Archive pour la Catégorie '*** | J’ai apprécié'

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Les hommes en général me plaisent beaucoup / Véronique Ovaldé

:7:

:resu:

Lili partage la vie et le lit de Samuel, un homme bienveillant qui l’a sortie de prison. Alors que le calme semble avoir refait surface dans l’existence de la jeune femme, réapparaît Yoïm, celui qui a participé à son enfermement et à son déclin dès l’enfance.

Cette enfance est la sienne :
Lili et son jeune frère ont perdu leur mère et sont laissés à l’abandon par leur père durant des semaines. Reclus dans un appartement, les enfants ont très vite fait d’accepter bien volontiers n’importe quel secours, n’importe quelle présence. C’est à ce moment-là que Yoïm, adulte d’âge avancé, fait son apparition dans la vie de Lili. Cette venue sonne pour elle comme une libération même si cet homme la soumet au stupre dès l’âge de 14 ans, même s’il fait d’elle sa pute et celle des autres, même s’il la dresse à coups de stupéfiants…

Lili a aimé cet homme sincèrement. Depuis son retour, elle se subordonne à ses souvenirs qui refont surface. Ses souvenirs qui traînent avec eux les relents d’un érotisme morbide, et la dépendance… Yoïm, lui, n’a d’autre but que de venir cueillir Lili à nouveau.

:avis:

Après avoir été séduite par Déloger l’animal, une autre œuvre de Véronique Ovaldé, je m’étais promis de ne pas m’arrêter en si bon chemin et de perpétuer la découverte de l’univers de cette auteure.

Cette dernière lecture m’a un tout petit peu moins enthousiasmée que la précédente. Il faut dire que la thématique est beaucoup plus dure que dans Déloger l’animal. Aussi, il m’a fallu du temps pour m’immerger totalement dans le récit. Tellement de temps que je ne pensais pas pouvoir trouver le courage de le finir au départ1.

J’ai rencontré quelque difficultés à faire face à l’impudence et aux mots crus de Lili : ils salissaient brusquement l’atmosphère cotonneuse inspirée par la langueur de la narratrice. Son déséquilibre a, de temps à autres, eu tendance à me figer mais j’ai tout de même fini par l’apprivoiser au point de m’entendre parler comme elle – avec ce rythme lent comme une berceuse -, à l’intérieur.

Ovaldé a le don de manier le verbe et d’envoûter le lecteur. De l’enfermer dans un monde qui est pourtant aux antipodes du sien, de lui donner même l’impression de vivre le récit, de penser les souvenirs de Lili comme s’ils étaient siens.

Je suis et reste conquise par le talent de cette auteure et je me réjouis de poursuivre petit à petit la découverte de ses livres !

  1. J’ai plongé complètement à mi-chemin, ce qui n’est pas tant rébarbatif puisque ce roman ne fait que 130 pages… []

La souris bleue / Kate Atkinson

:6:

:resu:

Cette histoire met en scène une série de personnages dont Jackson Brodie est l’acteur principal. En effet, en tant que détective privé, ce dernier va se voir chargé de plusieurs affaires – meurtres et disparitions – qu’il va tenter d’élucider.

Julia et Amelia Land viennent vers l’inspecteur Brodie après avoir découvert, en rangeant les affaires de leur père récemment décédé, Souris bleue, la peluche d’Olivia, la benjamine des filles Land qui a disparu 34 ans plus tôt… Comment expliquer que leur père détenait cette peluche pourtant disparue en même temps que leur petite soeur adorée?

Theo Wyre, père de deux filles, a découvert le corps poignardé de sa préférée, Laura, en arrivant sur son lieu de travail. Dix ans après la mise en terre de celle-ci, la police n’a toujours pas mis la main sur l’assassin de sa fille. Theo interpelle Jackson Brodie dans l’espoir de voir ce mystère bientôt résolu…

Michelle Morrison, dont la condition d’épouse et de mère au foyer fâche, se résout à reprendre sa vie en main et à étudier afin de réussir les « A-levels », qui lui permettront d’accéder à l’université. Alors qu’elle parvient, un beau jour, à goupiller merveilleusement son emploi du temps – le repas est prêt, l’enfant dort, elle étudie -, son mari débarque bruyamment, éveille l’enfant en sursaut qui se met à hurler. A bout de nerfs et hystérique, Michelle se surprend à fracasser le crâne de son mari Keith à coup de hache…

Voici trois affaires à démêler. Mais c’est sans compter les autres personnages qui prennent vie dans ce roman : Binkee Rain, Quintus, Caroline, Jonathan, John Burton, Shirley, Emma, Stan Jessop, etc.
:avis:

