<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Marécages</title>
	<atom:link href="http://marecages.be/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://marecages.be</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Fri, 24 Feb 2012 22:43:58 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator>
		<item>
		<title>Le monde selon Garp / John Irving</title>
		<link>http://marecages.be/2012/02/le-monde-selon-garp-john-irving/</link>
		<comments>http://marecages.be/2012/02/le-monde-selon-garp-john-irving/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 24 Feb 2012 22:14:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[* | J’ai subi]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[adultère]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[relation parents-enfants]]></category>
		<category><![CDATA[sexualité]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://marecages.be/?p=5990</guid>
		<description><![CDATA[&#171;&#160;Mais, dans le monde selon Garp, nous sommes tous des incurables.&#160;&#187; (p. 649) Jenny Fields, infirmière, veut un enfant, mais a aussi pour ambitions de continuer à travailler et de ne pas s&#8217;embarrasser d&#8217;un homme à demeure&#8230; C&#8217;est dans un contexte très particulier qu&#8217;elle conçoit Garp et qu&#8217;elle réussit pleinement à satisfaire ses désirs. Garp1 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" title="Irving, John. Le monde selon Garp. Points, 1998 [1978]. 648 p." src="http://marecages.be/wp-content/uploads/irvmon.jpg" alt="" width="100" height="164" /></p>
<p style="text-align: center;"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/4.gif' alt=':4:' class='wp-smiley' /> </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Mais, dans le monde selon Garp, nous sommes tous des incurables.&nbsp;&raquo; (p. 649)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/resu.gif' alt=':resu:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Jenny Fields, infirmière, veut un enfant, mais a aussi pour ambitions de continuer à travailler et de ne pas s&#8217;embarrasser d&#8217;un homme à demeure&#8230; C&#8217;est dans un contexte très particulier qu&#8217;elle conçoit Garp et qu&#8217;elle réussit pleinement à satisfaire ses désirs.</p>
<p>Garp<sup><a href="http://marecages.be/2012/02/le-monde-selon-garp-john-irving/#footnote_0_5990" id="identifier_0_5990" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&amp;#8217;est ce qui lui sert &agrave; la fois de nom et de pr&eacute;nom.">1</a></sup> naît donc sans père, prend de l&#8217;âge chapitre après chapitre, poursuit le chemin que Jenny lui a soucieusement tracé et rencontre bientôt Helen, fervente lectrice et fille de son entraîneur de sport, dont il s&#8217;éprend immédiatement. Pour la conquérir, il projette de devenir écrivain.</p>
<p>Au terme de ses études, Garp quitte les États-Unis pour Vienne en la compagnie de Jenny. Elle entreprend d&#8217;écrire un livre autobiographique où elle fait état de ses réflexions féministes et connaît un grand succès, devenant la défenderesse de tas de femmes persécutées, ce qui n&#8217;enchante pas Garp qui ne cautionne que partiellement le discours de sa mère et aimerait par ailleurs une reconnaissance strictement vierge.</p>
<p>Garp publie à son tour, et, bien que récompensé d&#8217;une renommée moins évidente que Jenny, obtient la main d&#8217;Helen, avec qui il aura trois enfants desquels il prendra anxieusement soin. Son mariage sera néanmoins ébranlé par la concupiscence que dénonçait génériquement sa mère dans son autobiographie intitulée <em>Sexuellement suspecte&#8230;</em></p>
<p>(Je m&#8217;arrête là pour le résumé. S&#8217;il vous semble étrange et peu éclairant, rassurez-vous, je trouve aussi.)</p>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/avis.gif' alt=':avis:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Ce livre qu&#8217;on qualifie volontiers d&#8217;incontournable, de roman culte, de chef d’œuvre (!) et qui a suscité l&#8217;enthousiasme de nombreux lecteurs avait immanquablement attisé ma curiosité. Il m&#8217;a été offert par <a href="http://www.chaplum.com/" target="_blank">Manu</a> et je la remercie de m&#8217;en avoir fait cadeau<sup><a href="http://marecages.be/2012/02/le-monde-selon-garp-john-irving/#footnote_1_5990" id="identifier_1_5990" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Manu, je m&amp;#8217;excuse par avance de ne pas en faire une critique aussi &eacute;logieuse que toi, ne m&amp;#8217;en veux pas de ne pas avoir &eacute;t&eacute; sensible &agrave; l&amp;#8217;un de tes romans pr&eacute;f&eacute;r&eacute;s&amp;#8230;  ">2</a></sup> !</p>
<p>Quand j&#8217;ai lu la préface écrite par John Irving, mon intérêt a redoublé. J&#8217;ai tout de suite pensé que ce livre recelait de jolies promesses par la façon dont l&#8217;auteur s&#8217;exprimait et par les sujets qu&#8217;il annonçait&#8230;</p>
<p>Malheureusement, je dois avouer que j&#8217;ai ramé à m&#8217;en farcir des maux de tête pour arriver au bout de ce roman. Je me suis acharnée à avancer, me souvenant sans cesse de l&#8217;engageante préface et des critiques laudatrices, puis de critiques moins enchantées qui affirmaient que le roman décollait vers la 200e page. Pourtant incapable de porter un tant soit peu d&#8217;intérêt à l&#8217;histoire des Garp à quelque moment que ce fut, j&#8217;ai fini par capituler aux trois quarts du livre<sup><a href="http://marecages.be/2012/02/le-monde-selon-garp-john-irving/#footnote_2_5990" id="identifier_2_5990" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&amp;#8217;est-&agrave;-dire &agrave; la 477e page.">3</a></sup>&#8230;</p>
<p>J&#8217;ai trouvé <em>Le monde selon Garp</em> globalement décousu : durant la première moitié du livre, les chapitres, à cause d&#8217;énormes ellipses, n&#8217;entretiennent que rarement des transitions les uns avec les autres. Le roman m&#8217;a donc, pendant 300 pages, évoqué ce genre de feuilletons télévisés qui ne nécessitent pas qu&#8217;on ait vu les précédents pour comprendre celui qui est en cours. Tout au long du livre, j&#8217;ai essayé de comprendre l&#8217;intérêt de ce qui avait été précédemment lu, d&#8217;assembler les pièces, de trouver une cohérence, mais en vain : je n&#8217;ai jamais compris où John Irving voulait nous mener.</p>
<p>A mi-chemin entre le genre loufoque et la tragédie, ce roman m&#8217;a paru inconfortable et irréaliste. Je ne suis parvenue à croire ni aux personnages, ni à leurs histoires.</p>
<p>Aussi, l&#8217;adultère, la concupiscence, la sexualité, exemplifiés sous toutes leurs formes, m&#8217;ont donné l&#8217;impression d&#8217;un roman emprunt de voyeurisme, en dépit de son côté moralisateur.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Puis Garp pensa à Mrs. Ralph. Furieux contre lui-même, il comprit qu&#8217;il tenait à la revoir une dernière fois ; il bandait de nouveau, et cette brusque érection lui rappela qu&#8217;il avait envie de revoir son corps épais et grossier. Il gagna vivement l&#8217;escalier de service. La chambre puait, il aurait pu la retrouver à l&#8217;odeur.<br />
Il la vit et son regard se porta droit sur le ventre et le sexe, le nombril bizarrement tordu, les bouts de seins plutôt petits (pour d&#8217;aussi gros seins). Il aurait mieux fait de regarder d&#8217;abord les yeux ; il se serait rendu compte qu&#8217;elle était bien réveillée et qu&#8217;elle aussi tenait les yeux fixés sur lui.<br />
- Finie la vaisselle? demanda Mrs Ralph. On vient dire au revoir?&nbsp;&raquo; (p. 315)<sup><a href="http://marecages.be/2012/02/le-monde-selon-garp-john-irving/#footnote_3_5990" id="identifier_3_5990" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Si avec &ccedil;a, je ne m&amp;#8217;attire pas tous les internautes en rut, &ccedil;a va bien !">4</a></sup></p></blockquote>
<p>Le style de l&#8217;auteur, correct mais certainement pas spectaculaire à mon sens<sup><a href="http://marecages.be/2012/02/le-monde-selon-garp-john-irving/#footnote_4_5990" id="identifier_4_5990" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="J&amp;#8217;aurais d&ucirc; compter le nombre de Mon Dieu, Bon Dieu, Seigneur ! et de bitte pour appuyer mes propos&amp;#8230;">5</a></sup>, ne m&#8217;a pas transportée non plus. Si bien que les nouvelles de Garp, qui nous sont données à lire parfois <em>in extenso</em> dans le roman, n&#8217;ont fait que peser un peu plus sur mon ennui.</p>
<p>En définitive, je reconnais à ce livre beaucoup d&#8217;imagination et quelques propos malicieux&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Elle veut parler du sexe, commenta Garp. Le coup est classique. Une femme [Jenny] qui, pas une seule fois de sa vie, n&#8217;a ressenti le désir sexuel, faire un sermon sur ce qui est universel ! Et le pape, qui a fait voeu de chasteté, tranche pour des millions d&#8217;êtres le problème de la contraception.  Le monde est <em>fou</em>.&nbsp;&raquo; (p. 246)</p></blockquote>
<p>Mais il m&#8217;a semblé qu&#8217;Irving, à force de vouloir traiter trop de sujets à la fois, a mené son livre vers quelque chose d&#8217;abominablement confus et superficiel.</p>
<p>Trop de péripéties, trop de sujets, trop de longueurs.<br />
Pour moi, ce fut ô combien épuisant.</p>
<p>Pourtant, ce n&#8217;est pas faute d&#8217;avoir apprécié l&#8217;idée du roman, entrevue dans la préface, même s&#8217;il a fini par totalement m&#8217;échapper&#8230;</p>
<p><img class="alignnone" src="http://marecages.be/upload/out/chall/ptbac2012.jpg" alt="" width="150" height="123" /></p>
<p>Ce livre a été lu dans le cadre du<strong> Challenge Petit bac</strong> <strong>2012</strong>, catégorie « prénom» (2/10).</p>
<p><a title="Ce livre sur SensCritique" href="http://www.senscritique.com/livre/le-monde-selon-garp/15612347847620" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/SC.gif' alt=':SC:' class='wp-smiley' /> </a><a title="Ce livre sur Babelio" href="http://www.babelio.com/livres/Irving-Le-monde-selon-Garp/1780" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/BB.gif' alt=':BB:' class='wp-smiley' /> </a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5990" class="footnote">C&#8217;est ce qui lui sert à la fois de nom et de prénom.</li><li id="footnote_1_5990" class="footnote">Manu, je m&#8217;excuse par avance de ne pas en faire une critique aussi élogieuse que <a href="http://www.chaplum.com/le-monde-selon-garp-de-john-irving-6" target="_blank">toi</a>, ne m&#8217;en veux pas de ne pas avoir été sensible à l&#8217;un de tes romans préférés&#8230; <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/icon_confused.gif' alt=':s' class='wp-smiley' /> </li><li id="footnote_2_5990" class="footnote">C&#8217;est-à-dire à la 477e page.</li><li id="footnote_3_5990" class="footnote">Si avec ça, je ne m&#8217;attire pas tous les internautes en rut, ça va bien !</li><li id="footnote_4_5990" class="footnote">J&#8217;aurais dû compter le nombre de <em>Mon Dieu</em>, <em>Bon Dieu</em>, <em>Seigneur !</em> et de <em>bitte</em> pour appuyer mes propos&#8230;</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://marecages.be/2012/02/le-monde-selon-garp-john-irving/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Bonne et mauvaise littératures</title>
