Archive mensuelle de novembre 2011

Hôtel Iris / Yôko Ogawa

:5:

« J’étais censée pleurer parce que j’avais peur et je souhaitais du fond du cœur entendre à nouveau les ordres qu’il donnait. » (p. 67)

:resu:

Mari, 17 ans, a arrêté ses études pour prêter main forte à sa mère dans la gestion de son hôtel. Elle travaille dur et ne se voit accorder aucune pause, aucune liberté, même pas celle de pouvoir se coiffer comme elle l’entend…

Un jour, un événement trouble la tranquillité de l’hôtel : une prostituée sort d’une des chambres en proférant des insanités à l’encontre d’un homme resté dans l’ombre de la pièce qu’ils occupaient précédemment. Mari entend sa voix et l’entr’aperçoit quand il se lance à la poursuite de celle qui crie au scandale… Dès lors, cet homme la subjugue et l’obsède…

« Je me suis retournée. L’homme se tenait sur le palier. On pouvait dire qu’il avait passé l’âge mur et se trouvait à l’aube de sa vieillesse. [...] Il n’était ni haletant, ni en sueur, alors que la femme était si éperdue. Il n’était pas non plus embarrassé. Seuls les quelques cheveux qu’il avait encore sur le front étaient mêlé, en désordre.
Je me suis dit que je n’avais encore jamais entendu un ordre résonner d’une manière aussi belle. Il en émanait sang-froid, majesté et conviction. Même le mot « putain » avait un accent aimable.
« Tais-toi, putain. »
J’essayai de le faire revivre pour moi seule. Mais l’homme ne rouvrit pas la bouche. » (p. 13)

Partie faire une course, Mari croise l’homme peu de temps après l’incident survenu à l’hôtel. Elle le suit, ils se rencontrent. Bientôt, elle devient objet de désir, de sadisme et d’humiliation. Elle qui n’a jamais vraiment menti ni désobéi à sa mère, elle multiplie sans crainte les ruses pour retrouver son amant/bourreau. Aspirée dans une spirale de perversion sexuelle, elle semble à vrai dire prête à suivre celui-ci jusqu’à la mort…

« Plus la chair au service de laquelle je suis est laide, mieux c’est. Cela me permet de me sentir vraiment misérable. Lorsqu’on me brutalise, lorsque je ne suis plus qu’un bloc de chair, naît enfin au fond de moi une onde de pur plaisir. » (p. 177)

:avis:

Pour d’obscures raisons, la littérature asiatique ne m’a jamais vraiment attirée. Suite à ma lecture d’Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil d’Haruki Murakami, mon hésitation à découvrir des auteurs asiatiques s’était résolument confirmée. Ce n’est qu’en vue de boucler le challenge Petit bac avec cette catégorie qui a posé problème à plusieurs d’entre nous (le végétal) que je suis allée à la rencontre de Yôko Ogawa…

J’avais quand même bon espoir d’apprécier cette auteure en raison de la dimension psychologique qui émanait, m’a-t-on plusieurs fois expliqué, de tous ses livres.

Je crois l’avoir compris, je suis tombée sur l’un des romans les plus extrêmes d’Ogawa…

L’écrivaine nous propose ici une initiation à l’amour physique dans tout ce qu’il a de plus anormal, froid et malsain. A peine sortie de l’enfance, la naïve Mari s’interroge sur ses premiers émois érotiques…

« Je ne sais pas très bien si ce que le traducteur a fait à mon corps est normal ou non. Je ne sais pas non plus comment le savoir.
Mais je crois que c’était sans doute quelque chose de spécial. Parce que c’était assez différent de tout ce que j’ai pu imaginer dans ma tête d’après l’ambiance et les bruits discrets qui flottent la nuit aux environs de la réception de l’hôtel. » (p. 71)

Bientôt, elle prend goût à ces jeux avilissants et dangereux – des jeux dont elle perçoit l’esthétique de la douleur et de la mort avant même de succomber à la souffrance physique – auxquels la soumet « le traducteur », cet homme ambigu qui se montre tour à tour attentionné voire craintif, puis subitement tyrannique et incontrôlable.
Elle entretient avec lui une relation régulière alors qu’elle n’ignore en rien le bruit qui l’accuse d’avoir tué son épouse…

