
Lili partage la vie et le lit de Samuel, un homme bienveillant qui l’a sortie de prison. Alors que le calme semble avoir refait surface dans l’existence de la jeune femme, réapparaît Yoïm, celui qui a participé à son enfermement et à son déclin dès l’enfance.
Cette enfance est la sienne :
Lili et son jeune frère ont perdu leur mère et sont laissés à l’abandon par leur père durant des semaines. Reclus dans un appartement, les enfants ont très vite fait d’accepter bien volontiers n’importe quel secours, n’importe quelle présence. C’est à ce moment-là que Yoïm, adulte d’âge avancé, fait son apparition dans la vie de Lili. Cette venue sonne pour elle comme une libération même si cet homme la soumet au stupre dès l’âge de 14 ans, même s’il fait d’elle sa pute et celle des autres, même s’il la dresse à coups de stupéfiants…
Lili a aimé cet homme sincèrement. Depuis son retour, elle se subordonne à ses souvenirs qui refont surface. Ses souvenirs qui traînent avec eux les relents d’un érotisme morbide, et la dépendance… Yoïm, lui, n’a d’autre but que de venir cueillir Lili à nouveau.
Après avoir été séduite par Déloger l’animal, une autre œuvre de Véronique Ovaldé, je m’étais promis de ne pas m’arrêter en si bon chemin et de perpétuer la découverte de l’univers de cette auteure.
Cette dernière lecture m’a un tout petit peu moins enthousiasmée que la précédente. Il faut dire que la thématique est beaucoup plus dure que dans Déloger l’animal. Aussi, il m’a fallu du temps pour m’immerger totalement dans le récit. Tellement de temps que je ne pensais pas pouvoir trouver le courage de le finir au départ1.
J’ai rencontré quelque difficultés à faire face à l’impudence et aux mots crus de Lili : ils salissaient brusquement l’atmosphère cotonneuse inspirée par la langueur de la narratrice. Son déséquilibre a, de temps à autres, eu tendance à me figer mais j’ai tout de même fini par l’apprivoiser au point de m’entendre parler comme elle – avec ce rythme lent comme une berceuse -, à l’intérieur.
Ovaldé a le don de manier le verbe et d’envoûter le lecteur. De l’enfermer dans un monde qui est pourtant aux antipodes du sien, de lui donner même l’impression de vivre le récit, de penser les souvenirs de Lili comme s’ils étaient siens.
Je suis et reste conquise par le talent de cette auteure et je me réjouis de poursuivre petit à petit la découverte de ses livres !
- J’ai plongé complètement à mi-chemin, ce qui n’est pas tant rébarbatif puisque ce roman ne fait que 130 pages… [↩]



Vous avez dit…