
Oskar, 9 ans, est surdoué et arbore une carte de visite avec des titres en tous genres : fou d’astrophysique, fan des Beatles, collectionneur de cactées miniatures, …
Peu de temps après la mort de son père, décédé lors des attentats du 11 septembre, Oskar trouve une clé et est persuadé qu’elle expliquera sa disparition. L’enfant se met immédiatement en route pour trouver la serrure qui correspond à cette mystérieuse clé…
Extrêmement fort et incroyablement près est un roman poignant qui s’axe sur la psychologie des personnages avant tout. Bien qu’il soit souvent comparé au Bizarre incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon1 (qui m’avait ineffablement déplu, soit dit en passant), il est difficile, à mon sens, de mettre sur le même pied les deux fictions. D’abord parce que Jonathan Safran Foer table ici toute sa narration au service de la mentalité des personnages (ce à quoi ne s’intéresse pas fondamentalement Haddon), ensuite parce que (et c’est totalement subjectif) Haddon n’arrive pas à la cheville de Foer…
Le style de Jonathan Safran Foer est original : c’est d’une façon subtile et précise que l’auteur décrit les pensées des personnages. Le récit enchaîne, de chapitre en chapitre, deux angles différents : celui d’Oskar, un enfant particulièrement intelligent (élucubrations aussi perspicaces que déconcertantes ou attendrissantes rythment les chapitres où Oskar s’exprime et contribuent à nous faire aimer le personnage) et celui de sa grand mère, une femme mure et sensée (dont les fragments de vie, dévoilés au fur et à mesure, nous aident à comprendre la personne et à la rendre, elle aussi, attachante). Deux tons et deux procédés différents puisque c’est à travers l’histoire d’Oskar qu’on découvre ses sentiments et que c’est au travers des pensées de la grand-mère qu’on découvre son passé à elle.
Il est hyper ardu de me ravir en littérature, et c’est avec une joie immense que j’ai accueilli et digéré le roman de Jonathan Safran Foer. J’ai plongé dans celui-ci vertigineusement vite (on dirait bien que j’ai propension à abuser des adverbes depuis que j’ai refermé ce bouquin
), et c’est avec le coeur serré que j’en ai achevé les dernières lignes…
Bien que les avis soient très partagés (j’ai pu constater, en consultant les blogs de critiques littéraires, que les appréciations étaient radicalement positives ou négatives, mais qu’il n’y avait qu’assez peu de juste milieu), je ne peux que recommander ce livre à tous les amateurs de rires, de larmes et d’innovation, puisqu’il m’a, à moi, énormément plu, singulièrement transportée, généreusement procuré un tas de merveilleux moments.
Edit : Ce livre est un Joyau avec un « J » immensissimément immense. Un joyau qui chatoie et qui rayonne.
Cette note ne rend pas suffisamment compte de mon admiration, de ma joie, de l’émotion dont j’ai été la proie en le lisant. Les mots me paraissent impuissants. Ce livre m’a dépassée et c’est bien le premier. Je suis terrassée par sa force et sa beauté. Y en aura-t-il seulement d’aussi bons, d’aussi forts, encore?
- les thèmes dont il est question dans Le bizarre incident du chien pendant la nuit et dans Extrêmement fort et incroyablement près sont fort similaires : il s’agit d’un jeune garçon « différent » (le premier roman met en scène un autiste et le second, un surdoué) menant une quête relativement singulière [↩]




A en lire ta critique Reka, je ferais bien passer ce livre avant d’autres. J’ai beaucoup aimé celui d’Haddon justement dans l’appropriation des pensées et de la psychologie du personnage, ainsi qu’ »Inversion » d’Evenson qui revêt également une dimension singulière et particulièrement envoutante.
Je me demande si c’est fait exprès… mais figure-toi que j’ai mis ce livre sur ma liste de noël avant même de voir que tu avais écrit un article dessus!
