
« La vérité est comme un puzzle [...] [:] elle ne peut apparaître qu’une fois que tous les morceaux de la mosaïque ont été assemblés »
Josy, l’enfant adorée du psychiatre Viktor Larenz, souffre de symptômes graves dont aucun médecin ne parvient à déceler les causes.
Alors que Larenz conduit sa fille chez un énième spécialiste dans l’espoir d’enfin parvenir à soigner son étrange maladie, celle-ci disparaît subitement.
Quatre années plus tard, Larenz n’est pas remis de la disparition de Josy et se retire dans sa résidence secondaire sur l’île de Parkum. Il y rencontre une étrange jeune femme répondant au nom d’Anna Spiegel.
Anna se dit schizophrène et souhaite que Larenz la prenne pour patiente alors que celui-ci n’a plus pratiqué depuis que sa fille s’est évanouie dans la nature…
En dépit de son ferme refus de la soigner, Anna, entêtée, va tout de même parvenir à glisser au psychiatre la nature de son problème : elle affirme que les personnages des livres qu’elle écrit prennent systématiquement vie sous ses yeux…
Lorsque Anna prétend avoir été poursuivie par le personnage de l’un de ses romans avortés, une enfant souffrant d’une curieuse maladie qu’aucun médecin ne parvenait à identifier ni soigner, Viktor aspire furieusement à entendre la suite de cette histoire qui lui évoque celle de sa fille…
Les jours passent. Le temps se ternit, virant à la tempête et coupant les habitants de l’île du reste du monde. Viktor s’affaiblit vite et fort et les apparitions de l’insaisissable Anna sont toujours plus inquiétantes. De surcroît, le maire de l’île n’a pas manqué de prévenir Larenz de la menace que représentait cette étrangère : elle est arrivée sur les lieux en proférant de sombres menaces à l’intention du psychiatre…
Voici l’histoire que commence à relater Larenz à son confrère, le docteur Martin Roth, tandis qu’il séjourne dans un hôpital psychiatrique où il est sanglé et surveillé de près…
Pourquoi Josy a-t-elle disparu? Qui est Anna Spiegel? Quelles sont ses intentions? A-t-elle à voir avec la volatilisation de Josy? Pourquoi Viktor Larenz est-il aujourd’hui enfermé dans une clinique spécialisée? Telles sont les questions qui rythment ce tortueux thriller…
Je ne suis pas amatrice de thrillers, mais le résumé de celui-ci m’avait tentée en raison de son intrigue psychologique.
En dépit du fait que ce livre soit plutôt bien ficelé1 et qu’il parvienne à tenir le lecteur en haleine au moyen d’un suspense durable et de nombreux rebondissements, ce n’est pas Sebastian Fitzek qui fera de moi une adepte des thrillers psychologiques…
Ce que j’ai avant tout à reprocher à Thérapie tient dans le style de l’écrivain2…
Je lui ai trouvé, surtout dans les premiers chapitres, une fâcheuse tendance à vouloir en faire trop.
Sebastian Fitzek prend en effet grand plaisir à mettre en italique certains passages, pas seulement pour signifier que Larenz pense mais pour mettre en évidence les curiosités de l’intrigue au cas où le lecteur n’aurait pas pointé lui-même la présence de troublantes anomalies…
« Viktor cligna des yeux et lorsqu’il vit de nouveau clair, il lut dans le regard d’Anna quelque chose qu’il ne put s’expliquer. Puis une certitude s’imposa à lui : il la connaissait. » (p. 74)
Aussi, j’ai déploré l’emploi de phrases très dispensables qui ont probablement pour but de renforcer le suspense, mais qui donnent de nouveau une impression de roulement de tambour : effet qui n’a pas manqué de faire bruyamment soupirer la lectrice que je suis :
« Quatre jours devaient encore s’écouler avant qu’il apprît la vérité. À un moment où, malheureusement, il serait déjà trop tard pour lui. »
Heureusement, l’auteur espace l’utilisation de ce procédé à mesure que le récit progresse…
Ce qui ne l’empêche pas de m’avoir ennuyée à coups d’autres maladresses.
J’ai noté ce passage que j’ai trouvé bancal et grotesque…
« - Ce qui est sûr, c’est qu’il y avait une église orthodoxe sur une butte au milieu de la forêt. Ensuite, nous avons passé un pont et, après avoir suivi la route pendant un moment, nous avons pris un chemin qui pénétrait dans la forêt.
- Mais c’est…
- A peu près un kilomètre plus loin, nous nous sommes arrêtées dans une petite clairière où j’ai garé la voiture.
- Mais c’est impossible… » (p. 90)
Est-ce parce que les phrases bateau de type « Mais c’est impossible » (en italique, de surcroît) devraient être proscrites de tout roman? Toujours est-il que cet extrait par excellence est l’un des premiers du livre qui m’ait fait véritablement frissonner (to thrill), … sans doute pas, hélas, pour les « bonnes » raisons…
Enfin (après j’arrête de faire la mauvaise !), l’auteur emploie à plusieurs endroits cette phrase à l’identique ou à peu de choses près, ce qui se révèle devenir rapidement insupportable :
« Il avait espéré trouver enfin des réponses mais tout semblait devenir de plus en plus confus. » (p. 251)
C’est sans compter ce genre de passage, qui n’a rien fait de mieux que m’évoquer le sketch de Jean-Marie Bigard où il déclare « je ne vais plus voir les films d’horreur au cinéma, on nous prend trop pour des cons. »
J’ai en l’occurrence l’impression d’être prise pour une conne quand je lis…
« Sans prêter attention aux pas qui résonnaient derrière lui, Viktor tourna la page et poursuivit sa lecture [...]. » (p. 251)
[J'en ai à présent fini de rouspéter à qui mieux mieux ! J'en viens donc aux éléments qui fonctionnent...]
Malgré tout, je ne nie pas que le style de Fitzek demeure globalement efficace. J’ai beau avoir soupiré et grommelé par endroits, l’histoire a suscité mon intérêt et j’ai achevé ce roman en apnée, désireuse, comme de nombreux autres lecteurs, d’apprendre le fin mot de l’histoire.
J’ai apprécié l’ambiance cauchemardesque du livre, parfaitement rendue, où l’on découvre un Viktor Larenz s’épuiser trop rapidement dans un décor venteux, glacé et spectaculaire qui évoque celui de Shutter Island.
Une lecture plaisante et bien pensée malgré quelques trébuchements.
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Merci à Lalou de m’avoir fait cadeau de ce roman.
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Ce livre a été lu dans le cadre d’une lecture commune avec Petite Fleur et dans le cadre du challenge Psy organisé par the Book addictes !
- Enfin, pas si bien que cela, si l’on en croit cette expérience authentiquement vécue : je partage avec mon compagnon la progression de l’intrigue de Thérapie alors que j’en suis à la 100e page environ et ce dernier, en époustouflant visionnaire, parvient à supposer ce qui s’avèrera être le véritable dénouement de l’histoire alors que, non, il ne lit pas mes livres en secret ! [↩]
- Dans le style de l’écrivain ou du traducteur ? [↩]





Reka, documentaliste, lectrice grognon, geekette fragmentaire. 
![reka [at] marecages .be](http://marecages.be/upload/out/mailreka.png)
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