Hôtel Iris traite un sujet scabreux sans verser dans la vulgarité. En raison, sans doute, de l’ingénuité avec laquelle s’exprime Mari, je me suis surprise à osciller entre dégoût et fascination. Le malaise contenu dans les pages de ce roman m’a tourmentée. Étourdie, je songeais à chaque pause à l’ampleur du « dérangement » de la narratrice, tout en ne comprenant pas par quelle alchimie et pourquoi survenait la fascination – improbable et problématique -, à côté du dégoût…

Chose surprenante, j’ai mieux supporté ce livre et la façon dont le sado-masochisme1 – sujet principal – y était abordé que Les femmes du braconnier où la sexualité dégoulinait, écœurante, même en tant que sujet secondaire !

Ce roman ne sera sans aucun doute pas mon préféré de Yôko Ogawa : je pense qu’il m’aurait mieux plu s’il avait été moins explicite, plus suggestif. Toutefois, je pense avoir trouvé une auteure qui risque de me plaire à travers d’autres oeuvres. Aussi, suis-je bien décidée à découvrir Cristallisation secrète qu’il me tarde de voir paraître en poche, ou encore La piscine – Les abeilles – La grossesse, qu’une amie m’a chaudement recommandé.

Me conseilleriez-vous de privilégier l’un ou l’autre? M’en conseilleriez-vous d’autres?

Cette lecture rentre dans le cadre du challenge « Petit bac », catégorie « Végétal » (7/7).

:SC: :BB:

  1. Voilà deux fois que j’écris sado-machochisme : je serais curieuse de savoir ce que Monsieur Freud aurait pu comprendre de ce lapsus… []

Vous vous appelez Michelle Martin / Nicole Malinconi

:5:

« C’est cela qui m’est apparu en écrivant, la possibilité (le risque) de l’horreur commune. » (p. 11)

:resu:

Lorsque Nicole Malinconi reçoit l’appel de l’avocat de Michelle Martin1 et qu’il lui confie le désir de sa cliente d’écrire un livre, l’auteure accepte une rencontre.

L’écrivaine rendra visite à celle-ci plusieurs fois, à la prison de Namur.

Le souhait, bien que flou de la détenue semble de vouloir mettre à plat sa vie en prison et son histoire ‘objective’, mais indépendamment de tout ce qu’elle a pu répéter et ressasser durant l’instruction.

Celui de Nicole Malinconi – un rien antagoniste – est de traquer les mots interdits et de parvenir à comprendre comment on en arrive, par l’envoûtement d’un seul homme, à semer la mort aveuglément.

Ce récit est fait de deux voix, bien qu’après avoir lu le manuscrit de l’auteure, Michelle Martin en ait refusé la publication…
:avis:

La réapparition de Michelle Martin dans la presse, en mai 2011 (quatrième demande de libération conditionnelle) m’a poussée à un questionnement entêtant. La personnalité de l’ex-femme de Marc Dutroux est celle qui, dans cette sinistre affaire, m’interpelle le plus. A l’abri des faisceaux orientés et a fortiori féroces des médias, j’aspire encore à comprendre qui se cache derrière cet être insaisissable…

A la sortie de ce livre, des critiques peu attentifs ont prétendu que Nicole Malinconi était de connivence avec Michelle Martin et que son ouvrage visait à appuyer sa demande de libération. Faux : si elle se montre à l’écoute, elle n’en prend pas moins parti du côté des petites filles, de leurs parents et des citoyens outrés. D’ailleurs, l’avocate de Michelle Martin a envisagé de lancer une action en justice en janvier 2008 pour empêcher la publication de ce livre qui était susceptible de nuire à sa cliente…

Nicole Malinconi emprunte ici le « vous » de politesse comme si elle adressait une lettre ouverte à Michelle Martin. Elle relate les répliques et attitudes de son interlocutrice et les commente, les agrémente de ses impressions personnelles (trouble, contrariété, …), comme si elle voulait confronter celle-ci à l’image qu’elle donne d’elle…

