
Il ne reste que l’obscurité. Que la pluie, la neige et les cendres. Qu’un paysage désolé, ravagé par le feu.
Une catastrophe planétaire est en effet survenue quelques années plus tôt, mais nous n’apprendrons jamais quelle en a été l’origine.
Ils ne sont que quelques survivants car les denrées se font extrêmement rares et l’approche de l’hiver, toujours plus rude. Ils ont faim, froid et se cachent les uns des autres parce que certains d’entre eux, terriblement affamés, ne rechignent plus à se nourrir de leurs semblables.
Sur la route, nous suivons un père et son fils. Leurs vies, comme celles des autres, ne tient désormais plus qu’à un fil. Marchant vers le Sud, leur quotidien n’est fait que de prospection de moyens de subsistance en tous genres (nourriture, couvertures, …). La route raconte toute la peine que se donnent deux êtres pour survivre en ayant constamment la peur au ventre…
L’envie de survivre, il ne la doit qu’à son fils à qui il va tenter d’apprendre à ne jamais renoncer alors que l’espoir le quitte comme il semble avoir quitté tous les autres survivants…
L’homme et l’enfant s’épaulent l’un l’autre. Ce don de soi contraste fortement avec cette prégnante idéologie du chacun pour soi qui sévit tout autour d’eux. Ce type de contraste et les dialogues contribuent à rendre la relation du petit et de son père profondément émouvante…
Le petit, lui, est l’antithèse du monde terrifiant dans lequel ils évoluent. Il pourrait être le Dieu de tous ces hommes car rien, en lui, ne s’est encore altéré. L’enfance prodigue à son père une force miraculeuse. Inégalable. Il est peut-être le seul chez qui l’humanité et l’espoir ont perduré…
Plonger dans ce roman, c’est se déconnecter de notre monde enchanteur, lumineux et coloré pour un univers dévasté où la vie n’existe (presque) plus. La plume de McCarthy bouleverse et noue les gorges. La force qui se dégage de ce roman est sidérante. La route est un roman oppressant et poignant. Un bijou dont le fond et la forme resplendissent, détonnant du misérable et terne décor exposé dans le récit.
Lecteur n’en revient pas de constater combien notre monde est encore beau une fois le livre clos. La maestria de McCarthy est évidente. La puissance de La route, incommensurable.
NB : Ce livre a été récompensé par le prix Pulitzer en 20081.
- Enfin un prix qui a du sens ! [↩]

Reka, documentaliste, lectrice grognon, geekette fragmentaire. 
![reka [at] marecages .be](http://marecages.be/upload/out/mailreka.png)
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