendrait le récit plus prenant. Et en effet, le livre a commencé à me captiver dès l&#8217;apparition de celui-ci !</p>
<p>Il m&#8217;a donc fallu atteindre le tiers de <em>La voleuse de livres</em> pour percevoir ses qualités et me surprendre aussi à ne plus avoir envie de le lâcher.</p>
<p>Voici donc ce que j&#8217;ai fini par lui trouver de positif : Markus Zusak a rendu le livre léger dans la gravité, et tendre et drôle en dépit du climat malsain qui règne tout autour. Ses personnages sont très attachants. Ce roman est poétique, notamment grâce à l&#8217;évocation constante de la couleur des cieux&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Par la fenêtre, à travers le brouillard et le gel, ils pouvaient voir des rais de lumière rose sur les toits enneigés de la rue Himmel.<br />
&laquo;&nbsp;Regarde les couleurs&nbsp;&raquo;, dit Papa. Comment ne pas aimer un homme qui non seulement remarque les couleurs, mais en parle?&nbsp;&raquo; (p. 104)</p></blockquote>
<p>Il revêt aussi un côté original par le choix du narrateur, car c&#8217;est la Mort en personne qui nous relate l&#8217;histoire de Liesel et de ses proches. Une mort affable et sensée qui constate sobrement la bêtise des Hommes et qui n&#8217;a rien de cette terrible faucheuse que porte leur imagination&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;En conséquence, je trouve toujours des humains au meilleur et au pire d&#8217;eux-mêmes. Je vois leur beauté et leur laideur, et je me demande comment une même chose peut réunir l&#8217;une et l&#8217;autre. Reste que je les envie sur un point. Les humains ont au moins l&#8217;intelligence de mourir.&nbsp;&raquo; (p. 566)</p></blockquote>
<p>Comme l&#8217;a très justement affirmé <a href="http://www.chaplum.com/la-voleuse-de-livres-de-marcus-zusak-300" target="_blank">Manu</a>, même si ce livre est romancé, il donne par ailleurs un bon aperçu de la réalité vécue par les Allemands sous le régime nazi.</p>
<p>En somme, <em>La voleuse de livres</em> arbore des caractéristiques un brin abruptes au départ, mais qui se laissent oublier tant le récit s&#8217;annonce finalement plein de charme, de douceur, d&#8217;émotion, et d&#8217;ironie aussi&#8230;</p>
<p>Une jolie découverte !<sup><a href="http://marecages.be/2012/03/la-voleuse-de-livres-markus-zusak/#footnote_2_6203" id="identifier_2_6203" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Merci &agrave; Lalou et Julie&amp;#8217;tte de m&amp;#8217;avoir pouss&eacute;e &agrave; lire cette histoire. Je fais la dure, mais j&amp;#8217;ai quand m&ecirc;me vers&eacute; une larmichette &agrave; la fin, hein !   ">3</a></sup></p>
<p><img class="alignnone" src="http://marecages.be/upload/out/chall/ptbac2012.jpg" alt="" width="150" height="123" /></p>
<p>Ce livre a été lu dans le cadre du<strong> Challenge Petit bac</strong> <strong>2012</strong>, catégorie « objet » (5/10).</p>
<p><a title="Ce livre sur SensCritique" href="http://www.senscritique.com/livre/la-voleuse-de-livres/98123671135500" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/SC.gif' alt=':SC:' class='wp-smiley' /> </a><a title="Ce livre sur Babelio" href="http://www.babelio.com/livres/Zusak-La-Voleuse-de-livres/3415" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/BB.gif' alt=':BB:' class='wp-smiley' /> </a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6203" class="footnote">Accessoirement, je lui reprochais aussi son emballage commercial : sa couverture, son titre, son slogan, pas à mon goût du tout.</li><li id="footnote_1_6203" class="footnote">Rien ne pouvait me faire plus peur que me rappeler ce roman-là : j&#8217;ai refait le calcul récemment, <em>La délicatesse</em> se dispute indéniablement le podium destiné aux livres que j&#8217;ai le moins aimés aux côtés de <em>99 francs</em> de Frédéric Beigbeder et de <a href="http://marecages.be/?p=2149" target="_blank"><em>Au bon roman</em></a> de Laurence Cossé.</li><li id="footnote_2_6203" class="footnote">Merci à <a href="http://expressionite-aigue.be/?p=706" target="_blank">Lalou</a> et Julie&#8217;tte de m&#8217;avoir poussée à lire cette histoire. Je fais la dure, mais j&#8217;ai quand même versé une larmichette à la fin, hein ! <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' />  </li></ol>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Nagasaki / Eric Faye</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Mar 2012 08:22:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[** | J'ai toléré]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[fait divers]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[solitude]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;[...] à la vue du frigo, mes inquiétudes de la veille se sont réveillées en sursaut.&#160;&#187; (p. 12) Shimura Kōbō, climatologue quinquagénaire, vit normalement seul&#8230; Mais quand il se rend compte que les provisions de son réfrigérateur se volatilisent et que l&#8217;ordre qu&#8217;il veille à maintenir scrupuleusement dans son logis est contrarié, il est pris [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full  aligncenter" title="Faye, Eric. Nagasaki. J'ai lu, 2011. 94 p." src="http://upload.marecages.be/couv/faynag.gif" alt="" width="100" height="162" /></p>