J’ai apprécié ce livre parce qu’il m’a permis d’en apprendre davantage sur la vie et la personnalité de Michelle Martin. J’ai notamment été étonnée par la façon qu’a cette femme de réussir, apparemment, à avancer dès lors qu’elle pense avoir trouvé des explications-justifications à son impardonnable comportement – une réalité qui transparaît en travers des lignes…

« Brusquement, vous ajoutez : Maintenant, j’ai répondu à la question, tout cela est derrière moi, je peux aller plus loin.
Vous faites le geste de déposer quelque chose, à côté. » (p. 95)

J’ai été agréablement surprise, aussi, par le fait que l’auteure ose présenter publiquement des vérités comme celle-là…

« [...] même au bout de votre peine, l’opinion publique pourrait vous en infliger aveuglément une autre, une mise à l’écart définitive. Penser à votre sortie, c’est penser à cette cruauté-là. » (p. 35)

Par contre, quelque chose m’a franchement choquée dans ce livre : d’emblée, Nicole Malinconi voit clair sur ses intentions propres, sur son projet d’écriture…

« Me revient aussitôt la question du début, d’avant même notre rencontre, celle qui m’a menée à vous, sans quoi l’idée d’un livre avec vous m’apparaît vaine, impossible : comment une femme se laisse-t-elle envoûter par un homme, jusqu’à laisser mourir, jusqu’à cet abandon de la vie, de l’élémentaire loi de la vie, jusqu’à l’oubli de la vie en elle? » (p. 35)

Pendant plusieurs mois, elle rend visite à cette femme qui a fait la démarche de demander de l’aide pour écrire sur sa condition de détenue et son parcours existentiel – de son enfance aux côtés d’une mère exclusive et déséquilibrée à sa relation avec Marc Dutroux auprès de qui « la prison s’est répétée » (p. 66) -, et pas une fois Nicole Malinconi ne fait part à Michelle Martin de ses aspirations inconciliables ni du contenu du livre qu’elle envisage d’écrire…

Je suis peut-être effroyablement laxiste à l’égard de Michelle Martin : les plus rancuniers d’entre vous estimeront, à raison peut-être, que n’importe quelle traitrise, n’importe quel croche-pied à l’intention de ce « monstre » n’égalera/ne surpassera ce qu’elle a pu faire… Mais j’estime quant à moi que le citoyen n’a pas à tenter de se substituer à la justice. Je trouve donc l’attitude de l’écrivaine franchement malhonnête. Pour moi, Nicole Malinconi a saisi la balle au bond pour se faire de l’argent sur la tête d’une des plus sordides célébrités de Belgique. Qui plus est, elle s’est permis de participer à son enfoncement alors qu’elle a été jugée et purge sa peine.

L’auteure justifie son entêtement à publier ce livre en dépit de la requête inverse de Michelle Martin, mais elle justifie mal sa démarche puisqu’elle est imbibée de déloyauté et de sournoiserie…

« Peut-être avez-vous parlé, durant tous ces mois, dans l’espoir d’une sorte de plaidoyer, d’une entente absolue, sans conditions ; et cet espoir a-t-il grandi avec la confiance réciproque de nos mots. Peut-être avez-vous confondu la confiance réciproque des mots avec la connivence, avec parler d’une même voix, d’un même avis. » (p. 12)

Un livre exprimant les dires et les gestes de Michelle Martin, au cours de ces entretiens, aurait-il été possible en toute neutralité? N’aurait-il pas présenté un risque « intellectuel » ? Le deuxième extrait que j’ai retranscrit permet de voir clair dans la psychologie de la criminelle et ce, sans pour autant que l’auteure appuie son texte de son empreinte subjective et personnelle. Il aurait donc été possible, selon moi, de relever le défi. Pour moi, c’eut été même préférable…

Quant au style de ce livre, … il paraît sobre et efficace quand il est dissout dans son ensemble. Après avoir relu certains passages indépendamment les uns des autres, j’ai été cependant frappée par la présence de certaines phrases, longues, qui n’avaient pas de colonne vertébrale (absence de verbe) ou qui contenaient en leur sein quantité de répétitions…

« [...] vous dites : Je veux écrire. Je veux parler de la condition de la femme. [...] Les petites filles, Julie et Mélissa, le fait que j’ai laissé mourir deux petites filles, je ne veux plus en parler. Les faits, tout le monde en a parlé ; les médias, le procès, moi-même. C’est assez. Je veux parler de moi ici, de toutes celles que je vois ici, de ce que ça veut dire. » (p. 18)2

Je n’ai pas été mécontente de découvrir ce livre parce qu’il m’a permis d’un peu mieux comprendre la tortueuse personnalité de Michelle Martin, mais le fait qu’il ait été édité – à tort ! – me rend sceptique jusqu’à la véracité de son contenu3.

