Archive mensuelle de septembre 2009

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La grammaire est une chanson douce / Erik Orsenna

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Tout se passe dans le regard de Jeanne, une fillette de dix ans qui, en compagnie de son frère aîné Thomas, part rejoindre l’un de ses parents divorcés en bateau.

A la suite d’une tempête survenue en pleine mer, les deux enfants, choqués, perdent l’usage de la parole. C’est alors que survient Monsieur Henri. Il leur fait découvrir un univers où les mots et règles propres à la langue française sont érigés en quasi-divinités tout à fait fascinantes. Grâce à Monsieur Henri, Jeanne et Thomas vont donc avoir la chance de voyager au sein de ce monde merveilleux qui, à terme, devrait leur permettre de recouvrir le langage et leur voix.
:avis:

J’ai lu ce roman en deux heures.

Très récalcitrante au départ, il m’a fallu m’accrocher. Même si j’ai fini par tourner les pages de ce livre de plus en plus vite, je ne peux pas prétendre avoir éprouvé beaucoup de plaisir en lisant ce bouquin.

Il s’agit là d’un roman très imagé, léger et poétique aux allures de conte, mais qui m’a paru manquer de relief et m’a par conséquent fort déçue.

Je ne lirai sans doute pas d’autre roman de cet auteur et ai d’ailleurs pris peur par extension, en pensant à Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu, un livre chargé en féérie que j’avais ajouté à ma LAL.
Avis à ceux qui auraient déjà lu des romans de cet auteur : son style peut-il être rapproché de celui d’Orsenna? Le cas échéant, mieux vaudra-t-il, sans doute, que je biffe cette tentation littéraire… :(

Les hommes en général me plaisent beaucoup / Véronique Ovaldé

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Lili partage la vie et le lit de Samuel, un homme bienveillant qui l’a sortie de prison. Alors que le calme semble avoir refait surface dans l’existence de la jeune femme, réapparaît Yoïm, celui qui a participé à son enfermement et à son déclin dès l’enfance.

Cette enfance est la sienne :
Lili et son jeune frère ont perdu leur mère et sont laissés à l’abandon par leur père durant des semaines. Reclus dans un appartement, les enfants ont très vite fait d’accepter bien volontiers n’importe quel secours, n’importe quelle présence. C’est à ce moment-là que Yoïm, adulte d’âge avancé, fait son apparition dans la vie de Lili. Cette venue sonne pour elle comme une libération même si cet homme la soumet au stupre dès l’âge de 14 ans, même s’il fait d’elle sa pute et celle des autres, même s’il la dresse à coups de stupéfiants…

Lili a aimé cet homme sincèrement. Depuis son retour, elle se subordonne à ses souvenirs qui refont surface. Ses souvenirs qui traînent avec eux les relents d’un érotisme morbide, et la dépendance… Yoïm, lui, n’a d’autre but que de venir cueillir Lili à nouveau.

:avis:

Après avoir été séduite par Déloger l’animal, une autre œuvre de Véronique Ovaldé, je m’étais promis de ne pas m’arrêter en si bon chemin et de perpétuer la découverte de l’univers de cette auteure.

Cette dernière lecture m’a un tout petit peu moins enthousiasmée que la précédente. Il faut dire que la thématique est beaucoup plus dure que dans Déloger l’animal. Aussi, il m’a fallu du temps pour m’immerger totalement dans le récit. Tellement de temps que je ne pensais pas pouvoir trouver le courage de le finir au départ1.

J’ai rencontré quelque difficultés à faire face à l’impudence et aux mots crus de Lili : ils salissaient brusquement l’atmosphère cotonneuse inspirée par la langueur de la narratrice. Son déséquilibre a, de temps à autres, eu tendance à me figer mais j’ai tout de même fini par l’apprivoiser au point de m’entendre parler comme elle – avec ce rythme lent comme une berceuse -, à l’intérieur.

Ovaldé a le don de manier le verbe et d’envoûter le lecteur. De l’enfermer dans un monde qui est pourtant aux antipodes du sien, de lui donner même l’impression de vivre le récit, de penser les souvenirs de Lili comme s’ils étaient siens.

Je suis et reste conquise par le talent de cette auteure et je me réjouis de poursuivre petit à petit la découverte de ses livres !

  1. J’ai plongé complètement à mi-chemin, ce qui n’est pas tant rébarbatif puisque ce roman ne fait que 130 pages… []