		<link>http://marecages.be/2012/02/bonne-et-mauvaise-litteratures/</link>
		<comments>http://marecages.be/2012/02/bonne-et-mauvaise-litteratures/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 15 Feb 2012 07:41:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lectures]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://marecages.be/?p=5901</guid>
		<description><![CDATA[Mardi 7 février, je vais souper avec une amie. Ensemble, nous déterrons pour la troisième ou quatrième fois consécutive la même polémique : elle évoque la mauvaise littérature, je fais le gros dos1. Alors que je dévoile mes crocs, mon interlocutrice me balance l&#8217;argument le plus imparable qui soit : « Mais je suis une professionnelle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mardi 7 février, je vais souper avec une amie. Ensemble, nous déterrons pour la troisième ou quatrième fois consécutive la même polémique : elle évoque la mauvaise littérature, je fais le gros dos<sup><a href="http://marecages.be/2012/02/bonne-et-mauvaise-litteratures/#footnote_0_5901" id="identifier_0_5901" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mes lectures de Comme un roman de Daniel Pennac et d&amp;#8217;Au bon roman de Laurence Coss&eacute; m&amp;#8217;avaient d&eacute;j&agrave; permis de constater &agrave; quel point ce sujet avait le don de me mettre mal &agrave; l&amp;#8217;aise&amp;#8230;">1</a></sup>.</p>
<p>Alors que je dévoile mes crocs, mon interlocutrice me balance l&#8217;argument le plus imparable qui soit : « Mais je suis une professionnelle du livre ! ». Elle est libraire, je suis bibliothécaire-documentaliste mais elle a un master philo option littérature et moi un simple baccalauréat professionnalisant. Je ravale ma vexation et je lui ouvre grand les bras : &laquo;&nbsp;Alors vas-y : toi qui as le bagage littéraire, explique-moi pourquoi tu parles de <em>mauvaise</em> littérature.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Cette introduction n&#8217;a pas pour but de vous faire dire ou penser de vilaines choses à propos de mon amie<sup><a href="http://marecages.be/2012/02/bonne-et-mauvaise-litteratures/#footnote_1_5901" id="identifier_1_5901" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je l&amp;#8217;aime en d&eacute;pit du caract&egrave;re parfois p&eacute;dant de sa r&eacute;partie   !">2</a></sup>. Ce n&#8217;est qu&#8217;une mise en contexte, une manière d&#8217;incarner la théorie et le sens commun&#8230;</p>
<p>Je ne vous restituerai pas la discussion que nous avons entretenue. Elle était empressée, déstructurée, lacunaire. Malheureusement, je reste depuis lors encombrée d&#8217;un problème qui, pour l&#8217;avoir insuffisamment creusé collectivement, me taraude l&#8217;esprit&#8230; Je ne cherche pas des vérités, je cherche à comprendre les points de vue qui ne sont pas miens et éventuellement à penser aux questions que j&#8217;aurais oublié de me poser !</p>
<p>Pour être brève, je crois que ce qui me heurte fondamentalement dans ce débat, c&#8217;est l&#8217;élitisme et le mépris que contiennent ces adjectifs : <em>bonne</em> et <em>mauvaise</em> littératures.</p>
<p>J&#8217;ai des arguments et du ressenti pour noircir plusieurs pages, mais je sais que je ne trouverais aucune accalmie en me déversant parce que ce que je recherche, c&#8217;est un échange et que j&#8217;aspire à m&#8217;enrichir de vos opinions avant tout&#8230;<sup><a href="http://marecages.be/2012/02/bonne-et-mauvaise-litteratures/#footnote_2_5901" id="identifier_2_5901" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Or, argumenter ne risquerait-il pas de tuer dans l&amp;#8217;&oelig;uf les perspectives quasi infinies de ce d&eacute;bat?">3</a></sup></p>
<p>Par cet article, j&#8217;aurais souhaité connaître vos avis : <strong></strong></p>
<ul>
<li><strong>Êtes-vous sensibles à ce débat ou vous indiffère-t-il?</strong><strong></strong></li>
<li><strong>Avez-vous une opinion quant au sujet?<br />
</strong></li>
<ul>
<li>1. Parler de bonne et de mauvaise littérature vous choque-t-il ou non?</li>
<li>2. Que pensez-vous de la prétention de certains critiques littéraires à objectiver ce qui est bon et ce qui ne l&#8217;est pas?</li>
<li>3. Inversement, comment jugez-vous le relativisme du lecteur lambda? La subjectivité se suffit-elle à elle-même pour évaluer la qualité d&#8217;un roman?</li>
<li>4. &laquo;&nbsp;Science de l&#8217;art&nbsp;&raquo; : réalité ou aberration?</li>
<li>5. Quels critères objectivables concourent selon vous à la qualité d&#8217;un roman?</li>
<li>6. Si un livre/auteur est &laquo;&nbsp;mauvais&nbsp;&raquo;, comment comprendre le succès qu&#8217;il emporte auprès d&#8217;un certain lectorat?</li>
<li>7. Les romans à gros tirages et gros succès (romans populaires) peuvent-ils être considérés comme de l&#8217;art? Pourquoi?</li>
<li>8. Avez-vous déjà apprécié un mauvais livre? Lequel et pourquoi? &#8211; En avez vous éprouvé de la gêne?</li>
<li>9. Avez-vous déjà déprécié un mauvais livre? Lequel et pourquoi?</li>
</ul>
<ul>
<li>10. Avez-vous déjà apprécié un bon livre ? Lequel et pourquoi? &#8211; En avez-vous éprouvé de la satisfaction?</li>
<li>11. Avez-vous déjà déprécié un bon livre? Lequel et pourquoi?</li>
<li>12. Les prix littéraires récompensent-ils vraiment de bons livres?</li>
<li>13. Seriez-vous disposé à catégoriser la littérature en d&#8217;autres termes que bonne/mauvaise? Que vous évoque cette distinction : Littérature de l&#8217;esprit et littérature du cœur? La trouvez-vous préférable/juste?</li>
<li>14. Théoriciens vs opinion publique : si l&#8217;un des deux à tort, cela signifie-t-il que l&#8217;autre a raison?</li>
<li>&#8230;<span style="color: #c0c0c0;"> J&#8217;en oublie ! N&#8217;hésitez pas à me faire compléter la liste.</span></li>
</ul>
</ul>
<p>Ne vous sentez pas obligé de répondre à toutes les sous-questions si elles ne vous inspirent pas de manières équivalentes !</p>
<p>J&#8217;espère que ce débat va intéresser d&#8217;autres personnes que moi, et que les participations seront aussi construites que nombreuses. N&#8217;oubliez pas d&#8217;écrire et de répondre à vos interlocuteurs dans le respect de chacun. Cet article n&#8217;est pas le lieu d&#8217;une joute oratoire ni d&#8217;un ring de boxe.</p>
<p>Au plaisir immmmmense de vous lire !!</p>
<p>PS-Avertissement : Bonne et mauvaise littérature, je n&#8217;ai pas fini d&#8217;en parler : j&#8217;ai acquis 4 essais pour finir d&#8217;en découdre (ou pas) avec cet insondable questionnement. Ne vous étonnez donc pas de la récurrence de cette problématique dans les mois à venir sur mon blog <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5901" class="footnote">Mes lectures de <a href="http://marecages.be/?p=1791" target="_blank"><em>Comme un roman</em></a> de Daniel Pennac et d&#8217;<a href="http://marecages.be/?p=2149" target="_blank"><em>Au bon roman</em> </a>de Laurence Cossé m&#8217;avaient déjà permis de constater à quel point ce sujet avait le don de me mettre mal à l&#8217;aise&#8230;</li><li id="footnote_1_5901" class="footnote">Je l&#8217;aime en dépit du caractère parfois pédant de sa répartie <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/icon_razz.gif' alt=':p' class='wp-smiley' />  !</li><li id="footnote_2_5901" class="footnote">Or, argumenter ne risquerait-il pas de tuer dans l&#8217;œuf les perspectives quasi infinies de ce débat?</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://marecages.be/2012/02/bonne-et-mauvaise-litteratures/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>40</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Rien ne s&#8217;oppose à la nuit / Delphine de Vigan</title>
		<link>http://marecages.be/2012/02/rien-ne-soppose-a-la-nuit-delphine-de-vigan/</link>
		<comments>http://marecages.be/2012/02/rien-ne-soppose-a-la-nuit-delphine-de-vigan/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 11 Feb 2012 16:17:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[*** | J'ai apprécié]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[folie]]></category>
		<category><![CDATA[maladie]]></category>
		<category><![CDATA[relation parents-enfants]]></category>
		<category><![CDATA[suicide]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://marecages.be/?p=5897</guid>
		<description><![CDATA[&#171;&#160;Lucile est toujours restée suspendue au-dessus du vide et ne l&#8217;a jamais quitté des yeux.&#160;&#187; (p. 384) Dans ce livre, Delphine de Vigan met au jour sa famille maternelle et tente avant toute chose de raconter la belle et insaisissable Lucile, sa mère. La vie de sa mère, elle a voulu l&#8217;écrire dans son intégralité [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full  aligncenter" title="De Vigan, Delphine. Rien ne s'oppose à la nuit. JC Lattès, 2011. 436 p." src="http://upload.marecages.be/couv/devrie.jpg" alt="" width="100" /></p>
<p style="text-align: center;"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/7.gif' alt=':7:' class='wp-smiley' /> </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Lucile est toujours restée suspendue au-dessus du vide et ne l&#8217;a jamais quitté des yeux.&nbsp;&raquo; (p. 384)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/resu.gif' alt=':resu:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Dans ce livre, Delphine de Vigan met au jour sa famille maternelle et tente avant toute chose de raconter la belle et insaisissable Lucile, sa mère.</p>
<p>La vie de sa mère, elle a voulu l&#8217;écrire dans son intégralité : depuis la naissance jusqu&#8217;à la mort. Après avoir rassemblé les témoignages des parents, frères et sœurs, et amis de Lucile, l&#8217;auteure s&#8217;est efforcée de sonder la personnalité de celle qui souffrait de troubles bipolaires et pénétrait tour à tour dans l&#8217;obscurité ou dans la lumière ; de celle qui, issue d&#8217;une famille nombreuse<sup><a href="http://marecages.be/2012/02/rien-ne-soppose-a-la-nuit-delphine-de-vigan/#footnote_0_5897" id="identifier_0_5897" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Elle &eacute;tait elle-m&ecirc;me la troisi&egrave;me enfant d&amp;#8217;une famille qui en compta neuf.">1</a></sup>, vit un grand nombre de proches mettre fin à leurs jours ; de celle qui était rongée par la peur et transpirait un mal de vivre inextinguible&#8230;</p>
<p>Lucile Poirier s&#8217;est donné la mort en 2008 sans un appel à l&#8217;aide. <em>Rien ne s&#8217;oppose à la nuit</em> est un roman (auto)biographique, une forme de quête identitaire dont l&#8217;écriture, indispensable, fut sans doute thérapeutique pour Delphine de Vigan.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;&#8230; avais-je besoin d&#8217;écrire ça ? Ce à quoi, sans hésitation, j&#8217;ai répondu que non. J&#8217;avais besoin d&#8217;écrire et ne pouvais rien écrire d&#8217;autre, rien d&#8217;autre que ça. La nuance était de taille !&nbsp;&raquo; (p. 84)</p>
