Archive pour la Catégorie '**** | J’ai savouré'

Les oreilles de Buster / Maria Ernestam

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« [...] mon cheminement vers le but ultime, tuer pour ne pas être tuée. » (p. 111)

:resu:

Eva mène une vie ordonnée mais sans éclat. Elle partage un quotidien serein avec Sven, son compagnon, cultive passionnément ses rosiers, s’inquiète pour sa fille Suzanne qui est en instance de divorce, et veille régulièrement sur Irène, une vieille dame ingrate et colérique…

A l’occasion de ses cinquante-six ans, Eva reçoit de sa petite-fille un carnet de poésie. Si ce cadeau semble insolite aux adultes, il s’impose pourtant à Eva comme une évidence. Elle se met effectivement à en noircir les pages chaque nuit pour mieux se délester d’une charge émotionnelle qu’elle traîne depuis de trop nombreuses années…

Les premières lignes qu’elle inscrit dans son carnet divulguent sans préalable son pesant secret…

« J’avais sept ans quand j’ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j’ai finalement mis mon projet à exécution. » (p. 11)

… Reste à savoir pourquoi ce matricide a eu lieu. Dans ce roman qui se présente sous la forme d’un journal intime, Eva se révèle doucement, déversant progressivement son passé, son présent, ses émois, ses souffrances…

A mesure que les souvenirs refont surface, la narratrice dévoile peu à peu l’enfer de sa relation avec une mère égoïste, superficielle, jalouse, instable, capricieuse et incommensurablement cruelle envers les siens. Elle relate aussi de quelle manière elle a forgé sa carapace pour mieux se préserver d’elle.

« [...] mais au lieu d’être extravertie, j’étais grave et silencieuse – un trait de caractère indéfendable, car les enfants de ma mère auraient dû être colorés, gais et vifs comme un sac Kelly, pour constituer un accessoire digne d’elle. » (p. 30)

:avis:

J’ai pris connaissance de l’existence de ce roman grâce à Lily. Le contenu des Oreilles de Buster et ses apparentes qualités se sont aussitôt révélés si alléchants que j’ai eu envie de me le procurer sur-le-champ.

Il m’a fallu très peu de temps pour rentrer dans ce livre et pourtant, j’ai craint de le mésestimer dès que le portrait de la mère d’Eva a été amorcé : son machiavélisme me paraissait caricatural et improbable. Toutefois, Miss Alfie m’a conseillé de me laisser porter, et elle ne pouvait pas me donner de plus judicieux conseil. Dès lors que je suis parvenue à admettre l’inclination romanesque de ce récit1, j’ai enfin pu lâcher prise et m’imprégner des confidences d’Eva sans leur opposer de résistance.

La narratrice m’a fascinée par sa complexité psychologique, son ambivalence. Comme les roses, elle renferme une beauté sauvage et piquante pour tout qui s’approche d’un peu trop près… Forte et fragile à la fois, elle dégage quelque chose de brut (voire de « pur », en dépit de son immoralité) et de touchant. Eva prend vie entre les lignes au point qu’on en oublie qu’elle n’est que le fruit de l’imagination d’un auteur…

« Quel est le goût de l’effroi ? L’odeur de la peur ? La sensation d’une chute sans fin ? Qu’advient-il des larmes qui ne quittent pas le corps ? Nappent-elles de givre ses parois internes, de manière à ce que les organes gèlent et finissent par s’arrêter, sombrant lentement dans l’ultime repos ? Où finissent les mots qui traversent l’esprit sans être prononcés ? Existe-t-il un dépôt où s’entassent les souhaits inexprimés ? Peut-on respirer une fois de trop ? » (p. 321)

Ce roman retrace la progression d’un printemps intérieur. L’écriture provoque en effet pour Eva l’éveil d’une sensibilité paralysée depuis l’adolescence. Fluide et poétique, sa plume donne vie à une atmosphère subjuguante et fleurie même dans les moments les plus dérangeants.