<p style="text-align: center;"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/5.gif' alt=':5:' class='wp-smiley' /> </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;[...] à la vue du frigo, mes inquiétudes de la veille se sont réveillées en sursaut.&nbsp;&raquo; (p. 12)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/resu.gif' alt=':resu:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Shimura Kōbō, climatologue quinquagénaire, vit normalement seul&#8230; Mais quand il se rend compte que les provisions de son réfrigérateur se volatilisent et que l&#8217;ordre qu&#8217;il veille à maintenir scrupuleusement dans son logis est contrarié, il est pris d&#8217;angoisse. Allant jusqu&#8217;à mesurer le contenu de ses bouteilles de jus, Shimura voit ses soupçons se confirmer : quelque chose ou quelqu&#8217;un chaparde régulièrement ses denrées alimentaires&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Mes microbes, mes toxines et mes protéines de demain patientaient dans cette antichambre froide et l&#8217;idée qu&#8217;une main étrangère attentait à celui que je deviendrais, par des prélèvements aléatoires me troublait au plus profond. Pire : cela me révulsait. C&#8217;était ni plus ni moins une sorte de viol.&nbsp;&raquo; (p. 15)</p></blockquote>
<p>Pour prendre le voleur sur le fait, l&#8217;homme installe une webcam dans sa cuisine. Alors que, depuis le bureau, il surveille sa maison, il la voit : une femme d&#8217;un âge proche du sien est en train de se réchauffer un thé ! Shimura contacte la police et apprend le soir même que l&#8217;intruse qu&#8217;ils ont cueillie à son domicile était au chômage et habitait les lieux depuis près d&#8217;un an&#8230;</p>
<p>Le propriétaire oscille dès lors entre culpabilité et rancœur. Une chose est néanmoins sûre : depuis que cet &laquo;&nbsp;incident&nbsp;&raquo; est survenu, il ne se sent plus chez lui et peine à trouver le sommeil, confronté à l&#8217;affirmation d&#8217;une solitude amère qui, jusque là, ne l&#8217;avait pas tourmenté outre mesure&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Allongé, j&#8217;ai attendu, mais ça ne venait pas. Le sommeil ? Non, l&#8217;oubli. Non pas l&#8217;oubli de cette pauvre femme qui ne m&#8217;était rien, mais celui de mon existence entière dont se dévoilaient tout d&#8217;un coup le dénuement et l&#8217;aridité. Aucune ambition n&#8217;y poussait plus depuis longtemps, aucune espérance non plus. Cette femme était à maudire. A cause d&#8217;elle, le brouillard s&#8217;était levé.&nbsp;&raquo; (p. 62)</p></blockquote>
<p><em>Nagasaki</em> s&#8217;inspire d&#8217;un fait divers japonais rapporté dans les journaux en 2008.</p>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/avis.gif' alt=':avis:' class='wp-smiley' /> </p>
<p><em>Nagasaki</em> s&#8217;est vu récompensé par le Grand prix du roman de l&#8217;Académie française en 2010. Je ne cache pas que je m&#8217;en étonne, que j&#8217;éprouve des difficultés à comprendre les motifs de cette attribution&#8230;</p>
<p>Pour commencer, il m&#8217;a semblé que ce livre de moins de cent pages tenait plus de la longue nouvelle que du court roman. Ensuite, s&#8217;il n&#8217;a rien de désagréable, il m&#8217;a pourtant donné l&#8217;impression d&#8217;un travail à l&#8217;état d&#8217;ébauche : les réflexions (sur la solitude, l&#8217;âge, les habitudes, l&#8217;absence d&#8217;assistance aux personnes sans emploi, &#8230;) sont abordées et délaissées aussitôt ; les personnages et leur psychologie m&#8217;ont paru trop peu détaillés/approfondis que pour susciter davantage qu&#8217;une vague indifférence et, enfin, alors que la situation initiale a tout pour rappeler le vibrant <em>Horla</em> de Guy de Maupassant, le suspense est pulvérisé en quelques pages<sup><a href="http://marecages.be/2012/03/nagasaki-eric-faye/#footnote_0_6159" id="identifier_0_6159" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quand bien m&ecirc;me l&amp;#8217;intention de l&amp;#8217;auteur n&amp;#8217;&eacute;tait-elle pas de nous r&eacute;chauffer une intrigue de ce go&ucirc;t-l&agrave;, on ne peut s&amp;#8217;emp&ecirc;cher d&amp;#8217;&ecirc;tre d&eacute;&ccedil;u. S&amp;#8217;il l&amp;#8217;avait fait, on l&amp;#8217;aurait tax&eacute; de plagiaire, c&amp;#8217;est fou ce qu&amp;#8217;on peut &ecirc;tre de mauvaise foi&amp;#8230;">1</a></sup> : jamais les webcams ne m&#8217;ont paru aussi antipathiques !</p>