<p>&laquo;&nbsp;J&#8217;écris ce livre parce que j&#8217;ai la force aujourd&#8217;hui de m&#8217;arrêter sur ce qui me traverse et parfois m&#8217;envahit, parce que je veux savoir ce que je transmets, parce que je veux cesser d&#8217;avoir peur qu&#8217;il nous arrive quelque chose comme si nous vivions sous l&#8217;emprise d&#8217;une malédiction, pouvoir profiter de ma chance, de mon énergie, de ma joie, sans penser que quelque chose de terrible va nous anéantir et que la douleur, toujours, nous attendra dans l&#8217;ombre&nbsp;&raquo; (p. 298)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/avis.gif' alt=':avis:' class='wp-smiley' /> </p>
<p><em></em>Ce livre est intimiste et pudique à la fois. Delphine de Vigan y exprime la souffrance, l&#8217;impuissance et parfois la colère qu&#8217;elle a pu éprouver lors de l&#8217;accompagnement de sa mère psychotique. Elle essaie aussi de la comprendre et de la traduire, de signifier son courage et son renoncement, sa force et sa fragilité, ses heures lumineuses et obscures&#8230; Ce livre est pudique par sa manière de relater les faits, d&#8217;exprimer le ressenti sans pathos et de suggérer l&#8217;amour sans jamais l&#8217;énoncer.</p>
<p>De nombreuses fois, l&#8217;auteure interrompt son récit pour témoigner de ce que l&#8217;écriture de son livre génère en elle comme &laquo;&nbsp;obsessions&nbsp;&raquo; : la peur de décevoir ses proches, de ne pas être au plus proche de la réalité, de dévoiler les secrets et déséquilibres de son entourage familial, etc. J&#8217;ai particulièrement apprécié la manière dont elle avait construit <em>Rien ne s&#8217;oppose à la nuit</em> parce que l&#8217;on voit le livre se construire. Ce procédé &laquo;&nbsp;meta&nbsp;&raquo; m&#8217;est apparu comme intéressant et nécessaire pour percevoir les intentions de l&#8217;auteure. Je pense que j&#8217;aurais été moins sensible à ce livre sans ces césures qui révèlent l&#8217;état d&#8217;esprit de Delphine de Vigan au cours de l&#8217;élaboration de son travail&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Un matin je me suis levée et j&#8217;ai pensé qu&#8217;il fallait que j&#8217;écrive, dussé-je m&#8217;attacher à ma chaise, et que je continue de chercher, même dans la certitude de ne jamais trouver de réponse. Le livre, peut-être, ne serait rien d&#8217;autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti.&nbsp;&raquo; (p. 48)</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je ne suis pas sûre que l&#8217;écriture me permette d&#8217;aller au-delà du constat d&#8217;échec. La difficulté que j&#8217;éprouve à raconter Lucile n&#8217;est pas si éloignée du désarroi que nous éprouvions enfants ou adolescentes, lorsqu&#8217;elle disparaissait.&nbsp;&raquo; (p. 351)</p></blockquote>
<p>Parmi les livres que j&#8217;ai pu lire d&#8217;elle (<a href="http://marecages.be/?p=1675" target="_blank"><em>No et moi</em></a> et <em>Jours sans faim</em>), <em>Rien ne s&#8217;oppose à la nuit</em> m&#8217;a semblé le plus abouti, le plus sérieux, le mieux écrit, le plus profond et, forcément, le plus crédible.</p>
<p>En dépit toutefois de ce grand nombre de superlatifs, je ne me cache pas d&#8217;avoir trouvé certains passages un peu longuets, surtout dans la dernière partie du roman. Long et éprouvé à la fois, ce livre aurait, selon moi, peut-être gagné à s&#8217;effeuiller d&#8217;une cinquantaine de pages&#8230;</p>
<p>En somme, ce livre est joliment écrit, judicieusement construit, il sonne juste. Delphine De Vigan s&#8217;y décharge avec force et habileté. Toutefois, je n&#8217;aurais sans doute pas envisagé de lui décerner le <a href="http://www.academie-goncourt.fr/?article=1720314796" target="_blank">Goncourt</a> de 2011 pour autant&#8230;</p>
<p>Une agréable découverte, mais dont je ne garderai, je crois, pas un souvenir impérissable en ce qui me concerne&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignnone" src="http://upload.marecages.be/out/chall/challpsy.png" alt="" width="105" height="139" /></p>
<p>Ce livre a été lu dans le cadre du <strong>Challenge Psy</strong> (3/4).</p>
<p><a title="Ce livre sur SensCritique" href="http://www.senscritique.com/livre/rien-ne-s-oppose-a-la-nuit/1781314058699847" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/SC.gif' alt=':SC:' class='wp-smiley' /> </a><a title="Ce livre sur Babelio" href="http://www.babelio.com/livres/Vigan-Rien-ne-soppose-a-la-nuit/277255" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/BB.gif' alt=':BB:' class='wp-smiley' /> </a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5897" class="footnote">Elle était elle-même la troisième enfant d&#8217;une famille qui en compta neuf.</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://marecages.be/2012/02/rien-ne-soppose-a-la-nuit-delphine-de-vigan/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Puisque rien ne dure / Laurence Tardieu</title>
		<link>http://marecages.be/2012/02/puisque-rien-ne-dure-laurence-tardieu/</link>
		<comments>http://marecages.be/2012/02/puisque-rien-ne-dure-laurence-tardieu/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 22:16:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[*** | J'ai apprécié]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[disparition]]></category>
		<category><![CDATA[introspection]]></category>
		<category><![CDATA[maternité]]></category>
		<category><![CDATA[paternité]]></category>
		<category><![CDATA[rupture]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://marecages.be/?p=5825</guid>
		<description><![CDATA[&#171;&#160;Amarrés l’un à l’autre, nous n’en finissons pas de tomber&#160;&#187; Ce roman raconte la douleur et l&#8217;éloignement d&#8217;un couple ayant perdu son unique enfant. Au commencement du livre, nous sommes en 2005 et Vincent lit Geneviève, son ex compagne. D&#8217;une écriture malhabile, elle lui a adressé une lettre où elle lui demande de venir parce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full  aligncenter" title="Tardieu, Laurence. Puisque rien ne dure. Livre de poche, 2008. 122 p." src="http://upload.marecages.be/couv/tarpui.jpg" alt="" width="100" /></p>
<p style="text-align: center;"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/7.gif' alt=':7:' class='wp-smiley' /> </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Amarrés l’un à l’autre, nous n’en finissons pas de tomber&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/resu.gif' alt=':resu:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Ce roman raconte la douleur et l&#8217;éloignement d&#8217;un couple ayant perdu son unique enfant.</p>
<p>Au commencement du livre, nous sommes en 2005 et Vincent lit Geneviève, son ex compagne. D&#8217;une écriture malhabile, elle lui a adressé une lettre où elle lui demande de venir parce qu&#8217;elle est en train de mourir et qu&#8217;elle souhaite une ultime discussion&#8230;</p>
<p>Avant qu&#8217;il n&#8217;ait rejointe celle qu&#8217;il a aimée autrefois et qu&#8217;il n&#8217;a plus vue depuis quinze ans, les journaux intimes tenus par Geneviève en 1990 nous offrent &#8211; au milieu du récit &#8211; une incursion au cœur de la tragédie qui fut la leur : la disparition (l&#8217;enlèvement présumé) de Clara, leur petite fille, a creusé un fossé infranchissable entre Vincent et Geneviève. Meurtris par leur souffrance et leur façon inconciliable de la gérer, ces parents ont vogué vers un échec irrémédiable et précipité&#8230;</p>
<p>Laurence Tardieu relate ici les divergences qui ont mené ce couple à la séparation : la révolte et la résignation, le mutisme et la parole, l&#8217;enfouissement et la mémoire. Elle aborde aussi la fragile reconstruction de soi après pareil effondrement&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Laura, tout à l&#8217;heure, au téléphone : &laquo;&nbsp;Tu parles comme si tu allais mourir. Tu verras, même si aujourd&#8217;hui tu ne peux pas encore l&#8217;envisager, la vie reprendra ses droits, tu recommenceras quelque chose&#8230;&nbsp;&raquo;<br />
Elle se trompe. Elle n&#8217;a pas d&#8217;enfant, elle ne sait pas. Ma vie peut-être se prolongera, mais comme une prothèse sur un moignon : le bras n&#8217;est plus là, la chair n&#8217;est plus là. A la place, un bout de métal qui ne sent rien, ni le froid ni le chaud, ni la douleur ni les caresses. &laquo;&nbsp;Garanti incassable&nbsp;&raquo;.&nbsp;&raquo; (p. 63)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/avis.gif' alt=':avis:' class='wp-smiley' /> </p>
<p><em>Puisque rien ne dure</em> ne livre rien de son contenu en surface. Du moins, s&#8217;il le fait, il le fait mal : un titre consensuel, une feuille de tilleul qui évoque la &laquo;&nbsp;gentille&nbsp;&raquo; forme d&#8217;un cœur, une <a href="http://www.librairiedialogues.fr/livre/743215-puisque-rien-ne-dure-roman-laurence-tardieu-librairie-generale-francaise" target="_blank">quatrième</a> pour le moins tronquée qui laisse n&#8217;importe quel acheteur envisager une bleuette souffreteuse et vibrante, ainsi qu&#8217;une étiquette racoleuse &laquo;&nbsp;sélection du prix des lecteurs&nbsp;&raquo; qui pue le marketing à plein nez.<sup><a href="http://marecages.be/2012/02/puisque-rien-ne-dure-laurence-tardieu/#footnote_0_5825" id="identifier_0_5825" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&amp;#8217;est l&agrave; que vous me demandez pourquoi j&amp;#8217;ai fait l&amp;#8217;acquisition de ce livre. Je ne sais pas. La r&eacute;sonance d&eacute;licate du nom de l&amp;#8217;auteure, peut-&ecirc;tre? Laurence Tardieu. Il y a une promesse de lyrisme derri&egrave;re la juxtaposition de ces voyelles et de ces consonnes, vous ne trouvez pas ? Tr&ecirc;ve de divagations : j&amp;#8217;ai d&ucirc; lire la critique tr&egrave;s positive de l&amp;#8217;un de vous&amp;#8230;">1</a></sup></p>
<p>La première partie du livre m&#8217;a laissée un peu perplexe. J&#8217;ai tâté le terrain avec circonspection, ne sachant pas quel genre de roman à l&#8217;eau de rose j&#8217;entreprenais d&#8217;ingurgiter&#8230; Très peu éclairante sur le véritable sujet de l&#8217;histoire, cette partie s&#8217;accompagne d&#8217;un procédé franchement casse-pipe : c&#8217;est Vincent qui s&#8217;y exprime ; c&#8217;est donc une femme (l&#8217;auteure) qui se met dans la peau d&#8217;un homme (le narrateur). Un peu comme dans <a href="http://marecages.be/?=4697" target="_blank"><em>Bonheur fantôme</em></a>, j&#8217;ai été parfois gênée par cette sensibilité très féminine qui émanait de la bouche d&#8217;un homme : ça manquait de crédibilité, paraissait vaguement surnaturel&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Je me perds. Qu&#8217;on me sauve, je me perds. Qu&#8217;on me prenne dans les bras.&nbsp;&raquo; (p. 12)</p></blockquote>