Moi, j’ai bien aimé « Le bizarre incident du chien pendant la nuit » mais je dois t’avouer que – dans mes souvenirs – les mentalités des personnages me paraissent moins « vivantes » ou peut-être même pas présentes du tout que dans d’autres livres tels qu’ »Autobiographie d’une courgette ».
Geo, tu verras combien elles le sont dans « Extrêmement fort… »
N’hésitez pas à vous dépêcher de le lire, tous les deux, que vous m’en disiez des nouvelles
J’espère que vous aimerez.
Ok, je t’en dirai des nouvelles si je le reçois à Noël. Sinon, je l’achèterai plus tard mais je suis à peu près sûr que j’aimerai
Je prends note
En effet, la couverture me dit quelque chose !
J’avais déjà soupesé ce bouquin de nombreuses fois avant de me le faire recommander par une lectrice de ce blog. Si j’hésitais tant à franchir le pas alors que le livre me tentait, c’est parce que le contexte dans lequel le roman se déroule est celui du post-11 septembre à New York. D’une manière générale, je fais un rejet sur les grands malheurs rabâchés des milliers de fois à longueur de roman. C’est ainsi que je me suis tapé (!) le millier de page des Bienveillantes de Johnathan Littel mais que …
http://toutpeutarriver.wordpre.....fran-foer/
Merci pour ce petit joyau. Comme je te l’ai dit, c’est difficile d’exprimer l’ineffable. Tu n’as pas à pâlir de ton article, car il incite à découvrir ce roman, et qu’en dire de plus sinon qu’il faut le lire? Je suis ravi de cette expérience et recommanderai à la fois ce bouquin et de faire confiance à tes goûts littéraires…
Geo > Lis-le au bon moment (après que le TFE ait été rendu par exemple
) sans quoi tu ne sauras sans doute pas l’apprécier pleinement…
Julinou > Vite un avis !
Damien > Ma réponse est chez toi.
Julien > Tu ne pouvais pas me faire plus beau cadeau que d’aimer avec moi ce pétillant chef d’œuvre !
Merci de l’avoir lu…
Comment s’apelle la grand-mére de Oskar ?
Bonjour, je me mets à découvrir ton blog et je pense y revenir réglièrement car tes critiques me plaisent bien ! (N’hésite pas, toi aussi, à venir me visiter à l’occasion)
A propos de ce livre, tout comme toi, je l’ai a-do-ré ! Mais il est vrai que j’en ai lu autant de critiques positives que de négatives et je t’avoue avoir du mal à comprendre ceux qui ne l’ont pas apprécié à sa juste valeur. Ce roman serait à découvrir rien que pour les émotions qu’il nous procure. J’en ai gardé un excellent souvenir
Bonjour Ulaz. Ravie que mon blog te plaise et que tu aies, toi aussi, aimé ce petit bijou de la littérature américaine !
J’ai rajouté ton blog à mon agrégateur de fils RSS et ne manquerai pas de te rendre visite de temps en temps.
J’ai lu ce livre il y a 2 mois.
Je dois être devenue très difficile en littérature… en effet je l’ai aimé, mais pas autant que ça.
J’ai apprécié l’originalité de la mise en scène du récit, mais je crois que c’était trop artificiel pour moi et qu’à force cela desservait le récit justement.
Je crois aussi que j’avais un a priori négatif (encore une histoire autour du 11 septembre…).
Malgré tout, aujourd’hui, quand je regarde les livres lus depuis, celui ci reste à part. C’est l’un des rares que j’ai envie de partager, il doit donc avoir quelque chose de spécial finalement.
(Mince. J’ai mis mon commentaire sur Reka.oueb.eu
, j’en remets un ici aussi!)
Ca y est, un an et demi après toi, je l’ai lu aussi!
Merci de me l’avoir fait découvrir. J’ai adoré! Quelle finesse, quel style, quel… tout.
Toute ma critique est sur mon blog, je ne vais pas la recopier ici. Mais sache que je suis très heureuse que tu me l’aies autant recommandé!
Merci!