<p>Comme de nombreux autres lecteurs, je déplore un sentiment d&#8217;inachevé. Pas seulement en ce qui concerne la rencontre manquée entre Shimura et cette femme qui sont tous deux acteurs d&#8217;une vie où suinte une solitude plus ou moins désespérée<sup><a href="http://marecages.be/2012/03/nagasaki-eric-faye/#footnote_1_6159" id="identifier_1_6159" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un point qui les rapproche, en plus de leur &acirc;ge : cette ressemblance aurait pu &ecirc;tre amen&eacute;e subtilement et d&eacute;velopp&eacute;e mais elle est d&eacute;cr&eacute;t&eacute;e, ce qui est plut&ocirc;t regrettable comme l&amp;#8217;a fait judicieusement remarquer BlueGrey.">2</a></sup> mais surtout à cause de toutes les raisons mentionnées <em>supra</em>. Eric Faye s&#8217;est emparé d&#8217;un fait divers au potentiel intéressant, mais lui a selon moi réservé un traitement trop sommaire. Les deux dernières pages, qui balancent de manière expéditive un condensé de vie hyper tragique s&#8217;achevant par &laquo;&nbsp;Voilà.&nbsp;&raquo; n&#8217;ont fait que confirmer mon incrédulité. Cela m&#8217;a paru aussi abrupt que superflu.</p>
<p>De ce livre qui ne m&#8217;a procuré ni plaisir ni déplaisir, je ne retiendrai rien, à mon avis.<br />
(&#8230; Il a cependant un mérite : celui de m&#8217;avoir donné une folle envie de relire<em> Le Horla</em>.)<em><br />
</em></p>
<p><img class="alignnone" src="http://marecages.be/upload/out/chall/ptbac2012.jpg" alt="" width="150" height="123" /></p>
<p>Ce livre a été lu dans le cadre du<strong> Challenge Petit bac</strong> <strong>2012</strong>, catégorie &laquo;&nbsp;lieu&nbsp;&raquo; (4/10).</p>
<p><a title="Ce livre sur SensCritique" href="http://www.senscritique.com/livre/nagasaki/2011282518014910" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/SC.gif' alt=':SC:' class='wp-smiley' /> </a><a title="Ce livre sur Babelio" href="http://www.babelio.com/livres/Faye-Nagasaki/191803" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/BB.gif' alt=':BB:' class='wp-smiley' /> </a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6159" class="footnote">Quand bien même l&#8217;intention de l&#8217;auteur n&#8217;était-elle pas de nous réchauffer une intrigue de ce goût-là, on ne peut s&#8217;empêcher d&#8217;être déçu. S&#8217;il l&#8217;avait fait, on l&#8217;aurait taxé de plagiaire, c&#8217;est fou ce qu&#8217;on peut être de mauvaise foi&#8230;</li><li id="footnote_1_6159" class="footnote">Un point qui les rapproche, en plus de leur âge : cette ressemblance aurait pu être amenée subtilement et développée mais elle est décrétée, ce qui est plutôt regrettable comme l&#8217;a fait judicieusement remarquer <a href="http://descaillouxpleinleventre.blogspirit.com/archive/2010/09/09/nagasaki-eric-faye-2010.html" target="_blank">BlueGrey</a>.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>La servante écarlate / Margaret Atwood</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Mar 2012 22:25:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[**** | J'ai savouré]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[clivage social]]></category>
		<category><![CDATA[condition féminine]]></category>
		<category><![CDATA[dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>
		<category><![CDATA[sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[solitude]]></category>
		<category><![CDATA[totalitarisme]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Ignorer n&#8217;est pas la même chose que l&#8217;ignorance, il faut se donner de la peine pour y arriver.&#160;&#187; (p. 65) Les États-Unis ont été vraisemblablement renommés &#171;&#160;République de Giléad&#160;&#187;. Un régime théocratique totalitaire a démis la démocratie qui y était encore en place trois ans plus tôt. Depuis lors, les clivages sociaux sont extrêmement marqués [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" title="Atwood, Margaret. La servante écarlate. J'ai lu, 2005 [1985]. 345 p." src="http://upload.marecages.be/couv/atwser.jpg" alt="" width="100" height="163" /></p>
<p style="text-align: center;"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/8.gif' alt=':8:' class='wp-smiley' /> </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Ignorer n&#8217;est pas la même chose que l&#8217;ignorance, il faut se donner de la peine pour y arriver.&nbsp;&raquo; (p. 65)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/resu.gif' alt=':resu:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Les États-Unis ont été vraisemblablement renommés &laquo;&nbsp;République de Giléad&nbsp;&raquo;. Un régime théocratique totalitaire a démis la démocratie qui y était encore en place trois ans plus tôt. Depuis lors, les clivages sociaux sont extrêmement marqués &#8211; à chaque fonction sa couleur &#8211; et de nombreuses activités prohibées.</p>