<p>Quand est arrivée la seconde partie, en revanche, celle écrite de la main de Geneviève, non seulement les choses se sont dessinées mais ont aussi pris du relief. La douleur de celle-ci m&#8217;a contaminée avec une exemplaire constance : versant des larmes à gros bouillons sans interruption de la page 60 à la page 120<sup><a href="http://marecages.be/2012/02/puisque-rien-ne-dure-laurence-tardieu/#footnote_1_5825" id="identifier_1_5825" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&amp;#8217;est-dire de la moiti&eacute; du livre &agrave; sa fin.">2</a></sup>, j&#8217;ai eu l&#8217;immense plaisir de constater que ce livre ne me laissait en aucun cas indifférente&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Moi, ce que je connais de la mort, ce ne sont pas les corps peu à peu abîmés, dévastés : c&#8217;est le vertige du vide, la stupeur du rien, qui vous happe sans fin, à n&#8217;en plus finir.&nbsp;&raquo; (p. 79)</p></blockquote>
<p>S&#8217;étalant largement sur le vide et le rien &#8211; mes sujets de prédilection quand j&#8217;ai le cafard -, ce roman m&#8217;a beaucoup touchée. La manière dont Laurence Tardieu exprime l&#8217;attente, le poids de l&#8217;absence, la solitude et son silence fait de cris m&#8217;est apparue comme profonde et belle.</p>
<p>Même si la dernière partie de ce livre m&#8217;a semblé un peu plus surjouée que le reste, j&#8217;ai, comme l&#8217;a très judicieusement décrit <a href="http://www.incoldblog.fr/?post/2007/09/18/%C2%AB-Sans-doute-a-t-elle-raison-%3A-la-valeur-d%E2%80%99une-vie-tient-aux-choix-que-l%E2%80%99on-fait-%C2%BB" target="_blank">In Cold Blog</a>, été charmée par ce &laquo;&nbsp;court roman dont le nombre de pages est inversement proportionnel à la charge émotionnelle&nbsp;&raquo;.</p>
<p>En dépit de ses arguments extérieurs fâcheusement mercantiles, ce récit intimiste mérite qu&#8217;on s&#8217;y attarde. Si comme moi, vous avez été las de compter les dernières lectures qui vous ont laissé passablement insensible, alors <em>Puisque rien ne dure</em> est pour vous. Je vous garantis des dodécanoeuds à la gorge, ça fait un bien fou !</p>
<p><a title="Ce livre sur SensCritique" href="http://www.senscritique.com/livre/puisque-rien-ne-dure/405123588540590" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/SC.gif' alt=':SC:' class='wp-smiley' /> </a><a title="Ce livre sur Babelio" href="http://www.babelio.com/livres/Tardieu-Puisque-rien-ne-dure/6375" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/BB.gif' alt=':BB:' class='wp-smiley' /> </a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5825" class="footnote">C&#8217;est là que vous me demandez pourquoi j&#8217;ai fait l&#8217;acquisition de ce livre. Je ne sais pas. La résonance délicate du nom de l&#8217;auteure, peut-être? Laurence Tardieu. Il y a une promesse de lyrisme derrière la juxtaposition de ces voyelles et de ces consonnes, vous ne trouvez pas ? Trêve de divagations : j&#8217;ai dû lire la critique très positive de l&#8217;un de vous&#8230;</li><li id="footnote_1_5825" class="footnote">C&#8217;est-dire de la moitié du livre à sa fin.</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://marecages.be/2012/02/puisque-rien-ne-dure-laurence-tardieu/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le pingouin / Andreï Kourkov</title>
		<link>http://marecages.be/2012/01/le-pingouin-andrei-kourkov/</link>
		<comments>http://marecages.be/2012/01/le-pingouin-andrei-kourkov/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 21:27:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[** | J'ai toléré]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
		<category><![CDATA[mafia]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://marecages.be/?p=5790</guid>
		<description><![CDATA[&#171;&#160;Je vais avoir quarante ans, et l&#8217;être qui m&#8217;est le plus proche est un pingouin&#8230;&#160;&#187; (p. 153) Victor Zolotarev, écrivain raté, vit seul dans un appartement avec son pingouin mélancolique appelé Micha. Bientôt, Victor se voit proposer un poste atypique dans une agence de presse : chargé d&#8217;écrire les nécrologies de personnes à la fois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full  aligncenter" title="Kourkov, Andreï. Le pingouin. Points, 2001. 273 p." src="http://upload.marecages.be/couv/koupin.png" alt="" width="100" /></p>
<p style="text-align: center;"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/5.gif' alt=':5:' class='wp-smiley' /> </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Je vais avoir quarante ans, et l&#8217;être qui m&#8217;est le plus proche est un pingouin&#8230;&nbsp;&raquo; (p. 153)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/resu.gif' alt=':resu:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Victor Zolotarev, écrivain raté, vit seul dans un appartement avec son pingouin mélancolique appelé Micha.</p>
<p>Bientôt, Victor se voit proposer un poste atypique dans une agence de presse : chargé d&#8217;écrire les nécrologies de personnes à la fois célèbres et vivantes, il s&#8217;accommode de ce nouvel emploi peu contraignant sans se poser aucune question&#8230; Mais il se rend compte rapidement que son nouveau travail n&#8217;est pas sans risque, car les morts qu&#8217;il honore à l&#8217;écrit finissent par trépasser les uns après les autres.</p>
<p>De rencontres insolites en péripéties incongrues, <em>Le pingouin</em> est un roman absurde et inattendu&#8230;</p>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/avis.gif' alt=':avis:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Bon, bon, bon.</p>
<p>J&#8217;ai l&#8217;impression de n&#8217;avoir rien compris à ce livre. Les allusions à l&#8217;histoire et à la culture post-soviétiques &#8211; à propos desquelles j&#8217;avoue ne rien connaître<sup><a href="http://marecages.be/2012/01/le-pingouin-andrei-kourkov/#footnote_0_5790" id="identifier_0_5790" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ignorance &agrave; laquelle j&amp;#8217;ai vaguement t&acirc;ch&eacute; de rem&eacute;dier entre temps, merci Szymon !">1</a></sup> &#8211; ainsi que la grande place dédiée à l&#8217;absurde y sont sans doute pour beaucoup&#8230; Mais pas seulement !</p>
<p>En effet, Andreï Kourkov nous propose de suivre ici un personnage (Victor) franchement naïf. La lectrice que je suis n&#8217;a donc eu d&#8217;autre choix que de poser sur les événements un regard&#8230; si pas tout aussi naïf, presque autant ! Oserais-je publiquement révéler que je n&#8217;ai jamais envisagé que la mafia jouait un rôle dans ce livre? &#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Va à la rédaction&#8230; Je vais appeler ma secrétaire pour qu&#8217;elle te laisse entrer dans mon bureau. Dans le coffre-fort, tu prendras la serviette marron que tu me rapporteras&#8230; Je vais te donner la clé. Si tu te rends compte que tu es suivi, débarrasse-t-en sans qu&#8217;on te voie et balade-toi en ville jusqu&#8217;au soir&#8230;&nbsp;&raquo; (p. 142)</p></blockquote>
<p>Malgré plusieurs passages criants, je n&#8217;ai vu, comme Victor, que des &laquo;&nbsp;bizarreries&nbsp;&raquo; que je n&#8217;étais pas capable de nommer : la mafia n&#8217;étant jamais évoquée explicitement en dehors de la quatrième-de-couverture-que-je-n&#8217;avais-pas-lue (!), ce n&#8217;est qu&#8217;en lisant quelques critiques après avoir fini le bouquin que les choses se sont soudainement clarifiées&#8230;</p>
<p>Cette mise en lumière tardive ne m&#8217;aura toutefois pas permis de revoir mon jugement. Or, ce roman a fait pour moi figure de déception&#8230; Je peux sans problème reconnaître au <em>Pingouin</em> une évidente originalité et une grande force : celle de propulser habilement le lecteur dans une perception candide/désaxée au point de le rendre tout à fait innocent (j&#8217;en suis la preuve vivante), mais si je m&#8217;étais attendue à lire une fiction désopilante et éminemment sympathique, je l&#8217;ai perçue comme plutôt cafardeuse&#8230; Bref, je n&#8217;ai pas le souvenir d&#8217;avoir souri.</p>
<p>Ce livre, bien que riche en rebondissements, m&#8217;a paru plat et longuet. J&#8217;ai déploré la banalité des personnages ou, plutôt, leur personnalité très terne, leur manque d&#8217;expressivité et de relief : <em>Le pingouin</em> ne fait pas dans le sentiment. Seul Micha m&#8217;aura attendrie quelques fois&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Le pingouin, son repas englouti, revint près de son maître, que cette attitude câline étonnait. Il le caressa, et sentit son protégé se serrer plus fort contre sa jambe.&nbsp;&raquo; (p. 140)</p></blockquote>
<p>Enfin, et sans doute que cela contribue en partie à la singularité de ce roman, nombreuses sont les énormités qui prennent place dans la vie de Victor et qui suscitent son attention pour un temps dérisoire. Alors que le lecteur est tenté de creuser, il n&#8217;a d&#8217;autre choix que de suivre le narrateur qui y pense et qui oublie. Ce manque de suite dans les idées &#8211; parfaitement réfléchi et maîtrisé par l&#8217;auteur &#8211; m&#8217;a parfois quelque peu agacée&#8230;</p>
<p>Pour finir, la traduction de ce poche &#8211; truffée de coquilles &#8211; et son style saccadé ont définitivement empêché ce livre de me convaincre. <em></em></p>
<p>Reflet de la période post-soviétique, les contemporanéistes trouveront sans aucun doute à ce roman un véritable intérêt historique. Ils percevront les subtilités de cette histoire et s&#8217;amuseront de son caractère absurde. Quant à moi, mon amertume tient en grande partie, je crois, de mon inculture et de mon absence de prise de conscience par rapport à l&#8217;étendue de la naïveté du personnage principal au commencement de cette lecture&#8230; Malgré tout, je crois que<em> Le pingouin</em> n&#8217;est pas le genre de lecture dont j&#8217;avais envie ou besoin pour le moment. Je suis donc malheureusement passée à côté&#8230;</p>
<p>Un roman qui, objectivement, mérite le détour pour autant qu&#8217;on évite de tomber dans les mêmes pièges que moi&#8230; BE AWARE ! <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p><img class="alignnone" src="http://marecages.be/upload/out/chall/ptbac2012.jpg" alt="" width="150" height="123" /></p>
<p>Ce livre a été lu dans le cadre du<strong> Challenge Petit bac</strong> <strong>2012</strong>, catégorie &laquo;&nbsp;animal&nbsp;&raquo; (1/10).</p>
<p><a title="Ce livre sur SensCritique" href="http://www.senscritique.com/livre/le-pingouin/5251273572254173" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/SC.gif' alt=':SC:' class='wp-smiley' /> </a><a title="Ce livre sur Babelio" href="http://www.babelio.com/livres/Kourkov-Le-Pingouin/2528" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/BB.gif' alt=':BB:' class='wp-smiley' /> </a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5790" class="footnote">Ignorance à laquelle j&#8217;ai vaguement tâché de remédier entre temps, merci Szymon !</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://marecages.be/2012/01/le-pingouin-andrei-kourkov/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Bilan 2011 : tardivement mais sûrement !</title>
