Je voudrais tant que tu te souviennes / Dominique Mainard

:5:

« [...] comment as-tu pu imaginer que ta nièce saurait quoi faire d’une vieille femme amoureuse ? » (p. 209)

:resu:

Albanala (alias Nala) est une cartomancienne venue d’un autre pays. Elle veille sur Mado, sa voisine âgée, infirme et solitaire.

Un jour, Nala décide subitement de quitter la ville et confie à sa nièce Julide la mission de prendre soin de Mado.

« Elle est comme un verre qui se vide, tu comprends? Par une brèche minuscule, une toute petite fêlure, et si tu ne prends pas soin de la remplir elle disparaîtra tout à fait. » (p. 37)

Bientôt, l’arrivée au village d’un couvreur surnommé l’Indien alimente l’imagination de Julide qui perpétue hasardeusement pour Mado les rituels ésotériques de sa tante Nala.

La jeune fille raconte à Mado l’histoire de ce nouveau venu, et suscite tout à coup l’intérêt de la vieille dame pour celui-ci…

« .« C’est quelqu’un qui cherche là-haut ce que vous cherchez en bas », ajoute-t-elle, puis elle répète : « Votre histoire, mais à l’envers. Je vais vous raconter. ». » (p. 82)

S’amorce alors pour Mado la naissance d’une passion fiévreuse jamais éprouvée auparavant…

:avis:

De Dominique Mainard, j’ai déjà lu et apprécié le roman Pour vous.

La lecture de Je voudrais tant que tu te souviennes s’est malheureusement révélée nettement plus laborieuse.

Bien que l’écriture de l’auteure soit toujours poétique et joliment travaillée, j’ai déploré ici la lenteur de l’histoire, sa sentimentalité un peu trop prononcée, ainsi que le tempérament introverti, mystérieux et vaguement inaccessible des personnages – personnages auxquels je ne suis, à aucun moment du livre, parvenue à témoigner empathie ou attachement.

« Julide n’a jamais cessé de chercher à deviner précisément dans quelles eaux évolue Mado et c’est vertigineux et épuisant, comme s’efforcer de capturer un poisson, les mains plongées dans l’eau froide – mais cette eau déforme tout et les doigts sans cesse se referment sur le vide. » (p. 208)

Comme le laissent deviner le titre et la couverture, ce livre aborde la fuite de la mémoire – vraisemblablement Alzheimer – et le rythme du récit contribue sans doute à rappeler un peu cet étiolement lent mais ô combien inquiétant…

Il n’empêche qu’en dépit de sa construction intéressante et de sa singulière douceur, je crains de ne retenir de ce roman que ses longueurs, sa prévisibilité et mon ennui grandissant. Comme Lilly, j’ai en effet découvert cet ouvrage dans un état de « demi-somnolence » qui a plusieurs fois contribué à me faire envisager l’abandon de cette lecture en cours de route…

J’ai aimé le caractère « ouaté » de cette histoire, mais elle m’a semblé trop lisse et improbable que pour susciter mon adhésion, hélas…
Une déception.

Ce livre a été lu dans le cadre d’une lecture commune avec Ingannmic.
Elle est nettement plus enthousiaste que moi ;) !

:SC: :BB:

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6 Réponses au billet “Je voudrais tant que tu te souviennes / Dominique Mainard”


  • Je ne connais pas encore cet auteur… mais peu de chance que je lise celui ci pour commencer !

  • Effectivement, tu as moins accroché que moi !!
    C’est vrai que, comme je le dis dans mon billet, j’y ai trouvé certaines longueurs, mais je les ai facilement digérées, tant j’ai été sous le charme de l’écriture de Dominique Mainard…

  • tout me fait fuir dans ce roman :-)  

  • Noukette > Non, son roman Pour vous me paraît plus sûr. En tout cas, en ce qui me concerne, je l’ai nettement préféré !

    Ingannmic > J’avoue que je n’ai peut-être pas lu ce roman dans les conditions qu’il fallait, mon esprit n’était pas ouvert à ce genre de lecture en ce moment…

    Manu > Ça ne m’étonne pas de toi ;)

  • ma grand-mère est atteinte de la maladie d’Azheimer… voilà pourquoi je suis tentée par ce livre… mais bon…
    stéphanie 

  • Liberty > Peut-être pourrait-il te parler alors. Toutefois, je pense que beaucoup de romans ont été écrits à ce sujet et à mon sens, celui-ci n’est certainement pas le meilleur… A toi de voir ! Bonne lecture.

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