On ne joue pas avec la vie des gens : ça vaut autant pour vous que pour Michelle Martin, Madame Malinconi !

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge « Littérature belge ».

  1. Épouse et complice de Marc Dutroux, criminel belge impliqué entre 1995 et 1996 dans de nombreuses affaires d’assassinat, de viol et de séquestration. []
  2. Je me trompe peut-être, mais il me semble que l’auteure ait écrit à partir de ses souvenirs des entretiens et que ceux-ci n’étaient contenus ni dans un dictaphone, ni dans des notes : à la fin de son ouvrage – où est relatée l’une des dernières visites de l’auteure à la détenue -, N. Malinconi dit qu’elle ne se souvient vaguement que de deux choses et qu’elle a oublié le reste de l’échange. Comment être sûr que cette phrase ait exactement été celle prononcée par Michelle Martin? []
  3. Voir aussi, à titre d’exemple, la note de bas de page n°2 []

Wisconsin / Mary Relindes Ellis

:7:

« [...] mieux vaut vivre avec ses blessures que mourir étouffé dans sa coquille. » (p. 229)

:resu:

Face à l’alcoolisme, la perfidie et la violence de son père, James Lucas, 18 ans, n’a pas trouvé d’autre alternative pour fuir les tensions du foyer familial et mettre une correction à son géniteur que de s’enrôler dans les marines.

« Pourquoi avais-je ignoré la lueur hagarde dans ses yeux fixés sur la boîte verte, la violence presque démente de son rire? Quelle gloire pour lui de partir ainsi, en humiliant son père comme celui-ci l’avait humilié ! Il allait s’engager dans l’un des corps les plus rudes de l’armée. Il irait à la guerre et, avec cette confiance propre à la jeunesse, il s’imaginait en revenir non seulement indemne mais aussi en héros couvert de médailles. Il rentrerait en soldat tombé à terre au combat, pas à la suite d’un plaquage pour marquer un essai sur une pelouse impeccable. Non content de faire honte à son père, il deviendrait son opposé en tout point : un homme d’honneur dont les actes méritaient le respect. » (p. 139-140)

Lorsque Bill, son frère, et les Morriseau, leurs voisins, apprennent cette effroyable nouvelle, le départ de James est imminent et le raisonner n’est hélas plus permis…

Bill, le cadet âgé de 8 ans, est amené à survivre à l’absence de son frère pour qui il éprouvait une grande fascination en dépit de la férocité/bêtise1 dont il pouvait parfois faire preuve. L’enfant se retrouve seul auprès de sa mère qui n’est que chagrin, désespoir et, dit-on, folie… L’un et l’autre ne vivent plus que de l’attente des lettres de James et de la peur que John, le père de famille, regagne la ferme pour les inonder de son insondable cruauté.

« Quel enfant ne renverserait pas son verre de lait, ne ferait pas pipi dans son pantalon ou au lit, ne manifesterait pas son malaise dans une maison où les menaces fusent continuellement, jusqu’au moment où un poing vient les concrétiser? » (p. 225)

Les fondations de leur vie ne font que s’effondrer un peu plus lorsque deux lieutenants viennent annoncer à Claire Lucas, la mère, que James a disparu et vraisemblablement péri en combattant au Vietnam…

Parallèlement, Ernie et Rosemary Morriseau, les voisins – un couple bienveillant qui souffre de n’avoir pas pu avoir d’enfants – digèrent bien mal la disparition de James et le fait que Bill ne vienne plus jamais leur rendre visite.