		<link>http://marecages.be/2012/01/bilan-2011-tardivement-mais-surement/</link>
		<comments>http://marecages.be/2012/01/bilan-2011-tardivement-mais-surement/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 11:11:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lectures]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://marecages.be/?p=5773</guid>
		<description><![CDATA[Bonjour à tous, Permettez-moi dans un premier temps de vous souhaiter une bonne et heureuse année 2012 &#8211; mes voeux courront 25 jours de plus que ceux que des autres, vous êtes couverts pour le froid de janvier 2013 ! &#8211; Voici le bilan &#8211; peu grisant &#8211; de cette année littéraire : 2011 aura [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous,</p>
<p>Permettez-moi dans un premier temps de vous souhaiter une bonne et heureuse année 2012 &#8211; mes voeux courront 25 jours de plus que ceux que des autres, vous êtes couverts pour le froid de janvier 2013 ! <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' />  &#8211; <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Voici le bilan &#8211; peu grisant &#8211; de cette année littéraire :</p>
<p>2011 aura été une année plus active que 2010 comme l&#8217;atteste <a href="https://spreadsheets.google.com/pub?key=0ApLoe4aV60z5ckJRcnpnWnZjd2gwOTJ0X09UVzRJNXc&amp;hl=fr&amp;single=true&amp;gid=2&amp;range=A1%3AG17&amp;output=html" target="_blank">ce tableau où je passe pour tout sauf pour une littéraire</a> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>42 bouquins lus cette année contre 28 l&#8217;année précédente : une performance pour l&#8217;escargot que je suis. Répétez-le moi encore : &laquo;&nbsp;ce n&#8217;est pas la quantité qui compte&nbsp;&raquo;. Oui, sauf qu&#8217;on peut se dire qu&#8217;en en lisant plus, on a peut-être aussi plus de chances de tomber sur davantage de coups de coeur. Ca n&#8217;a malheureusement pas été le cas cette année&#8230;</p>
<p>Avec une appréciation globale de 5/10, je ne peux pas prétendre avoir trouvé de quoi vraiment combler la lectrice que je suis. Ce 5 n&#8217;est pas le résultat d&#8217;une moyenne de grands hauts et de grands bas, mais de petits bas et de petits hauts : huit 7, neuf 6, quatorze 5, six 4, deux 3. 2011 n&#8217;aura donc, cela se voit, pas connu de coups de foudre.</p>
<p>Malgré tout, je retiens plusieurs livres que j&#8217;ai pu conseiller chaleureusement même si j&#8217;eus préféré pouvoir en recommander ardemment.</p>
<p><em></em>Mary R. Ellis m&#8217;a capturée dans un univers tragique et dense mais ô combien émouvant quand j&#8217;ai découvert son premier roman <a href="http://marecages.be/2011/11/wisconsin-mary-relindes-ellis/" target="_blank"><em>Wisconsin</em></a> ; <a href="http://marecages.be/2011/05/le-treizieme-conte-diane-setterfield/" target="_blank"><em>Le treizième conte</em></a> de Diane Setterfield m&#8217;a permis de passer un moment très agréable, hors du temps ; <a href="http://marecages.be/2011/08/premier-amour-joyce-carol-oates/" target="_blank"><em>Premier amour</em></a> de Joyce Carol Oates m&#8217;a marquée par son étrangeté et son onirisme ; <a href="http://marecages.be/2011/10/loiseau-des-morts-andre-marcel-adamek/" target="_blank"><em>L&#8217;oiseau des morts</em></a> d&#8217;André-Marcel Adamek m&#8217;a ravie par sa poésie et ce partage, rare, de la vie d&#8217;une délicate et innocente corneille ; <a href="http://marecages.be/2011/07/quand-souffle-le-vent-du-nord-daniel-glattauer/" target="_blank"><em>Quand souffle le vent du nord</em></a> de Daniel Glattauer s&#8217;est laissé dévorer en dépit de sa facilité et de ses répétitions, &laquo;&nbsp;faiblesses&nbsp;&raquo; discrètes qui m&#8217;auront tout de même empêchée de découvrir la suite de ce roman&#8230;</p>
<p>Ce n&#8217;est pas rien, il n&#8217;y a pas eu que des déceptions ! Néanmoins, le grand rêve d&#8217;un livre qui se distingue et surplombe dignement tous les autres se sera fait attendre jusqu&#8217;au bout et en vain&#8230;</p>
<p>J&#8217;entame donc 2012 sans acharnement et me laisse le loisir d&#8217;oublier une frustration bien présente.<br />
J&#8217;ai pris la décision de lire à mon aise, de ne plus écrire de critique si je dois chercher à exprimer un ressenti qui flirte avec quelque chose comme de l&#8217;indifférence ou de la lassitude. Je pense que je me suis éreintée à toujours rendre compte de mes lectures, à toujours vouloir trouver des mots pour ce qui n&#8217;en avait pas. Plutôt que d&#8217;écrire avec une régularité de métronome<sup><a href="http://marecages.be/2012/01/bilan-2011-tardivement-mais-surement/#footnote_0_5773" id="identifier_0_5773" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et encore, pas tant que &ccedil;a !">1</a></sup> et voir la qualité de mes arguments s&#8217;effilocher, je préfère me faire plus rare et rendre compte des livres qui auront eu une résonance, un impact, qui m&#8217;auront touchée d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre, simplement&#8230;</p>
<p>Je vous souhaite à tous des lectures tout en couleurs qui vous enthousiasment, vous ébranlent, vous émeuvent, vous percutent&#8230; Bref, qui ne vous laissent pas insensibles ! <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>A bientôt,</p>
<p>Reka</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5773" class="footnote">Et encore, pas tant que ça !</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://marecages.be/2012/01/bilan-2011-tardivement-mais-surement/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>17</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>D&#8217;autres prendront nos places / Pierre Noirclerc</title>
		<link>http://marecages.be/2012/01/dautres-prendront-nos-places-pierre-noirclerc/</link>
		<comments>http://marecages.be/2012/01/dautres-prendront-nos-places-pierre-noirclerc/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 19:50:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[*** | J'ai apprécié]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[alcoolisme]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[internet]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[solitude]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://marecages.be/?p=5766</guid>
		<description><![CDATA[&#171;&#160;Je crois que nous venons tous au monde avec des désirs de perfection qui s&#8217;amenuisent au contact de la réalité. Quand la vie vous met à genoux faut bien revoir ses ambitions à la baisse.&#160;&#187; (p. 220) Pierre n&#8217;a pas la trentaine. Il est sans emploi et célibataire. Il quitte le logis parental et les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full  aligncenter" title="Noirclerc, Pierre. D'autres prendront nos places. Flammarion, 2011. 230 p." src="http://upload.marecages.be/couv/noidau.jpg" alt="" width="100" /></p>
<p style="text-align: center;"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/6.gif' alt=':6:' class='wp-smiley' /> </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Je crois que nous venons tous au monde avec des désirs de perfection qui s&#8217;amenuisent au contact de la réalité. Quand la vie vous met à genoux faut bien revoir ses ambitions à la baisse.&nbsp;&raquo; (p. 220)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/resu.gif' alt=':resu:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Pierre n&#8217;a pas la trentaine. Il est sans emploi et célibataire. Il quitte le logis parental et les tensions familiales pour s&#8217;installer à Paris où il espère trouver un job plus facilement.</p>
<p>Dans son modeste quinze mètres carrés à 600€ où des rats ont élu domicile, Pierre vit un quotidien peu glorieux : entre les recherches d&#8217;emploi peu fructueuses, les rencontres insolites, l&#8217;ennui et l&#8217;alcool à son continuel secours, notre narrateur s&#8217;enlise doucement. <em></em></p>
<p><em>D&#8217;autres prendront nos places</em> raconte la vie d&#8217;un Parisien désenchanté. Mais tout arrive à qui sait attendre&#8230;</p>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/avis.gif' alt=':avis:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Entre les déboires sentimentaux, la recherche d&#8217;emploi compliquée et l&#8217;alcool où se noie son narrateur, on pourrait s&#8217;attendre à ce que Pierre Noirclerc nous délivre ici un livre<sup><a href="http://marecages.be/2012/01/dautres-prendront-nos-places-pierre-noirclerc/#footnote_0_5766" id="identifier_0_5766" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Roman ou autobiographie? Rien ne le dit. Troublante est pourtant la co&iuml;ncidence entre les pr&eacute;noms de l&amp;#8217;auteur et du narrateur, leur &acirc;ge et leur lieu de r&eacute;sidence&amp;#8230;">1</a></sup> franchement déprimant et pourtant, il n&#8217;en est rien.</p>
<p>Notre auteur s&#8217;en tire en effet habilement par le cynisme qu&#8217;il distille dans les courts chapitres (2 à 7 pages) qui constituent son ouvrage.</p>
<p>Ce livre, très contemporain de par son style et les problèmes de société qu&#8217;il évoque (Internet et la crise de notre siècle &#8211; à commencer par la &laquo;&nbsp;pénurie&nbsp;&raquo; d&#8217;emploi &#8211; prennent ici une grande place) m&#8217;a interpellée çà et là par les justes réflexions qu&#8217;il soulève&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;On parvient à survivre tant qu’on ne se compare pas aux autres. Ce n’est qu’à ce prix qu’on réussit à se supporter soi-même.&nbsp;&raquo; (p. 179-180)</p></blockquote>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Le début comme tous les débuts n&#8217;était pas si désagréable. Ce n&#8217;est que lorsque les choses trainent en longueur qu&#8217;on commence à s&#8217;en lasser et à les percer à jour. Il en est ainsi pour n&#8217;importe quel job, il en est ainsi pour n&#8217;importe quelle histoire d&#8217;amour.&nbsp;&raquo; (p. 185)</p></blockquote>
<p>Pierre Noirclerc fait non sans dérision le procès du paraître/des faux semblants, de la déshumanisation de la société, etc. Son personnage est réaliste, distant (désabusé?) et ne manque jamais de mordant (humour noir&#8230; criard) pour appréhender le monde qui l&#8217;entoure.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;L&#8217;électricité est une invention géniale. On s&#8217;en sert pour ôter la vie des gens et aussi pour les concerts de rock.&nbsp;&raquo; (p. 58)</p></blockquote>
<p>Je suis rentrée dans ce livre avec rapidité et facilité (Noirclerc use d&#8217;un style proche du langage oral que j&#8217;ai trouvé plutôt efficace) mais j&#8217;ai déploré deux-trois petites choses : le nihilisme et l&#8217;aigreur constante (fatigants à la longue), l&#8217;absence d&#8217;espérance (même dans les dernières pages, abruptement dures même si chargées d&#8217;une mélancolique amertume assez poétique, en fin de compte), le manque d&#8217;ambition qui caractérise le narrateur (comme une envie de le secouer comme un prunier, par moments !) et la crudité de certains passages (impossible de les lire sans piquer un fard dans les transports en commun !).</p>