<p>Ce livre raconte le parcours de l&#8217;un de ces sujets tyrannisés. Il s&#8217;agit de Defred, une servante dite écarlate. Les servantes écarlates sont les seules, au sein de cette société, à qui il est permis de procréer&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Notre fonction est la reproduction : nous ne sommes pas des concubines, des geishas ni des courtisanes. Au contraire : tout a été fait pour nous éliminer de ces catégories. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets, nulle faveur particulière ne doit être extorquée par des cajoleries, ni de part ni d’autre ; l’amour ne doit trouver aucune prise. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout : vases sacrés, calices ambulants.&nbsp;&raquo; (p. 152)</p></blockquote>
<p>Même si leur condition n&#8217;a rien d&#8217;enviable, elles font, de par leur privilège exclusif d&#8217;enfanter, l&#8217;objet de jalousies et de rancœurs de la part des autres femmes. La maternité des Épouses<sup><a href="http://marecages.be/2012/03/la-servante-ecarlate-margaret-atwood/#footnote_0_6110" id="identifier_0_6110" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les &Eacute;pouses sont les compagnes des Commandants, et les Commandants, des hommes riches et haut plac&eacute;s qui r&eacute;gentent leur maisonn&eacute;e. En l&amp;#8217;occurrence, c&amp;#8217;est avec les Commandants que les Servantes &eacute;carlates sont charg&eacute;es d&amp;#8217;assurer la survie de l&amp;#8217;esp&egrave;ce&amp;#8230;">1</a></sup> repose en effet entre les mains des Servantes qui, face à un taux de dénatalité croissant lié à la pollution chimique et aux irradiations nucléaires, ne parviennent que très difficilement à tomber enceintes ou à mettre au monde des bébés normaux.</p>
<p>Defred, comme ses égales, jouit de très peu de droits : elle ne peut pas lire, pas écrire, pas se promener sans but dans la maison qu&#8217;elle occupe, pas sortir en dehors des heures de promenade, pas regarder les gens dans les yeux, pas nouer d&#8217;amitié avec qui que ce soit,&#8230; En outre, ses proches, son argent et même son propre prénom lui ont été retirés&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Je ne m&#8217;appelle pas Defred, j&#8217;ai un autre nom, dont personne ne se sert maintenant parce que c&#8217;est interdit. Je me dis que ça n&#8217;a pas d&#8217;importance, un prénom, c&#8217;est comme son propre numéro de téléphone, cela ne sert qu&#8217;aux autres. Mais ce que je me dis est faux, cela a de l&#8217;importance. Je garde le savoir de ce nom comme quelque chose de caché, un trésor que je reviendrai déterrer, un jour. Je pense à ce nom comme quelque chose qui serait enfoui. Ce nom a une aura, comme une amulette, un talisman qui a survécu à passé si lointain qu&#8217;on ne peut l&#8217;imaginer.&nbsp;&raquo; (p. 93)</p></blockquote>
<p>Au cœur de cette vie, la contestation parait extrêmement risquée entre les Gardiens armés qui veillent au respect de l&#8217;ordre dans la ville et les Yeux qui, fondus parmi les civils, espionnent, démasquent et punissent les résistants. Defred n&#8217;a d&#8217;autre choix que de se réfugier en silence dans son passé, et se remémorer son compagnon Luke, sa fille, sa mère ou son amie Moïra&#8230; Mais, bientôt, le cours des événements va la mener à rompre la discipline du quotidien et à jouer sur des terrains de plus en plus périlleux.</p>
<p><em> La servante écarlate</em> est un roman dystopique paru en 1985.</p>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/avis.gif' alt=':avis:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Tenez-vous bien, ce qui va suivre ne se lit pas tous les jours sur ce blog&#8230; Des lignes qui suivent émane un rayonnement de satisfaction que je n&#8217;ai plus connu depuis au moins <a href="http://marecages.be/2011/08/premier-amour-joyce-carol-oates/" target="_blank">six mois</a><sup><a href="http://marecages.be/2012/03/la-servante-ecarlate-margaret-atwood/#footnote_1_6110" id="identifier_1_6110" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je dois d&amp;#8217;ailleurs un &eacute;norme merci &agrave; Cynthia dont les tr&egrave;s bons go&ucirc;ts m&amp;#8217;ont permis par deux fois d&amp;#8217;&eacute;chapper &agrave; ma bougonnerie routini&egrave;re !   ">2</a></sup>&#8230;</p>
<p>Ce livre n&#8217;a pas pris une ride : le monde démocratique révolu que décrit Defred est incontestablement le nôtre aujourd&#8217;hui. Quant au régime totalitaire qui s&#8217;impose pour elle au présent, il pourrait bien être celui que nous, lecteurs, connaîtrons dans les mois ou les années à venir : ce roman, lorsqu&#8217;il raconte &#8211; même brièvement &#8211; l&#8217;avènement de cette tyrannie, est effrayant de réalisme et de vraisemblance.</p>