Wisconsin relate le repli et la profonde souffrance de deux familles puis, enfin, leur redressement solidaire…
:avis:

Vous risquez bien de me faire remarquer une fois de plus que mes tags ne sont pas des plus réjouissants… Il est vrai que cet ouvrage cultive le tragique et renferme un condensé de douleur difficilement surpassable, mais je ne sais pas s’il est misérabiliste. Bien que gorgé de sanglots/Malgré qu’il creuse longuement au point de toucher le fond, il présente une issue favorable et distille son émotion avec parcimonie, offrant un tout sans excès et, à mon sens, joliment maîtrisé. Comme l’a on ne peut plus justement exprimé Sentinelle, il ne présente « aucun déterminisme inéluctable mais la possibilité de se libérer de son passé, même si le chemin est aussi escarpé qu’éprouvant ».

Dans un premier temps, ce roman m’a un peu décontenancée. Alternant tour à tour la troisième du singulier et la première par laquelle s’expriment aléatoirement Bill, James, Claire, Rosemary, Ernie ou John, Wisconsin a semé en moi une certaine confusion avant que je trouve dans cette narration atypique un rythme, une respiration qui le rendent à la fois vivant et captivant.

Comme Amanda, ce livre m’a absorbée. Il y a longtemps, je crois, que je n’avais plus éprouvé d’envie pareillement tenaillante de retourner à ma lecture quand les impératifs du quotidien m’y arrachaient.

On s’attache à Bill, ce petit garçon sensible qui recueille dans sa chambre tous les animaux souffrant, celui qu’on voit maintes fois combattre des êtres imaginaires, armé d’une épée en bois et vêtu d’une carapace de tortue qui fait office de bouclier. On s’attache à James, l’adolescent rebelle mais protecteur qui est amené à constater, à des milliers kilomètres de son foyer, combien les mots peuvent manquer pour dire je t’aime. On s’attache à Claire qui trouve en la terre et en la nature qui l’entoure2 une véritable alliée pour ne pas sombrer définitivement dans la folie. On s’attache à Ernie et Rosemary Morriseau, le couple d’Indiens dont l’altruisme et la pudeur sont sans limites. On s’accroche même aussi à Angel, leur chien, dont la vie abrupte a quelque chose de marquant…

« Je me demande toujours comment certaines personnes survivent aux épreuves de la vie – aux guerres, aux maladies, aux liaisons, aux rumeurs, au chômage, à l’alcoolisme, à leur conjoint, à leurs parents, à leurs enfants voire à l’absence d’enfants. Ou, quand je pense à Angel, comment les animaux font pour ne pas dépérir, réduits comme ils le sont à la merci des humains. Comment ils parviennent encore à manifester ce que nous prenons pour des marques d’amour à notre encontre. » (p. 431)

Ce roman est dense, il brasse de nombreux sujets. Il dépeint des personnages tout en nuances et offre une histoire savamment construite qui suit son cours des années 1967 à 2000. Pour un premier roman, Mary Relindes Ellis a fait preuve d’une maîtrise exemplaire et j’espère sincèrement qu’elle en publiera d’autres.

« Combien de fois mon mari lui avait-il agité ces décorations sous le nez en insinuant d’une voix rendue pâteuse par l’alcool que lui ne serait jamais à la hauteur de ce qu’elles représentaient? Au cours de ces scènes  pénibles dont j’étais le témoin déchiré, j’adressais des clins d’oeil à mon fils quand son visage crispé s’empourprait, et j’articulais en silence : Ignore-le ! » (p. 137)

Wisconsin a du chien. Plus j’y pense, plus j’ai l’impression que ce livre va me laisser un souvenir impérissable…

Vous pouvez lire aussi la critique très complète et juste d’In Cold Blog, dont je partage les impressions.

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Cette lecture rentre dans le cadre du challenge « 100 ans de littérature américaine ed. 2011″ et du challenge « Petit bac », catégorie « Lieu » (6/7)

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  1. Dès le premier chapitre, on le découvre tour à tour en train de massacrer une tortue et de suspendre son petit frère par-dessus la rambarde d’un pont. Heureusement, James a aussi de nombreuses qualités, il est un être nettement moins manichéen que son propre père… []
  2. Les paysages sauvages du Wisconsin prennent ici une place importante, donnant au lecteur l’impression de tout voir comme s’il y était ! Superbe. []