<p>En définitive, une lecture agréable entrecoupée de sourires amusés, plusieurs réflexions pertinentes reflétant avec justesse la mentalité de notre société actuelle, mais pas un coup de cœur en ce qui me concerne !</p>
<p>Je remercie <a href="http://www.welovewords.com/" target="_blank"><img class="alignnone" src="http://marecages.be/upload/out/parten/wlw.gif" alt="" width="135" height="29" /></a><sup><a href="http://marecages.be/2012/01/dautres-prendront-nos-places-pierre-noirclerc/#footnote_1_5766" id="identifier_1_5766" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le livre de Pierre Noirclerc a &eacute;t&eacute; r&eacute;compens&eacute; en 2011 par le prix Welovewords.">2</a></sup> &#8211; et plus particulièrement Roxane, sans qui je n&#8217;aurais peut-être jamais pu découvrir ce livre &#8211; de m&#8217;avoir proposé ce livre en partenariat !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5766" class="footnote">Roman ou autobiographie? Rien ne le dit. Troublante est pourtant la coïncidence entre les prénoms de l&#8217;auteur et du narrateur, leur âge et leur lieu de résidence&#8230;</li><li id="footnote_1_5766" class="footnote">Le livre de Pierre Noirclerc a été récompensé en 2011 par le prix Welovewords.</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://marecages.be/2012/01/dautres-prendront-nos-places-pierre-noirclerc/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>9</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Grâce et dénuement / Alice Ferney</title>
		<link>http://marecages.be/2011/12/grace-et-denuement-alice-ferney/</link>
		<comments>http://marecages.be/2011/12/grace-et-denuement-alice-ferney/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 19 Dec 2011 06:30:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[*** | J'ai apprécié]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[apprentissage]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[lecture]]></category>
		<category><![CDATA[récit de vie]]></category>
		<category><![CDATA[Roms]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://marecages.be/?p=5717</guid>
		<description><![CDATA[&#171;&#160;Non, pensait Esther, ceux-là ne se plaindraient de rien, ils ne connaissaient que le tranchant des choses.&#160;&#187; (p. 59) A l&#8217;écart de la ville, sur un terrain vague, vit une famille de Gitans que les habitants &#8216;riches et civilisés&#8217; méprisent. Angéline, la doyenne, partage ce territoire avec ses cinq fils, les quatre épouses des derniers [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full  aligncenter" title="Ferney, Alice. Grâce et dénuement. J'ai lu, 2002. 187 p." src="http://upload.marecages.be/couv/fergra.jpg" alt="" width="100" /></p>
<p style="text-align: center;"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/7.gif' alt=':7:' class='wp-smiley' /> </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Non, pensait Esther, ceux-là ne se plaindraient de rien, ils ne connaissaient que le tranchant des choses.&nbsp;&raquo; (p. 59)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/resu.gif' alt=':resu:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>A l&#8217;écart de la ville, sur un terrain vague, vit une famille de Gitans que les habitants &#8216;riches et civilisés&#8217; méprisent. Angéline, la doyenne, partage ce territoire avec ses cinq fils, les quatre épouses des derniers et leurs enfants respectifs.</p>
<p>Esther, bibliothécaire, fait un jour son apparition auprès d&#8217;Angéline et se propose de lire des histoires à ses petits-enfants.</p>
<p>Alors qu&#8217;elle est qualifiée de &laquo;&nbsp;gadjé&nbsp;&raquo;<sup><a href="http://marecages.be/2011/12/grace-et-denuement-alice-ferney/#footnote_0_5717" id="identifier_0_5717" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dans ce roman, Alice Ferney attribue au mot &amp;laquo;&amp;nbsp;gadj&eacute;&amp;nbsp;&amp;raquo; la traduction &amp;laquo;&amp;nbsp;putain&amp;nbsp;&amp;raquo;. En r&eacute;alit&eacute;, ce terme ne sert aux Roms que pour qualifier les individus qui ne sont pas des Roms&amp;#8230; (Source.) ">1</a></sup>, elle va, par ses venues hebdomadaires, sa persévérance<sup><a href="http://marecages.be/2011/12/grace-et-denuement-alice-ferney/#footnote_1_5717" id="identifier_1_5717" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Esther se bat, tout au long du livre, pour qu&amp;#8217;Anita, l&amp;#8217;a&icirc;n&eacute;e des enfants, b&eacute;n&eacute;ficie d&amp;#8217;une inscription &agrave; l&amp;#8217;&eacute;cole municipale.">2</a></sup> et sa générosité peu à peu communiquer aux enfants le goût des contes et des fables et trouver dans ce grand groupe à la culture si différente de la nôtre une place&#8230;<br />
 <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/avis.gif' alt=':avis:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>J&#8217;ai éprouvé des difficultés à rentrer dans ce roman en raison de la généalogie complexe qui s&#8217;étend en dessous d&#8217;Angéline<sup><a href="http://marecages.be/2011/12/grace-et-denuement-alice-ferney/#footnote_2_5717" id="identifier_2_5717" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La famille compte 20 personnages environ.">3</a></sup> et de la culture atypique qu&#8217;on est amené à rencontrer abruptement dès les premières pages, mais l&#8217;apparition d&#8217;Esther &#8211; Esther qui joue le rôle de pont entre eux (les Roms) et nous, lecteurs (Gadji que nous sommes, tout comme elle) facilite l&#8217;immersion au cœur de cette singulière histoire&#8230;</p>
<p>L&#8217;écriture de l&#8217;auteure décrit avec finesse et sobriété l&#8217;existence humble des gens du voyage.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Oui, la vitalité s&#8217;était enfermée en eux. Partout, ils trouvaient leurs marques. Le ravitaillement sans argent, l&#8217;eau potable qu&#8217;il fallait chercher à la pompe, les sources occasionnelles de revenu, les tournées des hommes dans la banlieue, tout cela eût semblé à d&#8217;autres une existence impossible et tout cela assurait un rythme à leur vie.&nbsp;&raquo; (p. 26)</p></blockquote>
<p>J&#8217;ai ressenti beaucoup de respect de la part d&#8217;Alice Ferney vis-à-vis de ses personnages :<em> Grâce et dénuement</em> est un roman à la fois sensible et retenu. Il n&#8217;émet pas de jugement à l&#8217;égard des Roms/Gitans et nous invite à la tolérance.</p>
<p>Ce livre m&#8217;a permis de passer un plaisant moment et m&#8217;a surprise par sa capacité à mettre au jour &#8211; le roman porte bien son titre &#8211; la grâce qui peut émaner du dénuement et ce, sans faire preuve de complaisance pour autant. Il projette le lecteur dans un monde gris et revêche, l&#8217;y fait macérer jusqu&#8217;à substituer à la bienséance davantage d&#8217;humanité&#8230;</p>
<p><a href="http://ceciledequoide9.blogspot.com/2011/02/grace-et-denuement-de-alice-ferney.html" target="_blank">Cécile QD9</a> et <a href="http://reves-de-lecture.over-blog.com/article-grace-et-denuement---alice-ferney-78784890.html" target="_blank">Marie</a> m&#8217;ont toutefois permis de prendre conscience <em>a posteriori</em> de quelques bémols : les échanges entre Esther et Angéline et les siens restent toujours très superficiels. Je m&#8217;étonne donc avec elles que la magie ait lieu, que cette leçon d&#8217;humanité passe avec tant de facilité quand les relations tissées entre les Roms et la Gadjé demeurent finalement très peu profonds&#8230;</p>
<p>Aussi, tout en se gardant de les juger, Alice Ferney décrit le mode de vie des Gitans par la malpropreté, l&#8217;inculture, l&#8217;oisiveté, l&#8217;alcoolisme, les larcins, le machisme, les violences conjugales, l&#8217;infidélité, &#8230; Mais évite-t-on les clichés avec une description pareille à celle-là?</p>
<p>Quoi qu&#8217;il en soit, force est de constater que le livre fait son effet si l&#8217;on se laisse porter sans y réfléchir&#8230; Une jolie découverte !</p>
<p><img class="alignnone" src="http://upload.marecages.be/out/lecco.gif" alt="" width="100" height="65" /></p>
<p>Ce livre a été lu dans le cadre d’une <strong>lecture commune </strong>avec <a href="http://bookophiles.wordpress.com/" target="_blank">Del</a> et <a href="http://lameralire.blogspot.com/" target="_blank">Lucile</a>.</p>
<p><a title="Ce livre sur SensCritique" href="http://www.senscritique.com/livre/grace-et-denuement/452123487386194" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/SC.gif' alt=':SC:' class='wp-smiley' /> </a><a title="Ce livre sur Babelio" href="http://www.babelio.com/livres/Ferney-Grace-et-denuement/10534" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/BB.gif' alt=':BB:' class='wp-smiley' /> </a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5717" class="footnote">Dans ce roman, Alice Ferney attribue au mot &laquo;&nbsp;gadjé&nbsp;&raquo; la traduction &laquo;&nbsp;putain&nbsp;&raquo;. En réalité, ce terme ne sert aux Roms que pour qualifier les individus qui ne sont pas des Roms&#8230; (<a href="http://dictionnaire.reverso.net/francais-definition/gadj%C3%A9" target="_blank">Source</a>.) </li><li id="footnote_1_5717" class="footnote">Esther se bat, tout au long du livre, pour qu&#8217;Anita, l&#8217;aînée des enfants, bénéficie d&#8217;une inscription à l&#8217;école municipale.</li><li id="footnote_2_5717" class="footnote">La famille compte 20 personnages environ.</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://marecages.be/2011/12/grace-et-denuement-alice-ferney/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>13</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Hôtel Iris / Yôko Ogawa</title>
		<link>http://marecages.be/2011/11/hotel-iris-yoko-ogawa/</link>
		<comments>http://marecages.be/2011/11/hotel-iris-yoko-ogawa/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 28 Nov 2011 07:10:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[** | J'ai toléré]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[désir]]></category>
		<category><![CDATA[perversion]]></category>
		<category><![CDATA[relation parents-enfants]]></category>
		<category><![CDATA[sexualité]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://marecages.be/?p=5624</guid>
		<description><![CDATA[&#171;&#160;J&#8217;étais censée pleurer parce que j&#8217;avais peur et je souhaitais du fond du cœur entendre à nouveau les ordres qu&#8217;il donnait.&#160;&#187; (p. 67) Mari, 17 ans, a arrêté ses études pour prêter main forte à sa mère dans la gestion de son hôtel. Elle travaille dur et ne se voit accorder aucune pause, aucune liberté, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full  aligncenter" title="Ogawa, Yôko. Hôtel Iris. Actes Sud (Lettres japonaises), 2000. 238 p." src="http://upload.marecages.be/couv/ogahot.png" alt="" width="100" /></p>
