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« Vous êtes une vierge du Graal, ma chère Sophie et, croyez-moi, vous n’oublierez jamais votre première fois ! » (p. 370)
Jacques Saunière, conservateur en chef du Louvre, a été assassiné. Peu de temps avant de mourir d’une blessure par balle, l’homme a voulu révéler à sa petite-fille un important secret sur sa famille, essaimant dans la galerie où il était enfermé plusieurs indices. Il est retrouvé nu, mains et jambes écartés, un pentagramme dessiné sur le torse, à côté d’un bien étrange message écrit à même le sol…
Sophie Neveu, cryptographe à la police judiciaire, entame personnellement le décryptage des codes que lui a laissés son grand-père avec qui elle avait coupé les ponts depuis près de dix ans… Mais au milieu de ces nombreux indices, Jacques Saunière a inscrit, en guise de post-scriptum, une consigne : retrouver Robert Langdon.
Zébu Fache, l’inspecteur chargé de l’enquête, est convaincu que Jacques Saunière, par ce dernier écrit, entendait divulguer à la police l’identité de son criminel. Sophie Neveu est inversement persuadée qu’il souhaitait lui indiquer, à elle, « Princesse Sophie », une personne capable de l’aider à déchiffrer son message1…
Se fiant à son instinct, Sophie arrache des griffes de Zébu Fache son suspect n°1 pour mieux aller, avec lui, à la rencontre de la solution d’une solide énigme derrière laquelle se cache… le Saint Graal !
Ce roman traînait sur l’étagère depuis près de sept ans. Jamais je ne me suis éveillée avec l’envie de l’extraire de là… Mais je participe au challenge Petit bac 2012 pour lequel Enna nous impose la lecture d’un livre qui évoque dans son titre une personne connue. Ma PAL m’offrait deux possibilités : Kafka sur le rivage de Haruki Murakami ou Da Vinci code de Dan Brown. Comme je garde un mauvais souvenir de Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil, j’ai préféré opter pour la découverte d’un best-seller facile d’accès… N’étant toutefois pas amatrice de thrillers ou de romans policiers, j’ai entamé le Da Vinci code avec une naïveté de débutante : l’exigence dont j’ai tendance à faire preuve s’est faite timide2 parce que je ne savais pas ce que j’étais en droit d’attendre de ce genre de livre.
Je me suis donc laissée guider innocemment… Et je mentirais si je disais que j’ai tout à fait détesté. Bien sûr, le style est pauvre…
« Les Mérovingiens… les fondateurs de Paris, récita Sophie, qui se rappelait les cours d’histoire de l’école. » (p. 417)3
… la psychologie des personnages est dénuée de consistance, l’histoire est tirée par les cheveux, contient des incohérences et des inexactitudes épouvantables*…
« Sur le panneau protecteur, six mots à l’encre violette zébraient le visage de Mona Lisa. [...][:][...] SA CROIX GRAVE L’HEURE. »4 (p. 198, p. 202)
* « - Mais… attendez… le mot Sophie comprend six lettres.
Teabing ne se départit pas de son sourire radieux :
- Regardez encore le poème : votre grand-père a écrit « un vieux mot de sagesse ».
- Oui ?
Teabing lui fit un clin d’oeil :
- En grec ancien, la sagesse se dit SOFIA5. » (p. 523-524)
… l’auteur enchaîne les stéréotypes, recycle la surprise…
« Sophie scrutait le visage de Langdon.
Il plaisante.
- Le Saint-Graal ?
Langdon hocha la tête avec le plus grand sérieux.
Exactement. Sangréal signifiait Sang royal, ou Sang sacré. On l’orthographiait aussi San Real, ou San Graal. » (p. 260)
Littéralement. Le mot Sangréal est dérivé de SanGraal ou Saint-Graal. Mais, sous sa forme la plus ancienne, le mot était coupé d’une autre façon.Teabing griffonna deux mots sur une feuille de papier, qu’il tendit à Sophie.
Sang Réal
Elle comprit instantanément.
Sang réal signifiait Sang royal.6 (p. 392)
… il surévalue la difficulté – l’intelligence ! – de ses énigmes ou caresse le lecteur dans le sens du poil en faisant suer ses héros pendant des pages et des pages sur des devinettes que le lecteur met trente secondes à résoudre… mais le rythme du livre est soutenu et le roman a le mérite de piquer la curiosité à propos de questions de religions, d’Histoire, d’Histoire de l’art et de symboles auxquelles je n’aurais peut-être jamais accordé d’attention sans l’avoir lu.
Après avoir déversé son pesant de culture7 en évoquant le cas de sociétés secrètes ou d’ordres religieux tels les Francs-Maçons, le Prieuré de Sion, la Rose-Croix, les Templiers, l’Opus Dei et en s’intéressant à l’union de Jésus et Marie-Madeleine, ce roman m’a paru perdre son souffle progressivement : le best-seller tire en longueur, se fait toujours moins haletant et plus farfelu…
Quant au film, il ne respecte pas le livre à la lettre, ce qui s’avère fâcheux pour la compréhension de certains éléments d’enquête qui restent méconnus des téléspectateurs.
À la place de la flamboyante rousse auburn aux yeux verts que nous décrit Dan Brown, Ron Howard nous impose une Audrey Tautou brune et chétive8 ; à la place d’un amour filial intense entre un grand-père et sa petite-fille, il nous dépeint une relation chargée de colère et de ressentiment : c’est triste, car l’intrigue y perd tout son sens… L’adaptation du réalisateur est trop longue, moins palpitante que le livre, élude des passages qui ont leur importance au profit de scènes qui ne méritent pas qu’on s’y attarde9, mais son film a le mérite de nous épargner <SPOIL>le baiser très prévisible de Sophie et Robert, à la fin</SPOIL>.
Un roman divertissant dont la clé du succès est vraisemblablement la facilité… mais qui pèche à de nombreux égards, dont la facilité. En définitive, Da Vinci code, à l’instar de bon nombre de téléfilms américains, peut s’avérer plaisant pour autant qu’on mette son cerveau de côté !

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge Petit bac 2012, catégorie « personne célèbre » (7/10).
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- Robert Langdon est professeur en symbologie. [↩]
- Oui, enfin, finalement, pas tant que ça… [↩]
- Je suis par ailleurs tout à fait repue de l’expression « (main)tenir en joue » que je pense avoir lue une bonne vingtaine de fois. [↩]
- Je ne sais pas ce que vous en dites, mais j’en compte cinq. [↩]
- S?f?a, comprend un F / « Phi » qui n’a jamais été transformé autrement qu’en « ph » à ma connaissance ! [↩]
- Sophie a visiblement la mémoire courte. [↩]
- Avéré ou non? Il s’agit d’un roman et on se trouve bien en peine de savoir ce qui relève de l’imagination ou de la connaissance. Quelles sont les frontières de cette « théorie du complot »? Dan Brown aurait gagné selon moi à proposer une bibliographie pour aller plus loin. Mais Wikipédia se veut éclairant quant aux nombreux points de controverse dont le livre a fait l’objet. [↩]
- De toute façon, Audrey Tautou semble avoir signé par anticipation tous les contrats de films s’inspirant de livres à l’origine. C’est comme ça, il faut s’y faire. [↩]
- Le moine Silas qui se flagelle, le parcours final de Langdon jusqu’au Louvre. [↩]





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