Kate Atkinson demeure l’un des auteurs fétiches de mon amie Rethymna. Voilà trois ans qu’elle m’encourageait à découvrir ses romans, et pour me forcer à rompre avec mon impassibilité (les quatrième de couverture des œuvres de Kate Atkinson ne m’interpellaient aucunement), elle m’a offert La souris bleue à l’occasion de mon dernier anniversaire… Énorme risque s’il en était après ce cuisant désaccord qui nous opposait depuis L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon (elle adorait, moi pas) ! ;)

Ce roman est un mélange de genres entre polar et étude psychologique. On mène en effet l’enquête aux côtés de Jackson Brodie, mais l’on découvre aussi, avec assez bien de précision, les tempéraments hauts en couleurs des personnages qui prennent place au sein du roman. A travers eux, Kate Atkinson introduit de piquantes critiques de notre société avec un humour singulier que l’on pourrait volontiers qualifier de féroce.

Il est des choses que Kate Atkinson gère avec brio : l’entremêlement des histoires, les prises de parole ou de pensée des personnages, les flashback et les ellipses, les parenthèses (c’est, je crois, ce que j’ai le plus apprécié), et la faculté de nous faire passer de l’amusement au malaise (je n’emploie pas l’expression « du rire aux larmes », car je n’ai pas subi d’états d’âme aussi excessifs…).

Néanmoins, plusieurs aspects m’ont dérangée, à commencer par le nombre d’intervenants (près de 45, selon mon arbre généalogique) qui rend le roman d’une complexité abominable (lecteurs, un conseil, ne vous attaquez pas à La souris bleue sans un crayon et une feuille de papier !). Ensuite, j’avoue n’avoir rien compris à la troisième affaire (relative à Michelle) : je n’ai saisi ni le dénouement, ni le lien éventuel qui la reliait aux deux précédentes1. Enfin, j’ai trouvé la fin de ce roman d’une platitude telle que j’ai refermé le bouquin en grommelant le mot de Cambronne.

Je pense que cette lecture ne restera pas gravée dans ma mémoire, mais je ne nie pas avoir parfois pris beaucoup de plaisir à suivre certains personnages (Amelia en particulier).

Je suis en définitive contente d’avoir découvert le style de cette fameuse auteure, mais je ne pense pas me presser au portillon pour acquérir ses derniers bouquins dès leur parution comme toi, Rethymna. Cela dit, encore un grand merci de m’en avoir fait cadeau ! :)

  1. Non, je l’avoue, je ne sais quand j’ai décroché mais je ne sais toujours pas qui est Caroline, en quoi Shirley ment, ce qui est advenu de Michelle ou de Tanya, … Si quelqu’un pouvait m’éclairer, je lui en serais d’ailleurs très reconnaissante :/ []

N'oublie pas d'être heureuse / Christine Orban

:6:

:resu:

Dans ce roman, Marie nous livre les souvenirs de son enfance et les affres de son avenir ; ses rêves de fillette et ses désillusions d’adulte.

Ce livre est scindé en deux parties. La première est consacrée à Fédala (Mohammediah, Maroc) où Marie a vécu son enfance.
La narratrice nous y raconte sa période la plus douce, entourée de sa mère, de son père, de sa meilleure amie Sofia et de son excentrique et admirée marraine Fifi qui, chaque année, prend congé de Paris pour venir se reposer à Fédala auprès de sa famille.

La seconde partie du roman se déroule à Paris, la ville de son choix, celle où elle a rêvé de vivre du temps de sa jeunesse mais où elle ne parvient définitivement pas à s’intégrer…
:avis:

Ce roman aborde le choc culturel et intellectuel qui oppose deux civilisations d’une part (Fédala -Terre de simplicité, de spontanéité, de chaleur et de connivence- et Paris -Ville froide, rigide et sans âme-), et deux âges d’autre part (la naïveté et l’insouciance de l’enfance ; le réalisme, les contrariétés et la nostalgie propres à l’âge adulte).

N’oublie pas d’être heureuse est un roman d’apprentissage fortement inspiré de la vie de l’auteure elle-même. Ce livre est ponctué de réflexions introspectives et existentielles, mais, sans qu’elles soient pour autant stériles, elles m’ont paru assez mièvres.

Ce roman se lit rapidement et demeure assez agréable. Néanmoins, il ne m’a pas vraiment transportée. J’estime que l’importante médiatisation duquel il a été la cible n’égale pas sa qualité : je l’ai lu sans être gagnée, malgré quelques jolis passages.