<p style="text-align: center;"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/5.gif' alt=':5:' class='wp-smiley' /> </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;J&#8217;étais censée pleurer parce que j&#8217;avais peur et je souhaitais du fond du cœur entendre à nouveau les ordres qu&#8217;il donnait.&nbsp;&raquo; (p. 67)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/resu.gif' alt=':resu:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Mari, 17 ans, a arrêté ses études pour prêter main forte à sa mère dans la gestion de son hôtel. Elle travaille dur et ne se voit accorder aucune pause, aucune liberté, même pas celle de pouvoir se coiffer comme elle l&#8217;entend&#8230;</p>
<p>Un jour, un événement trouble la tranquillité de l&#8217;hôtel : une prostituée sort d&#8217;une des chambres en proférant des insanités à l&#8217;encontre d&#8217;un homme resté dans l&#8217;ombre de la pièce qu&#8217;ils occupaient précédemment. Mari entend sa voix et l&#8217;entr&#8217;aperçoit quand il se lance à la poursuite de celle qui crie au scandale&#8230; Dès lors, cet homme la subjugue et l&#8217;obsède&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Je me suis retournée. L&#8217;homme se tenait sur le palier. On pouvait dire qu&#8217;il avait passé l&#8217;âge mur et se trouvait à l&#8217;aube de sa vieillesse. [...] Il n&#8217;était ni haletant, ni en sueur, alors que la femme était si éperdue. Il n&#8217;était pas non plus embarrassé. Seuls les quelques cheveux qu&#8217;il avait encore sur le front étaient mêlé, en désordre.<br />
Je me suis dit que je n&#8217;avais encore jamais entendu un ordre résonner d&#8217;une manière aussi belle. Il en émanait sang-froid, majesté et conviction. Même le mot &laquo;&nbsp;putain&nbsp;&raquo; avait un accent aimable.<br />
&laquo;&nbsp;Tais-toi, putain.&nbsp;&raquo;<br />
J&#8217;essayai de le faire revivre pour moi seule. Mais l&#8217;homme ne rouvrit pas la bouche.&nbsp;&raquo; (p. 13)</p></blockquote>
<p>Partie faire une course, Mari croise l&#8217;homme peu de temps après l&#8217;incident survenu à l&#8217;hôtel. Elle le suit, ils se rencontrent. Bientôt, elle devient objet de désir, de sadisme et d&#8217;humiliation. Elle qui n&#8217;a jamais vraiment menti ni désobéi à sa mère, elle multiplie sans crainte les ruses pour retrouver son amant/bourreau. Aspirée dans une spirale de perversion sexuelle, elle semble à vrai dire prête à suivre celui-ci jusqu&#8217;à la mort&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Plus la chair au service de laquelle je suis est laide, mieux c’est. Cela me permet de me sentir vraiment misérable. Lorsqu’on me brutalise, lorsque je ne suis plus qu’un bloc de chair, naît enfin au fond de moi une onde de pur plaisir.&nbsp;&raquo; (p. 177)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/avis.gif' alt=':avis:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Pour d&#8217;obscures raisons, la littérature asiatique ne m&#8217;a jamais vraiment attirée. Suite à ma lecture d&#8217;<a href="http://marecages.be/?p=768" target="_blank"><em>Au sud de la frontière, à l&#8217;ouest du soleil</em></a> d&#8217;Haruki Murakami, mon hésitation à découvrir des auteurs asiatiques s&#8217;était résolument confirmée. Ce n&#8217;est qu&#8217;en vue de boucler le challenge <a href="http://ennalit.canalblog.com/archives/2010/12/04/19654647.html" target="_blank">Petit bac</a> avec cette catégorie qui a posé problème à plusieurs d&#8217;entre nous (le végétal) que je suis allée à la rencontre de Yôko Ogawa&#8230;</p>
<p>J&#8217;avais quand même bon espoir d&#8217;apprécier cette auteure en raison de la dimension psychologique qui émanait, m&#8217;a-t-on plusieurs fois expliqué, de tous ses livres.</p>
<p>Je crois l&#8217;avoir compris, je suis tombée sur l&#8217;un des romans les plus extrêmes d&#8217;Ogawa&#8230;</p>
<p>L&#8217;écrivaine nous propose ici une initiation à l&#8217;amour physique dans tout ce qu&#8217;il a de plus anormal, froid et malsain. A peine sortie de l&#8217;enfance, la naïve Mari s&#8217;interroge sur ses premiers émois érotiques&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Je ne sais pas très bien si ce que le traducteur a fait à mon corps est normal ou non. Je ne sais pas non plus comment le savoir.<br />
Mais je crois que c&#8217;était sans doute quelque chose de spécial. Parce que c&#8217;était assez différent de tout ce que j&#8217;ai pu imaginer dans ma tête d&#8217;après l&#8217;ambiance et les bruits discrets qui flottent la nuit aux environs de la réception de l&#8217;hôtel.&nbsp;&raquo; (p. 71)</p></blockquote>
<p>Bientôt, elle prend goût à ces jeux avilissants et dangereux &#8211; des jeux dont elle perçoit l&#8217;esthétique de la douleur et de la mort avant même de succomber à la souffrance physique &#8211; auxquels la soumet &laquo;&nbsp;le traducteur&nbsp;&raquo;, cet homme ambigu qui se montre tour à tour attentionné voire craintif, puis subitement tyrannique et incontrôlable.<br />
Elle entretient avec lui une relation régulière alors qu’elle n’ignore en rien le bruit qui l’accuse d’avoir tué son épouse&#8230;</p>
<p><em>Hôtel Iris</em> traite un sujet scabreux sans verser dans la vulgarité. En raison, sans doute, de l&#8217;ingénuité avec laquelle s&#8217;exprime Mari, je me suis surprise à osciller entre dégoût et fascination. Le malaise contenu dans les pages de ce roman m&#8217;a tourmentée. Étourdie, je songeais à chaque pause à l&#8217;ampleur du &laquo;&nbsp;dérangement&nbsp;&raquo; de la narratrice, tout en ne comprenant pas par quelle alchimie et pourquoi survenait la fascination &#8211; improbable et problématique -, à côté du dégoût&#8230;</p>
<p>Chose surprenante, j&#8217;ai mieux supporté ce livre et la façon dont le sado-masochisme<sup><a href="http://marecages.be/2011/11/hotel-iris-yoko-ogawa/#footnote_0_5624" id="identifier_0_5624" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voil&agrave; deux fois que j&amp;#8217;&eacute;cris sado-machochisme : je serais curieuse de savoir ce que Monsieur Freud aurait pu comprendre de ce lapsus&amp;#8230;">1</a></sup> &#8211; sujet principal &#8211; y était abordé que <a href="http://marecages.be/?p=5138" target="_blank"><em>Les femmes du braconnier</em></a> où la sexualité dégoulinait, écœurante, même en tant que sujet secondaire !</p>
<p>Ce roman ne sera sans aucun doute pas mon préféré de Yôko Ogawa : je pense qu&#8217;il m&#8217;aurait mieux plu s&#8217;il avait été moins explicite, plus suggestif. <em></em>Toutefois, je pense avoir trouvé une auteure qui risque de me plaire à travers d&#8217;autres oeuvres. Aussi, suis-je bien décidée à découvrir <em>Cristallisation secrète</em> qu&#8217;il me tarde de voir paraître en poche, ou encore <em>La piscine &#8211; Les abeilles &#8211; La grossesse</em>, qu&#8217;une amie m&#8217;a chaudement recommandé.</p>
<p>Me conseilleriez-vous de privilégier l&#8217;un ou l&#8217;autre? M&#8217;en conseilleriez-vous d&#8217;autres?</p>
<p><img class="alignnone" src="http://upload.marecages.be/out/chall/petitbac.gif" alt="" width="150" height="122" /></p>
<p>Cette lecture rentre dans le cadre du<strong> challenge <a href="http://ennalit.canalblog.com/archives/2010/12/04/19654647.html" target="_blank">« Petit bac »</a></strong>, catégorie &laquo;&nbsp;Végétal&nbsp;&raquo; (7/7).</p>
<p><a title="Ce livre sur SensCritique" href="http://www.senscritique.com/livre/hotel-iris/323123482026260" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/SC.gif' alt=':SC:' class='wp-smiley' /> </a><a title="Ce livre sur Babelio" href="http://www.babelio.com/livres/Ogawa-Hotel-Iris/4404" target="_blank"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/BB.gif' alt=':BB:' class='wp-smiley' /> </a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5624" class="footnote">Voilà deux fois que j&#8217;écris sado-machochisme : je serais curieuse de savoir ce que Monsieur Freud aurait pu comprendre de ce lapsus&#8230;</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://marecages.be/2011/11/hotel-iris-yoko-ogawa/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>15</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Vous vous appelez Michelle Martin / Nicole Malinconi</title>
		<link>http://marecages.be/2011/11/vous-vous-appelez-michelle-martin-nicole-malinconi/</link>
		<comments>http://marecages.be/2011/11/vous-vous-appelez-michelle-martin-nicole-malinconi/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2011 13:56:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reka</dc:creator>
				<category><![CDATA[** | J'ai toléré]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[faits historiques]]></category>
		<category><![CDATA[témoignage]]></category>
		<category><![CDATA[viol]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://marecages.be/?p=5560</guid>
		<description><![CDATA[&#171;&#160;C&#8217;est cela qui m&#8217;est apparu en écrivant, la possibilité (le risque) de l&#8217;horreur commune.&#160;&#187; (p. 11) Lorsque Nicole Malinconi reçoit l&#8217;appel de l&#8217;avocat de Michelle Martin1 et qu&#8217;il lui confie le désir de sa cliente d&#8217;écrire un livre, l&#8217;auteure accepte une rencontre. L&#8217;écrivaine rendra visite à celle-ci plusieurs fois, à la prison de Namur. Le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full  aligncenter" title="Malinconi, Nicole. Vous vous appelez Michelle Martin. Denoël, 2008. 111 p." src="http://upload.marecages.be/couv/malvou.png" alt="" width="100" /></p>
<p style="text-align: center;"> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/5.gif' alt=':5:' class='wp-smiley' /> </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;C&#8217;est cela qui m&#8217;est apparu en écrivant, la possibilité (le risque) de l&#8217;horreur commune.&nbsp;&raquo; (p. 11)</p></blockquote>
<p> <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/resu.gif' alt=':resu:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Lorsque Nicole Malinconi reçoit l&#8217;appel de l&#8217;avocat de Michelle Martin<sup><a href="http://marecages.be/2011/11/vous-vous-appelez-michelle-martin-nicole-malinconi/#footnote_0_5560" id="identifier_0_5560" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;pouse et complice de Marc Dutroux, criminel belge impliqu&eacute; entre 1995 et 1996 dans de nombreuses affaires d&amp;#8217;assassinat, de viol et de s&eacute;questration.">1</a></sup> et qu&#8217;il lui confie le désir de sa cliente d&#8217;écrire un livre, l&#8217;auteure accepte une rencontre.</p>
<p>L&#8217;écrivaine rendra visite à celle-ci plusieurs fois, à la prison de Namur.</p>
<p>Le souhait, bien que flou de la détenue semble de vouloir mettre à plat sa vie en prison et son histoire &#8216;objective&#8217;, mais indépendamment de tout ce qu&#8217;elle a pu répéter et ressasser durant l&#8217;instruction.</p>