Tout est savoureux, dans ce roman. L’écriture est pleine de finesse ; la construction, originale ; le suspense, impeccablement maîtrisé ; les personnages sont attachants… On y trouve de justes réflexions sur la violence psychologique, la construction de soi, la maternité et la relation parents-enfants, ainsi qu’une vision du monde déroutante, une nostalgie qui tend à faire jaillir les larmes, des injustices et une tension qui rendent fou, un fatalisme rude mais émouvant… Je pourrais vanter ses mérites sur des pages et des pages si les mots ne me manquaient pas, comme à chaque fois que j’ai un coup de cœur.

« Il vaut mieux couler certaines vérités avec un poids considérable ficelé aux pieds, pour que leurs tristes dépouilles ne refassent jamais surface. » (p. 398) »

J’ai dévoré ce livre avec avidité, et je pense qu’il me poursuivra longtemps… Remarquable, je vous conseille de le découvrir de toute urgence !

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge Petit bac 2012, catégorie « partie du corps » (6/10).

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  1. Terre à terre, il m’arrive d’éprouver de grandes difficultés pour faire abstraction des éléments invraisemblables ou douteux. Dans ce genre de cas, il est très fréquent que le roman fasse chez moi l’objet d’une dépréciation fulgurante. []

La servante écarlate / Margaret Atwood

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« Ignorer n’est pas la même chose que l’ignorance, il faut se donner de la peine pour y arriver. » (p. 65)

:resu:

Les États-Unis ont été vraisemblablement renommés « République de Giléad ». Un régime théocratique totalitaire a démis la démocratie qui y était encore en place trois ans plus tôt. Depuis lors, les clivages sociaux sont extrêmement marqués – à chaque fonction sa couleur – et de nombreuses activités prohibées.

Ce livre raconte le parcours de l’un de ces sujets tyrannisés. Il s’agit de Defred, une servante dite écarlate. Les servantes écarlates sont les seules, au sein de cette société, à qui il est permis de procréer…

« Notre fonction est la reproduction : nous ne sommes pas des concubines, des geishas ni des courtisanes. Au contraire : tout a été fait pour nous éliminer de ces catégories. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets, nulle faveur particulière ne doit être extorquée par des cajoleries, ni de part ni d’autre ; l’amour ne doit trouver aucune prise. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout : vases sacrés, calices ambulants. » (p. 152)

Même si leur condition n’a rien d’enviable, elles font, de par leur privilège exclusif d’enfanter, l’objet de jalousies et de rancœurs de la part des autres femmes. La maternité des Épouses1 repose en effet entre les mains des Servantes qui, face à un taux de dénatalité croissant lié à la pollution chimique et aux irradiations nucléaires, ne parviennent que très difficilement à tomber enceintes ou à mettre au monde des bébés normaux.

Defred, comme ses égales, jouit de très peu de droits : elle ne peut pas lire, pas écrire, pas se promener sans but dans la maison qu’elle occupe, pas sortir en dehors des heures de promenade, pas regarder les gens dans les yeux, pas nouer d’amitié avec qui que ce soit,… En outre, ses proches, son argent et même son propre prénom lui ont été retirés…

« Je ne m’appelle pas Defred, j’ai un autre nom, dont personne ne se sert maintenant parce que c’est interdit. Je me dis que ça n’a pas d’importance, un prénom, c’est comme son propre numéro de téléphone, cela ne sert qu’aux autres. Mais ce que je me dis est faux, cela a de l’importance. Je garde le savoir de ce nom comme quelque chose de caché, un trésor que je reviendrai déterrer, un jour. Je pense à ce nom comme quelque chose qui serait enfoui. Ce nom a une aura, comme une amulette, un talisman qui a survécu à passé si lointain qu’on ne peut l’imaginer. » (p. 93)

Au cœur de cette vie, la contestation parait extrêmement risquée entre les Gardiens armés qui veillent au respect de l’ordre dans la ville et les Yeux qui, fondus parmi les civils, espionnent, démasquent et punissent les résistants. Defred n’a d’autre choix que de se réfugier en silence dans son passé, et se remémorer son compagnon Luke, sa fille, sa mère ou son amie Moïra… Mais, bientôt, le cours des événements va la mener à rompre la discipline du quotidien et à jouer sur des terrains de plus en plus périlleux.