<p>J&#8217;ai donc suivi Defred tout au long du livre avec beaucoup d&#8217;empathie et d&#8217;intérêt : j&#8217;ai craint à chaque instant les répercussions de ses faux pas, j&#8217;ai redouté l&#8217;Oeil en chacune de ses fréquentations, j&#8217;ai guetté avec anxiété la menace de mort qui courait sur elle et ai rêvé nombre de fois de l&#8217;immobiliser au détriment d&#8217;une vie qui en mérite le nom pour la préserver du carnage&#8230; Bien sûr, j&#8217;aurais pu vouloir lui tendre la main pour l&#8217;extirper des lignes de sorte à lui éviter de subir son rôle d&#8217;actrice une minute de plus mais j&#8217;étais déshumanisée et privée de ma liberté<em> avec elle</em>&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Tous les soirs en allant me coucher, je me dis : Demain, je me réveillerai dans ma maison à moi, et tout sera comme avant.<br />
Cela n&#8217;est pas arrivé ce matin non plus.&nbsp;&raquo; (p. 221)</p></blockquote>
<p>J&#8217;adore les livres qui communiquent un sentiment d&#8217;insécurité ou d&#8217;agitation et qui vous poussent à vous impliquer, d&#8217;une certaine façon : <em>La servante écarlate</em> est de ceux-là. Dans sa manière d&#8217;inviter le lecteur à envisager/réfléchir un monde coercitif, austère et navrant, ce roman m&#8217;est apparu comme franchement &laquo;&nbsp;maturisant&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ce n&#8217;est certes pas le premier roman d&#8217;anticipation dystopique que la littérature connaît &#8211; Huxley, <a href="http://marecages.be/?p=1639" target="_blank">Orwell</a> ou <a href="http://marecages.be/?p=4498" target="_blank">Bradbury</a>, pour ne citer qu&#8217;eux, en ont proposé de semblables &#8211; mais celui-ci se distingue parce qu&#8217;il met une femme au centre de l&#8217;intrigue. Margaret Atwood creuse ici la question féministe avec beaucoup de subtilité et de retenue. La description de la situation et des événements, dans la bouche de Defred, reste passablement neutre<sup><a href="http://marecages.be/2012/03/la-servante-ecarlate-margaret-atwood/#footnote_2_6110" id="identifier_2_6110" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce sans pour autant exclure les sentiments de la narratrice, nombreux mais desquels transpire souvent une forme de renoncement&amp;#8230;">3</a></sup>, laissant au lecteur le loisir de les évaluer par lui-même&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;La santé mentale est un bien précieux. Je l&#8217;économise comme les gens économisaient jadis de l&#8217;argent, pour en avoir suffisamment le moment venu.&nbsp;&raquo; (p. 119)</p></blockquote>
<p>Je n&#8217;ai à déplorer &#8211; vaguement &#8211; que deux petites choses : l&#8217;absence d&#8217;une note de bas de page en particulier qui se serait avérée indispensable<sup><a href="http://marecages.be/2012/03/la-servante-ecarlate-margaret-atwood/#footnote_3_6110" id="identifier_3_6110" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&amp;laquo;&amp;nbsp;.&amp;laquo;&amp;nbsp;Quelle splendide journ&eacute;e de mai&amp;nbsp;&amp;raquo;, dit Deglen [...] Mayday &eacute;tait un signal de d&eacute;tresse, il y a bien longtemps, [...].&amp;nbsp;&amp;raquo; Sur le moment, je n&amp;#8217;ai pas compris le rapport. Il m&amp;#8217;a fallu de nombreuses pages pour envisager la phrase originale : &amp;laquo;&amp;nbsp;It&amp;#8217;s a beautiful May day&amp;nbsp;&amp;raquo; : cette lacune aura eu le m&eacute;rite de me donner l&amp;#8217;envie de lire ce roman dans sa version originale.">4</a></sup>  ainsi que la couverture du livre, franchement dissuasive à mon sens (il en va là d&#8217;un commentaire frivole, j&#8217;en conviens)&#8230;</p>
<p>Quoi qu&#8217;il en soit, <em>La servante écarlate</em> est d&#8217;après moi une œuvre à la fois captivante et intelligente,<br />
une œuvre qui pose constamment en filigrane la question de savoir ce que nous ferions à <em>sa</em> place&#8230; Rien de plus ni de moins, je pense, et c&#8217;est bien pour cela que ce roman est si interpellant !</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;J&#8217;essaie de ne pas trop penser. Comme d&#8217;autres choses maintenant, la pensée doit être rationnée. Il y a beaucoup de choses auxquelles il n&#8217;est pas supportable de penser. Penser peut nuire à nos chances, et j&#8217;ai l&#8217;intention de durer.&nbsp;&raquo; (p. 10)</p></blockquote>
<p>Lisez ce livre, il est nécessaire !</p>
<p><img class="alignnone" src="http://marecages.be/upload/out/chall/ptbac2012.jpg" alt="" width="150" height="123" /></p>
<p>Ce livre a été lu dans le cadre du<strong> Challenge Petit bac</strong> <strong>2012</strong>, catégorie &laquo;&nbsp;couleur&nbsp;&raquo; (3/10).</p>