<p>Celui de Nicole Malinconi &#8211; un rien antagoniste &#8211; est de traquer les mots interdits et de parvenir à comprendre comment on en arrive, par l&#8217;envoûtement d&#8217;un seul homme, à semer la mort aveuglément.</p>
<p>Ce récit est fait de deux voix, bien qu&#8217;après avoir lu le manuscrit de l&#8217;auteure, Michelle Martin en ait refusé la publication&#8230;<br />
 <img src='http://marecages.be/wp-includes/images/smilies/avis.gif' alt=':avis:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>La réapparition de Michelle Martin dans la presse, en <a href="http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_le-tribunal-s-est-prononce-pour-la-liberation-de-michelle-martin?id=6073753" target="_blank">mai 2011</a> (quatrième demande de libération conditionnelle) m&#8217;a poussée à un questionnement entêtant. La personnalité de l&#8217;ex-femme de Marc Dutroux est celle qui, dans cette sinistre affaire, m&#8217;interpelle le plus. A l&#8217;abri des faisceaux orientés et <em>a fortiori</em> féroces des médias, j&#8217;aspire encore à comprendre qui se cache derrière cet être insaisissable&#8230;</p>
<p>A la sortie de ce livre, des critiques peu attentifs ont prétendu que Nicole Malinconi était de connivence avec Michelle Martin et que son ouvrage visait à appuyer sa demande de libération. Faux : si elle se montre à l&#8217;écoute, elle n&#8217;en prend pas moins parti du côté des petites filles, de leurs parents et des citoyens outrés. D&#8217;ailleurs, l&#8217;avocate de Michelle Martin a envisagé de lancer <a href="http://archives.lesoir.be/le-livre-sur-michelle-martin-interdit-_t-20080110-00EGLF.html?queryand=%22vous+vous+appelez+michelle+martin%22&amp;firstHit=0&amp;by=10&amp;when=-1&amp;begYear=1989&amp;begMonth=01&amp;begDay=01&amp;endYear=2011&amp;endMonth=11&amp;endDay=21&amp;sort=datedesc&amp;rub=TOUT&amp;pos=4&amp;all=5&amp;nav=1" target="_blank">une action en justice</a> en janvier 2008 pour empêcher la publication de ce livre qui était susceptible de nuire à sa cliente&#8230;</p>
<p>Nicole Malinconi emprunte ici le &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo; de politesse comme si elle adressait une lettre ouverte à Michelle Martin. Elle relate les répliques et attitudes de son interlocutrice et les commente, les agrémente de ses impressions personnelles (trouble, contrariété, &#8230;), comme si elle voulait confronter celle-ci à l&#8217;image qu&#8217;elle donne d&#8217;elle&#8230;</p>
<p>J&#8217;ai apprécié ce livre parce qu&#8217;il m&#8217;a permis d&#8217;en apprendre davantage sur la vie et la personnalité de Michelle Martin. J&#8217;ai notamment été étonnée par la façon qu&#8217;a cette femme de réussir, apparemment, à avancer dès lors qu&#8217;elle pense avoir trouvé des explications-justifications à son impardonnable comportement &#8211; une réalité qui transparaît en travers des lignes&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Brusquement, vous ajoutez : Maintenant, j’ai répondu à la question, tout cela est derrière moi, je peux aller plus loin.<br />
Vous faites le geste de déposer quelque chose, à côté.&nbsp;&raquo; (p. 95)</p></blockquote>
<p>J&#8217;ai été agréablement surprise, aussi, par le fait que l&#8217;auteure ose présenter publiquement des vérités comme celle-là&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;[...] même au bout de votre peine, l&#8217;opinion publique pourrait vous en infliger aveuglément une autre, une mise à l&#8217;écart définitive. Penser à votre sortie, c&#8217;est penser à cette cruauté-là.&nbsp;&raquo; (p. 35)</p></blockquote>
<p>Par contre, quelque chose m&#8217;a franchement choquée dans ce livre : d&#8217;emblée, Nicole Malinconi voit clair sur ses intentions propres, sur son projet d&#8217;écriture&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Me revient aussitôt la question du début, d&#8217;avant même notre rencontre, celle qui m&#8217;a menée à vous, sans quoi l&#8217;idée d&#8217;un livre avec vous m&#8217;apparaît vaine, impossible : comment une femme se laisse-t-elle envoûter par un homme, jusqu&#8217;à laisser mourir, jusqu&#8217;à cet abandon de la vie, de l&#8217;élémentaire loi de la vie, jusqu&#8217;à l&#8217;oubli de la vie en elle?&nbsp;&raquo; (p. 35)</p></blockquote>
<p>Pendant plusieurs mois, elle rend visite à cette femme qui a fait la démarche de demander de l&#8217;aide pour écrire sur sa condition de détenue et son parcours existentiel &#8211; de son enfance aux côtés d&#8217;une mère exclusive et déséquilibrée à sa relation avec Marc Dutroux auprès de qui <span style="color: #999999;">&laquo;&nbsp;la prison s&#8217;est répétée&nbsp;&raquo; (p. 66)</span> -, et pas une fois Nicole Malinconi ne fait part à Michelle Martin de ses aspirations inconciliables ni du contenu du livre qu&#8217;elle envisage d&#8217;écrire&#8230;</p>
<p>Je suis peut-être effroyablement laxiste à l&#8217;égard de Michelle Martin : les plus rancuniers d&#8217;entre vous estimeront, à raison peut-être, que n&#8217;importe quelle traitrise, n&#8217;importe quel croche-pied à l&#8217;intention de ce &laquo;&nbsp;monstre&nbsp;&raquo; n&#8217;égalera/ne surpassera ce qu&#8217;elle a pu faire&#8230; Mais j&#8217;estime quant à moi que le citoyen n&#8217;a pas à tenter de se substituer à la justice. Je trouve donc l&#8217;attitude de l&#8217;écrivaine franchement malhonnête. Pour moi, Nicole Malinconi a saisi la balle au bond pour se faire de l&#8217;argent sur la tête d&#8217;une des plus sordides célébrités de Belgique. Qui plus est, elle s&#8217;est permis de participer à son enfoncement alors qu&#8217;elle a été jugée et purge sa peine.</p>
<p>L&#8217;auteure justifie son entêtement à publier ce livre en dépit de la requête inverse de Michelle Martin, mais elle justifie mal sa démarche puisqu&#8217;elle est imbibée de déloyauté et de sournoiserie&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Peut-être avez-vous parlé, durant tous ces mois, dans l&#8217;espoir d&#8217;une sorte de plaidoyer, d&#8217;une entente absolue, sans conditions ; et cet espoir a-t-il grandi avec la confiance réciproque de nos mots. Peut-être avez-vous confondu la confiance réciproque des mots avec la connivence, avec parler d&#8217;une même voix, d&#8217;un même avis.&nbsp;&raquo; (p. 12)</p></blockquote>
<p>Un livre exprimant les dires et les gestes de Michelle Martin, au cours de ces entretiens, aurait-il été possible en toute neutralité? N&#8217;aurait-il pas présenté un risque &laquo;&nbsp;intellectuel&nbsp;&raquo; ? Le deuxième extrait que j&#8217;ai retranscrit permet de voir clair dans la psychologie de la criminelle et ce, sans pour autant que l&#8217;auteure appuie son texte de son empreinte subjective et personnelle. Il aurait donc été possible, selon moi, de relever le défi. Pour moi, c&#8217;eut été même préférable&#8230;</p>
<p>Quant au style de ce livre, &#8230; il paraît sobre et efficace quand il est dissout dans son ensemble. Après avoir relu certains passages indépendamment les uns des autres, j&#8217;ai été cependant frappée par la présence de certaines phrases, longues, qui n&#8217;avaient pas de colonne vertébrale (absence de verbe) ou qui contenaient en leur sein quantité de répétitions&#8230;</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;[...] vous dites : Je <strong>veux</strong> écrire. Je <strong>veux </strong><span style="text-decoration: underline;"><strong>parler</strong></span> de la condition de la femme. [...] Les petites filles, Julie et Mélissa, le fait que j&#8217;ai laissé mourir deux petites filles, je ne <strong>veux</strong> plus en <span style="text-decoration: underline;"><strong>parler</strong></span>. Les faits, tout le monde en a <span style="text-decoration: underline;"><strong>parlé</strong></span> ; les médias, le procès, moi-même. C&#8217;est assez. Je <strong>veux <span style="text-decoration: underline;">parler</span></strong> de moi ici, de toutes celles que je vois ici, de ce que ça veut dire.&nbsp;&raquo; (p. 18)<sup><a href="http://marecages.be/2011/11/vous-vous-appelez-michelle-martin-nicole-malinconi/#footnote_1_5560" id="identifier_1_5560" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je me trompe peut-&ecirc;tre, mais il me semble que l&amp;#8217;auteure ait &eacute;crit &agrave; partir de ses souvenirs des entretiens et que ceux-ci n&amp;#8217;&eacute;taient contenus ni dans un dictaphone, ni dans des notes : &agrave; la fin de son ouvrage &amp;#8211; o&ugrave; est relat&eacute;e l&amp;#8217;une des derni&egrave;res visites de l&amp;#8217;auteure &agrave; la d&eacute;tenue -, N. Malinconi dit qu&amp;#8217;elle ne se souvient vaguement que de deux choses et qu&amp;#8217;elle a oubli&eacute; le reste de l&amp;#8217;&eacute;change. Comment &ecirc;tre s&ucirc;r que cette phrase ait exactement &eacute;t&eacute; celle prononc&eacute;e par Michelle Martin?">2</a></sup></p></blockquote>
<p>Je n&#8217;ai pas été mécontente de découvrir ce livre parce qu&#8217;il m&#8217;a permis d&#8217;un peu mieux comprendre la tortueuse personnalité de Michelle Martin, mais le fait qu&#8217;il ait été édité &#8211; à tort ! &#8211; me rend sceptique jusqu&#8217;à la véracité de son contenu<sup><a href="http://marecages.be/2011/11/vous-vous-appelez-michelle-martin-nicole-malinconi/#footnote_2_5560" id="identifier_2_5560" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir aussi, &agrave; titre d&amp;#8217;exemple, la note de bas de page n&deg;2">3</a></sup>.</p>
<p>On ne joue pas avec la vie des gens : ça vaut autant pour vous que pour Michelle Martin, Madame Malinconi !</p>
<p><img class="alignnone" src="http://upload.marecages.be/out/chall/litbel.gif" alt="" width="150" height="115" /></p>
<p>Ce livre a été lu dans le cadre du <a href="../?p=2738" target="_blank"><strong>challenge « Littérature belge »</strong>.</a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5560" class="footnote">Épouse et complice de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Dutroux" target="_blank">Marc Dutroux</a>, criminel belge impliqué entre 1995 et 1996 dans de nombreuses affaires d&#8217;assassinat, de viol et de séquestration.</li><li id="footnote_1_5560" class="footnote">Je me trompe peut-être, mais il me semble que l&#8217;auteure ait écrit à partir de ses souvenirs des entretiens et que ceux-ci n&#8217;étaient contenus ni dans un dictaphone, ni dans des notes : à la fin de son ouvrage &#8211; où est relatée l&#8217;une des dernières visites de l&#8217;auteure à la détenue -, N. Malinconi dit qu&#8217;elle ne se souvient vaguement que de deux choses et qu&#8217;elle a oublié le reste de l&#8217;échange. Comment être sûr que cette phrase ait exactement été celle prononcée par Michelle Martin?</li><li id="footnote_2_5560" class="footnote">Voir aussi, à titre d&#8217;exemple, la note de bas de page n°2</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://marecages.be/2011/11/vous-vous-appelez-michelle-martin-nicole-malinconi/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>9</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