 La servante écarlate est un roman dystopique paru en 1985.

:avis:

Tenez-vous bien, ce qui va suivre ne se lit pas tous les jours sur ce blog… Des lignes qui suivent émane un rayonnement de satisfaction que je n’ai plus connu depuis au moins six mois2

Ce livre n’a pas pris une ride : le monde démocratique révolu que décrit Defred est incontestablement le nôtre aujourd’hui. Quant au régime totalitaire qui s’impose pour elle au présent, il pourrait bien être celui que nous, lecteurs, connaîtrons dans les mois ou les années à venir : ce roman, lorsqu’il raconte – même brièvement – l’avènement de cette tyrannie, est effrayant de réalisme et de vraisemblance.

J’ai donc suivi Defred tout au long du livre avec beaucoup d’empathie et d’intérêt : j’ai craint à chaque instant les répercussions de ses faux pas, j’ai redouté l’Oeil en chacune de ses fréquentations, j’ai guetté avec anxiété la menace de mort qui courait sur elle et ai rêvé nombre de fois de l’immobiliser au détriment d’une vie qui en mérite le nom pour la préserver du carnage… Bien sûr, j’aurais pu vouloir lui tendre la main pour l’extirper des lignes de sorte à lui éviter de subir son rôle d’actrice une minute de plus mais j’étais déshumanisée et privée de ma liberté avec elle

« Tous les soirs en allant me coucher, je me dis : Demain, je me réveillerai dans ma maison à moi, et tout sera comme avant.
Cela n’est pas arrivé ce matin non plus. » (p. 221)

J’adore les livres qui communiquent un sentiment d’insécurité ou d’agitation et qui vous poussent à vous impliquer, d’une certaine façon : La servante écarlate est de ceux-là. Dans sa manière d’inviter le lecteur à envisager/réfléchir un monde coercitif, austère et navrant, ce roman m’est apparu comme franchement « maturisant ».

Ce n’est certes pas le premier roman d’anticipation dystopique que la littérature connaît – Huxley, Orwell ou Bradbury, pour ne citer qu’eux, en ont proposé de semblables – mais celui-ci se distingue parce qu’il met une femme au centre de l’intrigue. Margaret Atwood creuse ici la question féministe avec beaucoup de subtilité et de retenue. La description de la situation et des événements, dans la bouche de Defred, reste passablement neutre3, laissant au lecteur le loisir de les évaluer par lui-même…

« La santé mentale est un bien précieux. Je l’économise comme les gens économisaient jadis de l’argent, pour en avoir suffisamment le moment venu. » (p. 119)

Je n’ai à déplorer – vaguement – que deux petites choses : l’absence d’une note de bas de page en particulier qui se serait avérée indispensable4  ainsi que la couverture du livre, franchement dissuasive à mon sens (il en va là d’un commentaire frivole, j’en conviens)…

Quoi qu’il en soit, La servante écarlate est d’après moi une œuvre à la fois captivante et intelligente,
une œuvre qui pose constamment en filigrane la question de savoir ce que nous ferions à sa place… Rien de plus ni de moins, je pense, et c’est bien pour cela que ce roman est si interpellant !

« J’essaie de ne pas trop penser. Comme d’autres choses maintenant, la pensée doit être rationnée. Il y a beaucoup de choses auxquelles il n’est pas supportable de penser. Penser peut nuire à nos chances, et j’ai l’intention de durer. » (p. 10)

Lisez ce livre, il est nécessaire !

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge Petit bac 2012, catégorie « couleur » (3/10).