<p><a title="Ce livre sur SensCritique" href="http://www.senscritique.com/livre/la-servante-ecarlate/2611276654476084" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/SC.gif' alt=':SC:' class='wp-smiley' /> </a><a title="Ce livre sur Babelio" href="http://www.babelio.com/livres/Atwood-La-Servante-ecarlate/7074" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/BB.gif' alt=':BB:' class='wp-smiley' /> </a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6110" class="footnote">Les Épouses sont les compagnes des Commandants, et les Commandants, des hommes riches et haut placés qui régentent leur maisonnée. En l&#8217;occurrence, c&#8217;est avec les Commandants que les Servantes écarlates sont chargées d&#8217;assurer la survie de l&#8217;espèce&#8230;</li><li id="footnote_1_6110" class="footnote">Je dois d&#8217;ailleurs un énorme merci à <a href="http://contesdefaits.blogspot.com/" target="_blank">Cynthia</a> dont les très bons goûts m&#8217;ont permis par deux fois d&#8217;échapper à ma bougonnerie routinière ! <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' />  </li><li id="footnote_2_6110" class="footnote">Ce sans pour autant exclure les sentiments de la narratrice, nombreux mais desquels transpire souvent une forme de renoncement&#8230;</li><li id="footnote_3_6110" class="footnote">&laquo;&nbsp;<span style="color: #ffffff;">.</span>&laquo;&nbsp;Quelle splendide journée de mai&nbsp;&raquo;, dit Deglen [...] Mayday était un signal de détresse, il y a bien longtemps, [...]<span style="color: #000000;">.</span>&nbsp;&raquo; Sur le moment, je n&#8217;ai pas compris le rapport. Il m&#8217;a fallu de nombreuses pages pour envisager la phrase originale : &laquo;&nbsp;It&#8217;s a beautiful <em>May day</em>&nbsp;&raquo; : cette lacune aura eu le mérite de me donner l&#8217;envie de lire ce roman dans sa version originale.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Le loup des steppes / Hermann Hesse</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Feb 2012 07:49:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[* | J’ai subi]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[bourgeoisie]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[faits historiques]]></category>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Je me consume du besoin d&#8217;une souffrance qui me rende prêt et désireux de mourir.&#160;&#187; (p. 145) Le loup des steppes raconte le conflit intérieur de Harry Haller1, un homme souffreteux, aigri et pessimiste qui se croit pourvu d&#8217;une double personnalité. Ses deux moi &#8211; un homme (la culture) et un loup (la nature) &#8211; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full  aligncenter" title="Hesse, Hermann. Le loup des steppes. Le livre de poche, 1993 [1927]. 224-XXXI p." src="http://upload.marecages.be/couv/heslou.jpg" alt="" width="100" height="164" /></p>
<p style="text-align: center;"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/4.gif' alt=':4:' class='wp-smiley' /> </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Je me consume du besoin d&#8217;une souffrance qui me rende prêt et désireux de mourir.&nbsp;&raquo; (p. 145)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/resu.gif' alt=':resu:' class='wp-smiley' /> </p>
<p><em>Le loup des steppes</em> raconte le conflit intérieur de Harry Haller<sup><a href="http://marecages.be/2012/02/le-loup-des-steppes-hermann-hesse/#footnote_0_6032" id="identifier_0_6032" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le double de l&amp;#8217;auteur lui-m&ecirc;me, les initiales identiques n&amp;#8217;y sont pas pour rien.">1</a></sup>, un homme souffreteux, aigri et pessimiste qui se croit pourvu d&#8217;une double personnalité. Ses deux moi &#8211; un homme (la culture) et un loup (la nature) &#8211; cohabitent assez difficilement ; aussi fait-il partie des &laquo;&nbsp;suicidés&nbsp;&raquo;, c&#8217;est-à-dire de ceux que la tentation de se soustraire à la vie ne quitte pas&#8230;<sup><a href="http://marecages.be/2012/02/le-loup-des-steppes-hermann-hesse/#footnote_1_6032" id="identifier_1_6032" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Hein, que c&amp;#8217;est gai? Je n&amp;#8217;ai pas fini de me surpasser en mati&egrave;re de lectures euphorisantes, je vous le dis !">2</a></sup></p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Jusqu&#8217;ici, je n&#8217;avais fait valoir que les capacités et connaissances où par hasard j&#8217;étais passé maître, et j&#8217;avais dépeint l&#8217;image et vécu la vie d&#8217;un Harry qui n&#8217;était, au fond, qu&#8217;un expert en poésie, musique et philosophie. Tout le reste de ma personne, le chaos de facultés, d&#8217;aspirations, d&#8217;instincts, je l&#8217;avais considéré comme importun et classé sous l&#8217;étiquette de Loup des steppes.&nbsp;&raquo; (p. 121)</p></blockquote>