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  1. Les Épouses sont les compagnes des Commandants, et les Commandants, des hommes riches et haut placés qui régentent leur maisonnée. En l’occurrence, c’est avec les Commandants que les Servantes écarlates sont chargées d’assurer la survie de l’espèce… []
  2. Je dois d’ailleurs un énorme merci à Cynthia dont les très bons goûts m’ont permis par deux fois d’échapper à ma bougonnerie routinière ! ;) []
  3. Ce sans pour autant exclure les sentiments de la narratrice, nombreux mais desquels transpire souvent une forme de renoncement… []
  4. « .« Quelle splendide journée de mai », dit Deglen [...] Mayday était un signal de détresse, il y a bien longtemps, [...]. » Sur le moment, je n’ai pas compris le rapport. Il m’a fallu de nombreuses pages pour envisager la phrase originale : « It’s a beautiful May day » : cette lacune aura eu le mérite de me donner l’envie de lire ce roman dans sa version originale. []

Wisconsin / Mary Relindes Ellis

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« [...] mieux vaut vivre avec ses blessures que mourir étouffé dans sa coquille. » (p. 229)

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Face à l’alcoolisme, la perfidie et la violence de son père, James Lucas, 18 ans, n’a pas trouvé d’autre alternative pour fuir les tensions du foyer familial et mettre une correction à son géniteur que de s’enrôler dans les marines.

« Pourquoi avais-je ignoré la lueur hagarde dans ses yeux fixés sur la boîte verte, la violence presque démente de son rire? Quelle gloire pour lui de partir ainsi, en humiliant son père comme celui-ci l’avait humilié ! Il allait s’engager dans l’un des corps les plus rudes de l’armée. Il irait à la guerre et, avec cette confiance propre à la jeunesse, il s’imaginait en revenir non seulement indemne mais aussi en héros couvert de médailles. Il rentrerait en soldat tombé à terre au combat, pas à la suite d’un plaquage pour marquer un essai sur une pelouse impeccable. Non content de faire honte à son père, il deviendrait son opposé en tout point : un homme d’honneur dont les actes méritaient le respect. » (p. 139-140)

Lorsque Bill, son frère, et les Morriseau, leurs voisins, apprennent cette effroyable nouvelle, le départ de James est imminent et le raisonner n’est hélas plus permis…

Bill, le cadet âgé de 8 ans, est amené à survivre à l’absence de son frère pour qui il éprouvait une grande fascination en dépit de la férocité/bêtise1 dont il pouvait parfois faire preuve. L’enfant se retrouve seul auprès de sa mère qui n’est que chagrin, désespoir et, dit-on, folie… L’un et l’autre ne vivent plus que de l’attente des lettres de James et de la peur que John, le père de famille, regagne la ferme pour les inonder de son insondable cruauté.

« Quel enfant ne renverserait pas son verre de lait, ne ferait pas pipi dans son pantalon ou au lit, ne manifesterait pas son malaise dans une maison où les menaces fusent continuellement, jusqu’au moment où un poing vient les concrétiser? » (p. 225)

Les fondations de leur vie ne font que s’effondrer un peu plus lorsque deux lieutenants viennent annoncer à Claire Lucas, la mère, que James a disparu et vraisemblablement péri en combattant au Vietnam…

Parallèlement, Ernie et Rosemary Morriseau, les voisins – un couple bienveillant qui souffre de n’avoir pas pu avoir d’enfants – digèrent bien mal la disparition de James et le fait que Bill ne vienne plus jamais leur rendre visite.

Wisconsin relate le repli et la profonde souffrance de deux familles puis, enfin, leur redressement solidaire…
:avis:

Vous risquez bien de me faire remarquer une fois de plus que mes tags ne sont pas des plus réjouissants… Il est vrai que cet ouvrage cultive le tragique et renferme un condensé de douleur difficilement surpassable, mais je ne sais pas s’il est misérabiliste. Bien que gorgé de sanglots/Malgré qu’il creuse longuement au point de toucher le fond, il présente une issue favorable et distille son émotion avec parcimonie, offrant un tout sans excès et, à mon sens, joliment maîtrisé. Comme l’a on ne peut plus justement exprimé Sentinelle, il ne présente « aucun déterminisme inéluctable mais la possibilité de se libérer de son passé, même si le chemin est aussi escarpé qu’éprouvant ».