<p>Au cœur des années 1920, Harry ne cautionne pas la légèreté de ses semblables, le grésillement des gramophones et l&#8217;inaudible musique jazzy qui supplante les &laquo;&nbsp;valeurs sûres&nbsp;&raquo; (Mozart, Tchaïkovski, &#8230;). Il dédaigne la société de son temps et la menace de seconde guerre qu&#8217;elle attire sur elle en cautionnant le nationalisme, sa colère et son désir de vengeance.</p>
<p>Bientôt, il rencontre Hermine<sup><a href="http://marecages.be/2012/02/le-loup-des-steppes-hermann-hesse/#footnote_2_6032" id="identifier_2_6032" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le f&eacute;minin d&amp;#8217;Hermann, n&amp;#8217;est-ce pas&amp;#8230;">3</a></sup>, une courtisane qui est un peu son reflet sur le plan psychologique et son contraire sur le plan existentiel. C&#8217;est elle-même qui va l&#8217;initier aux plaisirs de son temps (la danse, le sexe, les drogues, &#8230;) et l&#8217;aider à laisser s&#8217;exprimer non pas le loup et/ou l&#8217;homme qui sont en lui, mais les innombrables facettes de sa personnalité&#8230;</p>
<p>Hermann Hesse s&#8217;est ici livré à une introspection psychanalytique. <em></em></p>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/avis.gif' alt=':avis:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>J&#8217;ai voulu aimer un livre. Comme certains prétendent que les classiques déçoivent rarement, j&#8217;ai pensé en lire un mais, de préférence, pas trop vieilli. <em>Le loup des steppes</em>, paru en 1927 et interdit sous le régime nazi, figurait dans le top 20 de <a href="http://www.senscritique.com/top111/livres/" target="_blank">Sens critique</a> et mettait en scène un grincheux : je me suis dit qu&#8217;on était faits pour s&#8217;entendre !</p>
<p>Cet ouvrage, d&#8217;une grande clairvoyance, est intéressant en ce qui concerne les considérations relatives à l&#8217;ambiance de ce qu&#8217;on nomme &laquo;&nbsp;les années folles&nbsp;&raquo; et à l&#8217;imminence de cette guerre haineuse dont peu de gens, à l&#8217;époque, semblent s&#8217;inquiéter. Hermann Hesse parait ici avoir un recul pacifique que n&#8217;ont pas ses contemporains et fait preuve d&#8217;une sagacité étonnante.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Deux tiers de mes compatriotes lisent cette espèce de journaux, entendent ces chansons matin et soir ; de jour en jour, on les travaille, on les serine, on les traque, on les rend furieux et mécontents ; et le but et la fin de tout est encore la guerre, une guerre prochaine, probablement encore plus hideuse que celle-ci. Tout cela est simple et limpide, chacun pourrait le comprendre, s&#8217;il se donnait la peine d&#8217;y penser une heure. Mais personne ne le veut [...]. Réfléchir une heure, rentrer en soi un instant et se demander combien on est responsable soi-même du désordre et de la méchanceté dans le monde, cela, nul n&#8217;y consent !&nbsp;&raquo; (p. 108-109)</p></blockquote>
<p>Les réflexions, qu&#8217;elles soient liées à la psychologie, à la société, à la culture ou à la musique m&#8217;ont intéressée dans un premier temps, mais ont rapidement suscité en moi une forme d&#8217;ennui en raison de leur densité et, ensuite, de leur redondance&#8230;</p>
<p>En effet, j&#8217;ai trouvé que ce livre péchait par excès d&#8217;égotisme : Harry n&#8217;y fait que se regarder inlassablement. Même lorsqu&#8217;il est en rapport avec d&#8217;autres personnages et qu&#8217;il les apprécie, il ne fait que parler de lui, attendre qu&#8217;ils lui parlent de lui ou geindre pour qu&#8217;ils gardent l&#8217;attention sur lui.</p>
<p>Que ce soit par l&#8217;analyse<sup><a href="http://marecages.be/2012/02/le-loup-des-steppes-hermann-hesse/#footnote_3_6032" id="identifier_3_6032" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Au d&eacute;but du roman, Harry se voit offrir une brochure de 30 pages o&ugrave; il est pr&eacute;cis&eacute;ment question de son cas personnel : sa singuli&egrave;re schizophr&eacute;nie y est &eacute;tudi&eacute;e froidement, &agrave; la mani&egrave;re d&amp;#8217;un article scientifique.">4</a></sup>, le ricanement ou la complainte, Harry s&#8217;attarde invariablement sur sa personnalité dichotomique. Si ce livre a la qualité d&#8217;assurer au lecteur de ne pas se perdre, il m&#8217;a paru, au bout d&#8217;un temps, lourdement répétitif.</p>
<p>La dernière scène, très dissemblable du reste du livre en raison de la haute concentration d&#8217;hallucinogènes ingérée par le narrateur, fait un peu figure de feu d&#8217;artifice fantasque dans le roman. Bien qu&#8217;interpellée, je suis restée très perplexe&#8230;</p>
<p>Par ailleurs, le Loup des steppes<sup><a href="http://marecages.be/2012/02/le-loup-des-steppes-hermann-hesse/#footnote_4_6032" id="identifier_4_6032" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Outre le nom d&amp;#8217;un roman, c&amp;#8217;est aussi le surnom que s&amp;#8217;&eacute;tait donn&eacute; H. Hesse lui-m&ecirc;me.">5</a></sup>, qu&#8217;on se le dise, s&#8217;étale largement sur la musique en dehors de lui-même. J&#8217;ai donc pu m&#8217;éclairer de nombreuses réflexions sur la bonne et la mauvaise musiques, comme si <a title="Bonne et mauvaise littératures" href="http://marecages.be/2012/02/bonne-et-mauvaise-litteratures/comment-page-1/#comment-1831" target="_blank">notre débat analogue</a> avait eu le temps de me manquer <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> &#8230; Cependant, j&#8217;ai une fois de plus pesté sur un discours trop &laquo;&nbsp;dogmatique&nbsp;&raquo;, ce qui ne m&#8217;a pas aidée à apprécier davantage ce roman&#8230;</p>
<p>Ce serait une offense, m&#8217;étais-je dit, que de critiquer en outre le style d&#8217;un <em>classique</em>. Mais j&#8217;ai eu le loisir de découvrir que des extraits que j&#8217;avais recopiés dans mon carnet de citations<sup><a href="http://marecages.be/2012/02/le-loup-des-steppes-hermann-hesse/#footnote_5_6032" id="identifier_5_6032" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Oui, j&amp;#8217;ai recopi&eacute; des extraits. Dix ! Si cette critique vous a sembl&eacute; tr&egrave;s piquante, voici de quoi l&amp;#8217;adoucir&amp;#8230;">6</a></sup> figuraient sur Babelio sous une plume nettement plus esthétique à mon sens. Si j&#8217;avais su, j&#8217;aurais fait en sorte de me procurer le roman traduit par les soins d&#8217;Alexandra Cade et non par ceux de Juliette Pary (prenez-en bonne note si vous êtes intéressé !).</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Tu es bien trop exigeant et affamé pour ce monde simple et indolent, qui se satisfait de si peu. Il t&#8217;exècre ; tu as pour lui une dimension de trop. Celui qui désire vivre aujourd&#8217;hui en se sentant pleinement heureux n&#8217;a pas le droit d&#8217;être comme toi ou moi. Celui qui réclame de la musique et non des mélodies de pacotille ; de la joie et non des plaisirs passagers ; de l&#8217;âme et non de l&#8217;argent ; un travail véritable et non une agitation perpétuelle ; des passions véritables et non des passe-temps amusants, n&#8217;est pas chez lui dans ce monde ravissant&#8230;&nbsp;&raquo; <sup><a href="http://marecages.be/2012/02/le-loup-des-steppes-hermann-hesse/#footnote_6_6032" id="identifier_6_6032" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cet extrait est celui traduit par A. Cade. L&amp;#8217;extrait correspondant est situ&eacute;, dans l&amp;#8217;&eacute;dition traduite par J. Pary (voir couverture ci-dessus), &agrave; la page 148.">7</a></sup></p></blockquote>
<p>En définitive, ce livre m&#8217;a paru étonnant par son cheminement historique et sa perspicacité (le fait qu&#8217;il ait été censuré sous le régime nazi en témoigne), mais tristement lassant dans tous ses autres aspects&#8230;</p>
<p>Encore raté.</p>
<p><a title="Ce livre sur SensCritique" href="http://www.senscritique.com/livre/le-loup-des-steppes/2451276615781881" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/SC.gif' alt=':SC:' class='wp-smiley' /> </a><a title="Ce livre sur Babelio" href="http://www.babelio.com/livres/Hesse-Le-Loup-des-steppes/2993" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/BB.gif' alt=':BB:' class='wp-smiley' /> </a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6032" class="footnote">Le double de l&#8217;auteur lui-même, les initiales identiques n&#8217;y sont pas pour rien.</li><li id="footnote_1_6032" class="footnote">Hein, que c&#8217;est gai? Je n&#8217;ai pas fini de me surpasser en matière de lectures euphorisantes, je vous le dis !</li><li id="footnote_2_6032" class="footnote">Le féminin d&#8217;Hermann, n&#8217;est-ce pas&#8230;</li><li id="footnote_3_6032" class="footnote">Au début du roman, Harry se voit offrir une brochure de 30 pages où il est précisément question de son cas personnel : sa singulière schizophrénie y est étudiée froidement, à la manière d&#8217;un article scientifique.</li><li id="footnote_4_6032" class="footnote">Outre le nom d&#8217;un roman, c&#8217;est aussi le surnom que s&#8217;était donné H. Hesse lui-même.</li><li id="footnote_5_6032" class="footnote">Oui, j&#8217;ai recopié des extraits. Dix ! Si cette critique vous a semblé très piquante, voici de quoi l&#8217;adoucir&#8230;</li><li id="footnote_6_6032" class="footnote">Cet extrait est celui traduit par A. Cade. L&#8217;extrait correspondant est situé, dans l&#8217;édition traduite par J. Pary (voir couverture ci-dessus), à la page 148.</li></ol>]]></content:encoded>
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