Dans un premier temps, ce roman m’a un peu décontenancée. Alternant tour à tour la troisième du singulier et la première par laquelle s’expriment aléatoirement Bill, James, Claire, Rosemary, Ernie ou John, Wisconsin a semé en moi une certaine confusion avant que je trouve dans cette narration atypique un rythme, une respiration qui le rendent à la fois vivant et captivant.

Comme Amanda, ce livre m’a absorbée. Il y a longtemps, je crois, que je n’avais plus éprouvé d’envie pareillement tenaillante de retourner à ma lecture quand les impératifs du quotidien m’y arrachaient.

On s’attache à Bill, ce petit garçon sensible qui recueille dans sa chambre tous les animaux souffrant, celui qu’on voit maintes fois combattre des êtres imaginaires, armé d’une épée en bois et vêtu d’une carapace de tortue qui fait office de bouclier. On s’attache à James, l’adolescent rebelle mais protecteur qui est amené à constater, à des milliers kilomètres de son foyer, combien les mots peuvent manquer pour dire je t’aime. On s’attache à Claire qui trouve en la terre et en la nature qui l’entoure2 une véritable alliée pour ne pas sombrer définitivement dans la folie. On s’attache à Ernie et Rosemary Morriseau, le couple d’Indiens dont l’altruisme et la pudeur sont sans limites. On s’accroche même aussi à Angel, leur chien, dont la vie abrupte a quelque chose de marquant…

« Je me demande toujours comment certaines personnes survivent aux épreuves de la vie – aux guerres, aux maladies, aux liaisons, aux rumeurs, au chômage, à l’alcoolisme, à leur conjoint, à leurs parents, à leurs enfants voire à l’absence d’enfants. Ou, quand je pense à Angel, comment les animaux font pour ne pas dépérir, réduits comme ils le sont à la merci des humains. Comment ils parviennent encore à manifester ce que nous prenons pour des marques d’amour à notre encontre. » (p. 431)

Ce roman est dense, il brasse de nombreux sujets. Il dépeint des personnages tout en nuances et offre une histoire savamment construite qui suit son cours des années 1967 à 2000. Pour un premier roman, Mary Relindes Ellis a fait preuve d’une maîtrise exemplaire et j’espère sincèrement qu’elle en publiera d’autres.

« Combien de fois mon mari lui avait-il agité ces décorations sous le nez en insinuant d’une voix rendue pâteuse par l’alcool que lui ne serait jamais à la hauteur de ce qu’elles représentaient? Au cours de ces scènes  pénibles dont j’étais le témoin déchiré, j’adressais des clins d’oeil à mon fils quand son visage crispé s’empourprait, et j’articulais en silence : Ignore-le ! » (p. 137)

Wisconsin a du chien. Plus j’y pense, plus j’ai l’impression que ce livre va me laisser un souvenir impérissable…

Vous pouvez lire aussi la critique très complète et juste d’In Cold Blog, dont je partage les impressions.

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Cette lecture rentre dans le cadre du challenge « 100 ans de littérature américaine ed. 2011″ et du challenge « Petit bac », catégorie « Lieu » (6/7)

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  1. Dès le premier chapitre, on le découvre tour à tour en train de massacrer une tortue et de suspendre son petit frère par-dessus la rambarde d’un pont. Heureusement, James a aussi de nombreuses qualités, il est un être nettement moins manichéen que son propre père… []
  2. Les paysages sauvages du Wisconsin prennent ici une place importante, donnant au lecteur l’impression de tout voir comme s’il y était ! Superbe. []